L’INREES a le plaisir d’accueillir à nouveau le Dr Thierry Janssen, qui revient pour évoquer son parcours et nous livrer les secrets de son cheminement. Pourquoi, alors que jeune chirurgien et promis à un avenir brillant, Thierry Janssen décide-t-il de tout quitter ? Que lui a dit sa voix intérieure ? Pourquoi a-t-il choisi de l’entendre, et de la suivre ?
Le médecin et psychothérapeute consacrera une seconde partie à l'ensemble de vos questions sur les cheminements personnels et à la question « Comment parvenir à écouter notre voix intérieure dans nos vies ? ».
L’invité : Thierry Janssen
Docteur en Médecine, diplômé de l’Université de Louvain en Belgique, chirurgien urologue à l’université de Bruxelles, devenu psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, Thierry Janssen est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont “La Solution intérieure : vers une nouvelle médecine du corps et de l'esprit”, publié en 2006 chez Fayard et considéré comme une référence incontournable.
A 18 ans, j’ai choisi d’entreprendre des études de médecine. Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte qu’il y avait un piège dans cette démarche, parce que je voulais devenir chirurgien aussi je ne laissais aucune porte ouverte à d’autres inspirations, d’autres sollicitations, et je me suis consacré à fond à mes études. Résultat des courses : à force de volonté j’ai eu ce que je voulais. Mais en plus de l’idée de devenir chirurgien je voulais aussi enseigner la chirurgie. J’avais été assez déçu par mes professeurs, parce que j’avais attendu d’eux quelque chose de l’ordre du témoignage, de l’accompagnement, tandis qu’eux, très fiers de leur savoir, ne me demandaient que de resservir exactement ce qu’ils m’avaient appris ; passant à côté de cette connaissance… je voulais faire autrement. Mais c’était un autre piège : pour devenir professeur, il fallait être formé dans les meilleurs centres, se classer suffisamment bien aux concours des spécialités pour avoir accès aux formations, alors j’ai joué le jeu à fond. Je n’en éprouve pas de regret aujourd’hui, mais j’ai tout de même sacrifié ma jeunesse et son insouciance dans cette voie.
Je croyais que le monde extérieur était responsable de mon mal être jusqu’à ce que j’entende cette petite voix au fond de moi, et que je décide de l’écouter...
A 33 ans, j’avais tout ce que je voulais : le poste académique, je travaillais à l’université de Bruxelles. Et malgré tout, je n’étais pas très satisfait… ou plutôt je commençais à ne plus être satisfait ! Car je l’avais été jusqu’alors, mais à partir de ce moment-là, il y avait un inconfort, j’étais tendu, agressif. Comme je n’avais pas fait de travail sur moi, je rejetais la faute sur les autres, sur l’environnement. Je croyais que le monde extérieur était responsable de mon mal être, j’étais convaincu que la solution était ailleurs. Jusqu’à ce que j’entende enfin cette petite voix au fond de moi, et que je décide de l’écouter. Alors, ce jour là, je sui né une seconde fois...