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PUBLIÉ LE 23/09/2010
Magazine » Entretiens

Dialogue autour de la mort
avec Stanislav Grof

Depuis plus d’une cinquantaine d’années, le psychiatre Stanislav Grof, mène des recherches sur les états non ordinaires de conscience. Exclusivement pour l'INREES, il livre ses réflexions et le fruit de ses recherches autour de la mort.

Né à Prague, en Tchécoslovaquie, Stanislav Grof est diplômé de médecine de la Charles University School of Medicine, et a obtenu un doctorat en Philosophie de la médecine de l’académie des sciences de Tchécoslovaquie. Ses premières recherches ont été consacrées à l’usage clinique des substances psycho-actives, au sein de l’Institut Pragois de Recherche. Après 1967, il a poursuivi ses études aux Etats-Unis en tant que responsables des recherches psychiatriques du Maryland Psychiatric Research Center ainsi que professeur assistant en psychiatrie à la clinique Henry Phipps de l’université Johns Hopkins de Baltimore. Avec son épouse Christina, il a développé la technique de Respiration Holotropique, une méthode innovante de psychothérapie expérimentale. Stanislav Grof est l’un des fondateurs et principaux théoriciens de la psychologie transpersonnelle. Il est en outre président fondateur de International Transpersonal Association - ITA. Il enseigne actuellement la psychologie au California Institute of Integral Studies - CIIS, au sein du département de philosophie, cosmologie et conscience. Il est membre d’honneur de l’INREES.

Stéphane Allix : Dans quelles circonstances avez-vous commencé à travailler avec des patients en fin de vie ?

Stanislav Grof : Mon intérêt pour la mort a véritablement débuté lorsque j’ai commencé à travailler sur les états modifiés de conscience. A la base, ma formation est celle d’un psychanalyste et dans la psychanalyse traditionnelle à l’époque de Freud, la mort était hors sujet, l’idée étant alors que l’inconscient ignore et refuse la mort. Donc lorsque vous travailliez avec quelqu’un qui parlait de la mort ou de ses problèmes liés à la mort, comme la thanatophobie, ce n’était pas de la mort dont il s’agissait. C’était comme la peur d’avoir un orgasme fulgurant, la peur de perdre le contrôle, ou d’avoir des pensées hostiles comme celle de vouloir tuer quelqu’un, pensées qui pouvaient vous retomber dessus par effet de boomerang. Ainsi, au début de la psychanalyse freudienne, la mort était hors de propos et cela faisait partie de ma formation. Mais comme vous le savez, par la suite Freud s’est énormément intéressé à la mort, il a revu sa conception de la psychanalyse en y introduisant la notion de thanatos, l’instinct de mort. Par conséquent, j’éprouvais ce sentiment un peu partagé au sujet de l’importance de la mort, lié à ma formation de psychanalyste. Puis, lorsque j’ai commencé à travailler avec les états modifiés de conscience, j’ai acquis une compréhension totalement nouvelle de la mort et j’ai réalisé qu’elle était très profondément ancrée dans le psychisme et à des niveaux très différents...

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