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PUBLIÉ LE 17/10/2012
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
Magazine » Air du temps

Identifier ses émotions,
un atout pour vivre mieux

Les personnes dépressives ont du mal à identifier et à distinguer les émotions négatives telles que la tristesse, la frustration, ou la culpabilité. C'est ce que révèle une étude menée par une équipe de l’Université du Michigan, qui nous apprend également que savoir identifier ce type d’émotions constitue un véritable atout pour avancer dans la vie.

Savoir si le malaise que l'on ressent relève de la frustration, de la tristesse ou de la culpabilité est particulièrement utile pour faire des choix constructifs au quotidien. Nos émotions sont en ce sens des guides de haute portée. Or nous ne sommes pas tous capables de les discerner. Une équipe de l'université du Michigan dirigée par le chercheur en sciences cognitives Emre Demilrap vient en effet de découvrir que les personnes diagnostiquées comme dépressives ont plus de difficultés qu'une population « saine » à distinguer ces sentiments négatifs qui les envahissent à certains moments : culpabilité ou colère ? Et, encore plus difficile, colère ou frustration ?
Dans la publication où il livre les résultats de son étude, Demiralp rappelle d'abord combien nos émotions nous sont utiles au quotidien. Il les qualifie même de « jauges », nous comparant à des véhicules qui, sans ces outils d'évaluation, ne pourraient savoir où ils en sont de leur course: « Il est difficile d'avancer dans sa vie et de l'améliorer lorsqu'on ignore si un aspect de celle-ci nous rend triste ou frustré, explique-t-il. Nous avons donc voulu observer si les personnes atteintes de dépression disposaient de ces jauges émotionnelles et si elles ressentaient leurs émotions avec le même niveau de précision et de différenciation que les autres ».

106 personnes âgées de 18 à 40 ans ont donc été recrutées, la moitié étant constituée de malades dépressifs. Équipées pendant une semaine d'un carnet électronique, elles devaient enregistrer chaque jour leurs émotions, à 56 moments pris au hasard. Elles devaient aussi indiquer leur niveau de ressenti allant de 1 à 4 et concernant 7 émotions négatives (tristesse, anxiété, colère, frustration, honte, dégoût, et culpabilité) et 4 émotions positives (bonheur, excitation, éveil, activité).
Emre Demilrap et son équipe ont regardé la tendance des participants à citer plusieurs émotions au même moment. Il leur est apparu que plus une personne citait d'émotions en même temps, moins elle savait différencier celles-ci. Les participants diagnostiqués comme dépressifs étaient en grande majorité dans ce cas, alors que les participants « sains » s'étaient montrés davantage capables de distinguer leurs différentes expériences émotionnelles. Autre fait notable, cette différence d'aptitude disparaît lorsqu'il s'agit d'émotions positives. Cela laisse supposer que les déprimés savent mieux les discerner parce qu'elles leur sont plus bénéfiques.

Toutes les informations enregistrées lors de cette recherche devraient être particulièrement utiles pour mieux comprendre la vie émotionnelle des personnes dépressives, ce qui fera progresser leur prise en charge et leur traitement. Mais, autre apport inestimable, cette étude rappelle que notre « intelligence émotionnelle » est un atout pour vivre mieux. Emre Demilrap avance quelques conseils en ce sens : « Parvenir à être plus spécifique quant à ses émotions négatives peut être vraiment bénéfique. Au lieu de vous dire « Je vais mal », demandez-vous : qu'est-ce que je ressens vraiment ? de la colère, de la honte ou de la culpabilité ? Cela vous aidera à contourner cette émotion et à améliorer votre existence ».

Lire l'article sur Lefigaro.fr


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