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© Katerina Plotnikova
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PUBLIÉ LE 27/05/2014
Magazine » Air du temps

Droit des animaux :
Ce n’est pas encore ça…

Un amendement vient d’être adopté en faveur de la reconnaissance des animaux comme des « êtres sensibles ». Toutefois, en pratique, les animaux peuvent toujours être exploités, parfois de manière cruelle.

Vous imaginez votre chat figé en lampe de chevet ? Votre chien en paillasson peut-être… Et si vous accrochiez vos poissons au mur pour faire un peu de déco ? Suite à une pétition lancée par l’association de défense des droits des animaux 30 millions d’amis, soutenue par de nombreux intellectuels tels que Boris Cyrulnik, Matthieu Ricard, Edgar Morin, Pierre Rabhi... le mardi 15 avril 2014, les parlementaires ont adopté un amendement qui reconnaît aux animaux la qualité d’« êtres vivants doués de sensibilité » et non de « biens meubles ». Saluons le geste, mais ne nous réjouissons pas trop vite.

« C'est totalement symbolique. Il s'agit juste d'une harmonisation du Code civil. Au final, l'animal sera, avec cet amendement, toujours soumis au régime des biens corporels », prévient Jean-Marc Neumann, juriste, vice-président de la LFDA (Fondation droit animal, éthique et sciences) dans Le Monde. Que faut-il faire pour réveiller la sensibilité des hommes politiques et changer l’éthique des exploitants d’animaux ? Selon un sondage Ifop réalisé en octobre 2013, 90 % des français approuvent la requête de 30 millions d’amis.

Le juriste est clair : cet amendement « ne changera pas les comportements envers les animaux, qui pourront toujours être vendus, loués, exploités... Les pratiques les plus cruelles, comme la corrida, la chasse à courre, les combats de coq, l'abattage rituel ou certaines formes de pêche ou d'élevage, ne sont pas du tout remises en cause. Certains espèrent que les juges seront plus sensibles aux affaires concernant les animaux ». De son côté, la Fondation Brigitte Bardot a estimé que cette modification était « une simple évolution juridique » et « en aucun cas une révolution pour les animaux », a déclaré Christophe Marie, porte-parole de la fondation.

Il faut donc « continuer le combat », déclare 30 millions d’amis. Se donner bonne conscience tout en évitant d’impacter la réalité des millions d’animaux que nous exploitons ne suffit vraiment pas. « L'idéal serait une grande loi de protection de l'animal, qui remettrait tout à plat. A défaut, il faudrait au moins une proposition beaucoup plus complète, qui ne concerne pas uniquement le Code civil, mais harmonise les différents codes : pénal, rural, environnemental », préconise Jean-Marc Neumann.

Cherchant à éveiller les consciences de manière créative, 30 millions d’amis a invité les 700 000 signataires de sa pétition a poster sur leur page Facebook une photo d’animal prise avec une inscription « Je suis un être sensible ». Comment pourrions-nous en douter en voyant la vidéo ci-dessous ?



Et si vous doutez encore du fait qu’un animal soit capable de sensibilité, regardez ce geste de remerciement saisissant qu’un chimpanzé exprime envers le Dr Jane Goodall lors de sa remise en liberté en juin 2013.

Il est grand temps d’être cohérent et d’appliquer une déontologie à laquelle 90% des français semblent adhérer.


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