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PUBLIÉ LE 25/10/2012
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Dis-moi où tu as mal - Le lexique

Michel Odoul
Albin Michel
Magazine » Bonnes feuilles

Donner un sens à ses douleurs

Après vingt ans d’expérience et plus de huit mille consultations individuelles, Michel Odoul, fondateur de l’Institut français de Shiatsu, propose de mettre en perspective le lien corps/esprit de plus de trois cent maladies et traumatismes dans son livre « Dis-moi où tu as mal : le lexique ». Extraits.

Il est intéressant de constater que notre époque moderne, qui développe de plus en plus la communication vers l’extérieur, est aussi celle de l’éloignement de soi. Notre science, nos scientifiques et nos politiques qui voudraient tant tout savoir ou maîtriser, sont dramatiquement effrayés dès que l’on parle de l’ « homme » ou d’humanisme. Ces dimensions que l’on ne peut ni chiffrer ni contrôler font peur, alors on les évite, on les fuit. C’est cette fuite qui fait, entre autres, le lit des sectes et de nombreux thérapeutes gourous, trop heureux de s’engouffrer dans un domaine délaissé et si vaste que tout et n’importe quoi peut y être dit ou fait.
Cet état de fait génère une psychose aggravante, puisque aujourd’hui tout ce qui parle de ces dimensions devient suspect. Ce n’est pas un rapport fait à la va-vite (quelques heures) par des parlementaires ne pouvant arguer de compétences particulières qui peut permettre que cela change, bien au contraire.
Cependant, qu’on le veuille ou non, les dimensions subtiles de l’être humain s’expriment tous les jours. Pour pouvoir les comprendre et accéder à leur sens profond, il nous faut accepter que le paradigme qui les concerne soit différent de celui du regard mécaniste. Il en est ici comme des différences fondamentales qui existent entre les physiques classique et quantique. L’une se préoccupe du pondéral et du macroscopique et l’autre, du subtil et du microscopique. Elles ne s’excluent pas, contrairement à ce que certains voudraient. Elles ne s’intéressent pas aux mêmes niveaux tout en étudiant la même chose. Le lien entre elles, comme pour l’humain, est un principe de cohérence. Nous devons l’accepter car c’est lui qui permet d’unifier la connaissance et ses différents paradigmes, non pas antagonistes, mais complémentaires. Accepter cette idée, c’est se donner la possibilité de lire ce lien à travers le langage du corps. [...] Associé à des pathologies types, ce livre a pour but de vous aider à mieux accompagner les autres (ou vous-mêmes) vers l’état de santé, en donnant un sens à ce qui nous arrive. Cela est fondamentalement nécessaire car si, bien souvent, les autres (amis, médecins, psychologues, thérapeutes, guides spirituels) peuvent nous aider et même parfois nous soigner, nous sommes en revanche les seuls à pouvoir nous guérir. [...]


Les relations corps/esprit


Il me semble difficile de comprendre les relations entre le corps et l’esprit, et par conséquent la signification des maux du corps par rapport aux bleus de l’âme, si nous n’élargissons pas le regard que nous portons sur l’homme et la vie. Si nous restons en effet au stade de l’homme « machine », composé de pièces indépendantes et interchangeables en fonction des progrès techniques de la science, les relations que j’ai faites dans mon précédent livre ou que je fais dans celui-ci vont sembler tenir de la magie, de la voyance, de l’imaginaire ou du délire. C’est bien là que se situe la question, à savoir comment et pourquoi relier les manifestations physiques, les symptômes, les maladies ou les accidents avec ce qui se passe, ce qui se joue en nous ? L’observation mécaniste ne peut pas le faire car son regard est trop collé au symptôme, son champ d’observation trop restreint, que ce soit dans le temps ou dans l’espace. Cela l’empêche d’aller chercher la vraie cause qui ne peut alors se justifier que par le hasard (accident) ou par des éléments qui nous sont extérieurs (virus, microbe, nourriture, environnement, etc…).
En élargissant notre regard et en observant l’homme dans sa globalité physique ou temporelle, nous allons pouvoir à nouveau relier les différents niveaux qui composent son existence, lui donnant sa dimension véritable, qui est avant tout spirituelle. Nous pourrons alors peut-être comprendre la raison d’être de l’homme et, par conséquent, les raisons de son mal-être.
L’Orient nous propose une image fort intéressante pour représenter ce véhicule particulier qu’est notre corps physique et ce Chemin de Vie sur lequel nous avançons. Cette image de Calèche qui avance sur le Chemin de Vie, tirée par les chevaux de nos émotions et conduite par le Cocher de notre mental, illustre parfaitement l’idée de relation entre conducteur et véhicule, entre confort et façon de conduire, la place majeure étant donnée au voyageur caché, ce Non-Conscient qui connaît l’itinéraire mieux que le Cocher.
En tout cas, si nous acceptons l’idée de relation directe entre le corps et l’esprit, il devient alors intéressant de connaître le sens des manifestations physiologiques. Elles deviennent les points d’appui de notre réalisation, ce à travers quoi elle s’exprime. Ces manifestations peuvent être aussi un remarquable moyen de décodage et de compréhension de la partie que nous jouons, de ce qui se passe en nous. Notre corps se transforme alors en un extraordinaire outil de connaissance. Encore faut-il essayer de déchiffrer et de comprendre à travers quels processus types il s’exprime...


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