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PUBLIÉ LE 30/09/2014
Magazine » Air du temps

Un gouvernement s’installe chez
les aborigènes

Le Premier ministre australien a décidé de s’installer une semaine par an dans un village aborigène, afin de redonner aux peuples autochtones la place qu’ils méritent. Et si nous avions tous à en prendre de la graine ?

Ils sont les premiers habitants d’Australie. Ils ont hérité d’une culture et d’un savoir ancestral. Ils sont les garants fragiles d’une intelligence de la nature et du lien. Depuis l’arrivée des colons européens au 18ème siècle, les aborigènes ont été rejetés aux bans de la société. Ostracisés, discriminés, touchés de plein fouet par la perte de repères, le dénuement, l’échec scolaire, la mortalité infantile, les addictions… Il y a 200 ans, ils étaient un million. Aujourd’hui, les 470 000 aborigènes d’Australie ne représentent plus que 2% de la population, et en forment le groupe démographique le plus défavorisé.

Depuis une dizaine d’années, « de multiples programmes se sont succédés, mais leurs financements s’arrêtaient souvent au bout d’un an, sans permettre la mise en place d’une économie viable. Les jeunes enchaînent des formations sans trouver de travail. Le chômage touche 80% de la population aborigène », explique Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France.

Le nouveau Premier ministre australien, Tony Abbott, a décidé de prendre les choses en main. Lors de son élection en 2013, il s’était engagé à être « le premier ministre des affaires aborigènes » et à passer une semaine par an dans un village autochtone. Voilà qui est fait : le lundi 15 septembre 2014, son équipe et lui ont installé leurs bureaux pendant une semaine dans le bush, à l'extrême nord du pays. Il a aussi réaffirmé son intention d'organiser un référendum sur la reconnaissance du statut aborigène dans la Constitution, afin que « plus jamais les premiers australiens ne se sentent étrangers dans leur propre pays ».

La situation vous semble exotique ? Ne souriez pas trop vite. En France, dans nos territoires d’outremer, des populations vivent exactement la même chose. En Guyane, par exemple, dans la région du Haut-Maroni, des milliers d’amérindiens souffrent des ravages de la déforestation, de l’orpaillage clandestin, de l’acculturation forcée, du manque d’accès à la santé et aux services publics.

Citoyens français comme les autres, ils demandent le respect de leurs droits et la reconnaissance de leur culture. Alors, Monsieur Hollande, prêt à aller vous installer sous une hutte en Amazonie ?


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