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PUBLIÉ LE 06/06/2011
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
Magazine » Enquêtes

Jung et Freud : Quand la relation
« craque »

Si Jung fut très lié à la psychanalyse de Sigmund Freud, dont il fut l’un des premiers collaborateurs, il émit aussi très vite des réserves qui finirent par provoquer une rupture entre les deux hommes.

Le 25 mars 1909, Sigmund Freud et Carl Jung, qu’il consi­dérait à l’époque comme son successeur, eurent une véhé­mente discussion. Jung lui faisait part des réserves qu’il éprou­vait envers les fondements de la psychanalyse freudienne et la place de la sexualité. Alors que la tension montait entre les deux hommes, un événement intervint qui sans doute préci­pita la rupture. Jung le rapporte dans ses mémoires :
Face à la distance marquée par Freud, j’éprouvais une étrange sensation, il me sembla que mon diaphragme était en fer et devenait incandescent. En même temps, un craquement re­tentit dans l’armoire-bibliothèque qui était immédiatement à côté de nous, de telle manière que nous en fûmes tous deux effrayés, craignant que l’armoire ne s’écroule sur nous. Je dis alors à Freud : « Voilà ce que l’on appelle un phénomène cataly­tique d’extériorisation. »
– « Ah ! dit-il. C’est de la pure sottise !
– Mais non ! répliquai-je, vous vous trompez monsieur le pro­fesseur. Et pour vous prouver que j’ai raison, je vous dis d’avance que le même craquement va se reproduire. »

Et de fait, à peine avais-je prononcé ces paroles, que le même bruit se fit entendre dans l’armoire. J’ignore encore aujourd’hui d’où me vint cette certitude. Mais je savais par­faitement bien que le craquement se serait reproduit. Alors, pour toute réponse, Freud me regarda, sidéré. Je ne sais pas ce qu’il pensait, ni ce qu’il voyait. Il est certain que cette aven­ture éveilla sa méfiance à mon égard ; j’eus le sentiment que je lui avais fait un affront. Nous n’en avons plus jamais parlé ensemble.


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