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© Gazelle le film
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PUBLIÉ LE 08/07/2014
Magazine » Air du temps

Des chevaux et des dieux ?

Jean-François Pignon est l’un des dresseurs de chevaux les plus connus du monde. Sa relation à l’animal a bouleversé sa vie. Une expérience spirituelle l’a conforté dans la magie du lien. Témoignage.

Pour Jean-François Pignon, tout commence à l’âge de 12 ans, lorsque son père ramène à la ferme familiale « Gazelle, [sa] première jument ». L’enfant apprend seul, monte à cru. Entre lui et la jeune pouliche, une rare complicité se crée, toute en silence et en sensibilité.

Au début des années 90, il devient professionnel, tourne pour le cinéma, monte des spectacles équestres axés sur la liberté. Gros succès, les tournées s’enchaînent dans toute l’Europe. En 2000, Gazelle tombe malade. Les médecins prescrivent six mois de traitement, sans garantie de survie. « Un homme a prié pour elle », raconte le dresseur. Deux jours plus tard, la jument est sur pied. Quelque temps après, lui-même échappe à une lourde opération du dos « grâce la prière ». L’expérience chamboule sa manière d’être. « Ma carrière fulgurante m’avait plongé dans l’orgueil, dit-il. Ma relation aux chevaux était très égocentrique. Je m’appuyais sur mon travail pour, d’une certaine façon, m’écarter des êtres humains. Je les jugeais incompétents, indignes des chevaux. »

Son ouverture spirituelle ramène Jean-François Pignon à l’humilité et au lien. « Avant, je croyais ne devoir ma réussite qu’à moi-même ! Désormais, je sais l’importance de l’amour altruiste. Si tu ne le comprends pas, les chevaux te l’apprennent vite ! Se faire obéir d’un cheval rebelle et agressif oblige à se remettre en question », à se connecter à son langage corporel subtil, ainsi qu’à sa propre nature sensible, instinctive. « Après ma conversion, poursuit-il, j’ai eu d’étranges songes : je me voyais au milieu de chevaux sauvages, qui n’avaient jamais été en contact avec l’homme. Je devais réussir à faire ma place dans le troupeau par simple mimétisme, sans recours aux méthodes humaines, telles que l’autorité ou la récompense. » Sa relation aux chevaux, et aux hommes, en devient plus simple et plus complice. Désormais, il monte sur scène « avec sérénité », par plaisir de l’échange, débarrassé de l’envie de démontrer qu’il est un bon dresseur.

Sorti fin mars 2014, le film Gazelle retrace son parcours. « Aucun producteur ne m’a suivi, raconte-t-il. Ils étaient intéressés par mon parcours de dresseur, mais ne voulaient pas de la dimension spirituelle. Pour moi, là était l’essentiel ! » Se sentant « poussé » à faire le film, il le prend à sa charge. L’expérience est difficile, mais « tout a toujours fini par se débloquer. Pas une demi-journée de tournage n’a été décalée, alors que les trois-quarts du film se déroulent en extérieur ! La sensation d’être accompagné pendant la réalisation de ce projet a renforcé ma foi. »

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