Magazine


©
+ Déjà dans mes favoris
+ Ajouter aux favoris

PUBLIÉ LE 22/07/2013
Magazine » Entretiens

Ba Zi : les quatre piliers du destin

Dans la société chinoise, le temps ne s’écoule pas uniformément, il a une personnalité. Marie-Pierre Dillenseger, maître feng shui, nous explique en quoi consistent ces qualités.

Quelle technique utilisez-vous pour nommer le futur ?
J’utilise la technique chinoise des quatre piliers du destin, appelée « Ba Zi ». L’idée est qu’à chacune des quatre données temporelles de naissance (l’année, le mois, le jour et l’heure) sont associées des qualités énergétiques. Et ces qualités énergétiques se décodent par des combinaisons des 12 animaux du zodiaque chinois (rat, boeuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien, cochon) et des 5 éléments (bois, feu, terre, métal, eau). Donc, à chaque unité temporelle, on associe ce que j’appelle une personnalité énergétique. Par exemple, une personne née en 2013 a vu le jour une année du serpent d’eau. On rajoute à cela la qualité de ses mois, jour et heure de naissance, et cela donnera une carte de sa qualité énergétique. C’est donc une technique qui pose un système d’équivalences entre des données temporelles et des tendances énergétiques. Et qui propose une forme de coaching personnalisé avec pour objectif de caler la personne au mieux sur son potentiel dans le temps. C’est envisager comment un individu peut s’appuyer sur le temporel pour s’accomplir.

Vous voulez dire que le temps peut avoir différents attributs ?
Oui, pour les Chinois le temps n’est pas neutre. En Occident, la seule qualité temporelle qu’on nomme, ce sont les saisons. Donc quand on dit : « Il est au printemps de sa vie », on sous-entend que cette personne est jeune, dans une énergie dynamique. Les Chinois donnent une qualité à toutes les unités temporelles. On est donc dans un système qui considère que le temps, ce n’est pas une suite de numéros mais une suite de différents états énergétiques. Dans cette perspective, le temps est envisagé comme chi (énergie en chinois). C’est quelque chose qui pulse, qu’on ne voit pas mais qui n’est pas neutre, qui agit. En tant que scientifique, ce qui m’intéressait, c’est que, étant donné que le calendrier solaire chinois, sur lequel est basé ce savoir a été codifié en - 2 637 av. J.-C., on possède des siècles et des siècles d’observation de ces cycles. On a donc eu le temps d’analyser, de déduire, de modéliser ce que chaque année apporte.

Comment le temps est-il perçu dans ce système ?
Cette technique s’inscrit dans la pensée chinoise classique dans laquelle la notion de temps est cyclique. Au lieu d’avoir une vision linéaire du temps à l’occidentale, avec un repère majeur qui va être la date de naissance du Christ, le temps est vu comme étant cyclique et répétitif. Au bout d’un cycle, on redémarre. Pour nous, le temps est infini, numéroté, mais on ne lui donne ni énergie ni nom. Pour nous, le temps est, d’une certaine manière, anonyme. Il est incolore, inodore et il se déroule à l’infini. Chaque année qui vient est nouvelle, ce n’est jamais la reproduction de quelque chose qui existait avant. Alors que dans ce système chinois, il y a des cycles de 60 années, 60 mois, 60 jours ou 60 heures – parce qu’il y a 60 combinaisons possibles d’animaux et d’éléments.
Dans une vie, à condition qu’on vive plus de 60 ans, on a la possibilité de vivre un cycle complet et vraisemblablement le début d’un autre cycle. Pour les Chinois, le temps n’est donc pas une pelote de fil qui se déroule. C’est une roue qui tourne, avec un certain nombre de cases qui ont chacune leur couleur et leur texture, pour ainsi dire. Et chaque case a une force qui entre en relation avec ce que nous sommes. Ici, le concept du favorable et du défavorable n’existe pas en tant que tel, chaque qualité a des avantages et des défauts. Par exemple, 2009 était l’année du bœuf de terre. Dans le cycle, c’est le binôme le plus lourd, le plus résistant à toute dynamique. Il est associé à l’ancrage, au surplace. C’est une année où l’on fabrique des racines. Donc, l’intérêt de cette qualité, dans ce mode de pensée, est d’arriver à se repositionner, faire le point, parce que ce n’est pas le moment d’entreprendre de nouveaux projets. Si je le sais, est-ce que je vais vouloir absolument pousser les choses alors que l’énergie du moment n’y est pas favorable ? Je vais plutôt factoriser dans mon entreprise le fait que ce n’est pas encore la reprise et que c’est peut-être le moment de se centrer sur les fondements. En Occident, on n’est pas habitués à considérer le temps comme ayant une personnalité. Dans cette vision, chaque jour, chaque heure a une caractéristique différente. Cela ne se voit pas mais le temps est véritablement une énergie, il n’est pas neutre. Et plus je sais ce qui vient tous les jours, plus je me cale pour que tout se passe au mieux. ...

L'accès à l'intégralité de l'article est réservé aux abonnés de la famille INREES.

OU

NOS SUGGESTIONSArticles