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PUBLIÉ LE 31/08/2012
  • Virginie Gomez
    Auteur
Magazine » Air du temps

Ces vibrations qui nous guérissent

Atteint d’un cancer, Guy Corneau a mobilisé toutes les ressources des médecines conventionnelle et alternative. Après neuf mois de traitement, il était en rémission. Témoignage.

Avril 2007. Je ne comprends pas pourquoi la maladie me frappe à nouveau. Très longtemps, j’ai souffert d’une colite ulcéreuse qui a failli me coûter la vie. Je suis surpris d’être de nouveau si mal. C’est lorsque mes cheveux commencent à tomber, après le début de la chimiothérapie, que je réalise vraiment ce qui m’arrive. J’essaie alors de comprendre. Une idée me guide: la maladie exprime l’intelligence même de mon organisme qui cherche à s’équilibrer. Si je suis malade, c’est parce que mes capacités d’autoréparation sont submergées.
Qu’est-ce qui, dans ma vie, a pu mener à cela ? Je viens de terminer un livre dont je suis très satisfait, je suis un psychanalyste renommé au Canada, qui anime une émission de télévision et j’ai fondé les Productions Coeur.com, qui regroupe thérapeutes et artistes. J’aide les autres à se comprendre eux-mêmes, et à comprendre le monde qui les entoure. Considérée de l’extérieur, ma vie est très créative. Que se passe-t-il ?
Je trouve un élément de réponse lorsque je repère en moi les contours de la carapace que j’ai créée pour avancer dans la vie. Il s’agit d’une sorte de personnalité qui se construit en nous pour répondre aux heurts et aux blessures de l’existence. Si vous vous sentez rejeté dans votre famille, vous pouvez, pour être accepté, devenir celui ou celle qui écoute tout le monde. Vous trouvez un rôle qui vous permet d’avoir de la reconnaissance. Enfant, le fait d’être reconnu apaise nos angoisses profondes comme la peur de ne pas exister. Nous nous mettons de côté pour nous adapter aux demandes et aux besoins des autres et de nos parents. Dans cet acte, il y a une division d’avec soi-même. C’est un drame qui arrive à la plupart des enfants.

Coupé de mon énergie vitale


Au début, la carapace est molle. Cette personnalité permet de parer les coups, mais elle est centrée sur la crainte d’une répétition d’expériences désagréables comme le rejet ou l’abandon. Dès qu’une situation rappelle le passé, la peur entre en jeu, une sonnette d’alarme résonne, qui dit: « Ne dépasse pas les limites de ta personnalité car au-delà, tu n’es plus en sécurité. » Cette personnalité contrainte engendre des états intérieurs ternes, tristes. Cette tristesse parle de la joie de l’enfant qui a été laissée de côté pour survivre.
Dans cet écart entre ce que vous êtes profondément et cette personnalité s’installe la possibilité d’une maladie ou d’accidents – des tentatives de la nature pour défaire la structure qui s’est sclérosée et ne permet plus le mouvement de la vie. Car elle vous coupe du coeur du réacteur : votre force créatrice. Ces problèmes sont d’abord affectifs, puis deviennent nerveux – se traduisant par de grandes fatigues, comme cela a été mon cas – et enfin physiques. En ce qui me concerne, mes passions étaient l’art, le théâtre, la danse. Mes parents ont découragé cette vocation. Je ne leur en impute pas la faute. Ce qui m’intéresse, c’est le constat : se couper de ses sources créatrices génère de graves problèmes. À l’époque où ma maladie s’est exprimée, je menais trois existences en une, avec beaucoup de contraintes, et pas assez de temps pour me ressourcer. Surtout, ma créativité se bornait à un cadre trop sérieux par rapport à ce que je suis réellement – une nature poétique, contemplative, artistique, introvertie, qui a besoin de solitude et de s’exprimer dans l’art. Ce qui souffrait, c’était la part vraiment subjective de moi-même, celle qui veut créer, explorer, se tromper, s’amuser. Bref, mon masque social, ma persona, pour reprendre la terminologie de Jung, était en train de bloquer mon énergie vitale...

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