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PUBLIÉ LE 08/03/2011
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
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L'intelligence dans la nature avec Rupert Sheldrake

A l'occasion de la sortie du coffret DVD de la série documentaire Enquêtes Extraordinaires, l'INREES met en lumière le point de vue d'un biologiste réputé sur les questions que posent les plantes et les animaux à la science. Existe-t-il une intelligence dans la nature ? Rencontre avec Rupert Sheldrake.

Rupert Sheldrake s’est tout particulièrement intéressé aux phénomènes de télépathie. Souvent considérée comme surnaturelle, elle éveille les soupçons - « Certains ont peur que si on prouve l’existence de la télépathie, le pape débarque par le prochain avion » plaisantait-il récemment lors d’une conférence donnée à l’Université Schumacher en Grande Bretagne. Mais comme il aime à le répéter, le pluriel du mot « anecdote, » ce sont « les données ». Autrement dit, le nombre de témoignages ouvre le champ à un questionnement de nature scientifique.

Lui-même en a recueilli plus de 5000, qui suggèrent souvent que les animaux peuvent capter la pensée humaine. Les chats par exemple, semblent avoir une propension à disparaître le jour où ils doivent aller chez le vétérinaire, même quand leur maître ne leur a donné aucun indice.

« Quand les gens essaient d’expliquer le comportement des animaux, ils sont paresseux, ils imaginent que c’est grâce à leur flair, à leur ouïe… » C’est l’une des explications hâtivement avancée pour expliquer que les chiens savent quand leur maître rentre à la maison : « Le chien doit avoir senti. » A une distance de plusieurs kilomètres ? « Les chiens ont un odorat très développé. » Sheldrake s’est adressé au seul organisme menant des recherches sur le sujet : la police britannique. Ses conclusions : Si l’odorat du chien est vraiment sensible et si le vent souffle à flux constant dans la bonne direction, l’animal peut sentir à un demi-mile, c'est-à-dire en gros un kilomètre. « Pour les sceptiques, parler des sens très aiguisés des animaux est un argument facile. Mais il n’y a aucune preuve » conclut le biologiste.

Afin de tester la capacité de certains chiens à prévoir le retour de leur maître, il a fait revenir ces derniers à des heures aléatoires. L’hypothèse du comportement routinier a ainsi pu être écartée. Pour les besoins de l’expérimentation, les propriétaires d’animaux ont emprunté un taxi plutôt que leur propre véhicule. L’animal ne pouvait donc pas identifier de bruit familier. Le protocole imposait également que tous dans la maison ignorent à quelle heure le propriétaire de l’animal devait revenir. Ce dernier prenait le chemin du retour dès que l’expérimentateur le bipait.

Dans l’une de ces expérimentations, le chien est filmé chez lui pendant que sa maîtresse, filmée elle aussi, va se promener en ville. L’animal reste couché au pied d’un fauteuil, amorphe, jusqu’à ce qu’elle décide de rentrer. Le minutage en temps réel des deux films permet une vérification précise : à la seconde où sa maîtresse prend la décision de revenir à la maison, et avant même qu’elle soit montée dans le véhicule qui doit la ramener chez elle, le chien se dirige vers la porte. Ce sont donc ses intentions que l’animal aurait perçu !

Rupert Sheldrake a répété l’expérience à plusieurs reprises avec le même résultat, écartant l’hypothèse d’une coïncidence. Le chien filmé était certes « particulièrement sensible, » mais ce n’est pas un cas isolé. « Dans notre travail de recherche, nous avons environ 800 cas de chiens qui savent quand leur maître revient à la maison, et 500 cas de chats, les félins étant, non pas moins sensibles que les chiens, mais plutôt moins intéressés ! »

D’autres types de comportements ont été répertoriés : «Certains chiens savent quand leur maître a décidé de les emmener en promenade, même si ce n’est pas à une heure habituelle et que ce dernier est encore assis à sa table de travail, par exemple, se contentant de penser - tiens je vais partir en ballade… Le chien fait alors irruption en courant dans la pièce. Des animaux savent quand leurs maitres ont besoin d’aide, sont malades, ils vont vers eux et semblent les aider. Des chiens sont capables de sentir quand leur maitre va avoir une attaque d’épilepsie et de les prévenir environ une demi-heure avant. »

Certains de ces comportements témoignent de l’existence d’un lien télépathique entre l’animal et l’homme. Inutile pour autant de crier au paranormal. Selon Rupert Sheldrake, la télépathie serait une capacité tout à fait naturelle, « les animaux sauvages communiquent entre eux par ce moyen parce que c’est nécessaire à leur survie et cela a été favorisé au cours de l'évolution. Quand les loups se séparent, pendant que les plus âgés partent chasser sur un périmètre de plus d'une centaine de kilomètres, ils restent en contact télépathique au cas où l'un d'eux aurait besoin d'aide. Ces phénomènes sont normaux, dans le sens où la plupart des animaux les manifestent. Plus que paranormaux, ils sont parathéoriques », c'est-à-dire inexplicables par les théories actuelles.

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