Notre cohérence est un précieux outil de vie car le fait d’agir en accord avec ce que nous pensons constitue un gage de succès. Il est donc important de discerner au service de quelles intentions nous utilisons notre cohérence. Agissons-nous sous la pression des peurs de notre ego ou bien sommes-nous motivés par les intentions apaisées de notre être profond ?
Thierry Janssen nous rappelle combien il est difficile de rester cohérent par rapport à ce que l’on appelle l’Essence ou le Soi. C’est pourtant la seule quête qui vaille vraiment la peine d’être menée au cours de notre existence.
Notre cohérence au service de l’essentiel

La cohérence comme outil de vie, Thierry Janssen en a fait l’expérience directe. A 18 ans, il commence ses études de médecine. C’est son rêve depuis qu’il a croisé, un jour, dans un hôpital, le chirurgien qui a opéré sa maman. Il se coupe alors du reste du monde et à force de volonté, obtient son diplôme et se spécialise en chirurgie. A 33 ans, il obtient un poste académique à l’université de Bruxelles. Cependant, le bonheur n’est pas au rendez-vous.
« Malgré tout ce que j’avais, je commençais à ne plus être satisfait ! Je ressentais une sorte d’inconfort : j’étais tendu et agressif. Je me mettais facilement en colère, c’était incontrôlable, j’étais devenu caractériel et franchement infernal ! » Pourtant, Thierry est convaincu que la cause de son mal-être est à rechercher dans le comportement des autres, dans le fonctionnement du monde hospitalier et universitaire. Le 5 janvier 1998, il prend ses fonctions dans le prestigieux Institut Bordet à Bruxelles pour occuper un poste hiérarchiquement plus élevé. En arrivant à l’hôpital, le premier matin, une angoisse monte en lui. Dès qu’il entre dans son nouveau bureau, surpris, il entend une voix.
« C’était parfaitement audible, j’entendais ma propre voix. C’était incroyable de l’entendre, mais je sais que c’était la mienne… Enfin, j’ai le sentiment que c’était la mienne. Je l’ai entendue me dire "Si tu restes ici, tu vas mourir".» Sans hésitation, il s’assied dans le fauteuil du bureau qui aurait dû être le sien pour longtemps et écrit, d’un seul trait, sa lettre de démission.
A partir de ce jour, après ce premier acte de cohérence, les synchronicités apparaissent pour organiser le chaos…
« Je pense que tout est en nous, souvent depuis très longtemps. Très jeune, déjà, on a en soi une forme de bon sens. Et puis on l’empêche de s’exprimer, trop préoccupés que nous sommes par les peurs héritées de nos parents, de nos cultures, ou de nos expériences négatives de la réalité… On projette sur le monde un tas de fausses idées et, du coup, on n’est plus en contact avec la réalité. On croit être rationnels et on ne l’est plus vraiment. Si on fait taire toutes ces peurs, on peut redonner la parole à l’enfant qui vit à l’intérieur de nous. » Lors de cette soirée, à travers l’exemple de son parcours, Thierry Janssen nous rappelle combien il est difficile de rester cohérent par rapport à ce que l’on appelle l’Essence ou le Soi. C’est pourtant la seule quête qui vaille vraiment la peine d’être menée au cours de notre existence.
Le livre : Confidences d’un homme en quête de cohérence
Soyez parmi les premiers à découvrir le dernier livre de Thierry Janssen,
Confidences d’un homme en quête de cohérence :
« Je suis assis sur le toit-terrasse de la maison. En cette fin de journée, l’air est doux et la lumière dorée. Devant moi s’étendent les ruines du temple de Medinet Habu ; sur ma droite, les blés encore verts ondulent sous la brise ; sur ma gauche, aux portes du désert, se dresse l’imposante montagne dans laquelle les Anciens enterraient leurs morts. Le soleil va bientôt disparaître derrière les sommets rocheux, les oiseaux se réunissent dans les arbres avant la nuit, les mouches volettent en tous sens. Il y a deux ans, jour pour jour, j’achevais ici même la rédaction d’un livre à mon sens trop théorique et pas assez humble pour être publié. J’ai préféré le réécrire sous la forme d’un récit autobiographique. Quand il s’agit de faire passer un message, rien n’est plus fort qu’un témoignage.
Encore une boucle qui se boucle. Je me dis que la vie est magique lorsque nous prenons le temps d’en observer les détails. Plus nous la vivons en cohérence par rapport à l’essentiel, plus ce que nous observons nous rend joyeux.
Je suis heureux. Pourtant, un léger inconfort physique, une tension à peine perceptible, se propage en moi. Je crois que j’ai peur. Ne me suis- je pas trop dévoilé dans ces Confidences ? Ne se trouvera-t-il pas quelqu’un pour critiquer ma démarche, juger négativement ce que j’ai raconté, utiliser contre moi ce qui pourrait être considéré comme des failles de ma personnalité ? J’inspire profondément, je m’ancre dans mon ventre, je pose mes deux pieds sur le sol et j’expire lentement. Je m’apaise. J’ai fait taire la voix apeurée de mon ego. Tout est bien. »
Rive ouest du Nil, Louxor, Égypte, deux mois avant mon cinquantième anniversaire. Thierry Janssen
Confidences d’un homme en quête de cohérence
Les Liens qui libèrent, Octobre 2012 : www.editionslesliensquiliberent.fr