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© Apollo 11. 20.07.1969. © Nasa
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PUBLIÉ LE 18/01/2012
  • illustration de Audrey Mouge Audrey Mouge
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Magazine » Air du temps

L'odyssée Lunaire
se poursuit avec les internautes

Saviez-vous que la moindre trace laissée sur le sol lunaire reste visible pendant des millénaires ? Sur ce constat vertigineux, un chercheur américain fait appel aux internautes passionnés d’astronomie pour repérer d’éventuels signes de vie extraterrestre sur la Lune.

Le physicien Paul Davies* et l’étudiant Robert Wagner, de l’Université d’Etat de l'Arizona, ont émis la possibilité de trouver des indices d’une éventuelle civilisation extraterrestre sur la Lune grâce aux 340 000 clichés récoltés par la sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), lancée au cours de l’année 2009. Une idée surprenante qui part d’une hypothèse originale : la moindre trace laissée sur le sol lunaire restera visible pendant des millénaires.
Le LRO de la NASA, l’agence spatiale américaine, a été placée, depuis 2009, sur une orbite de 50 km autour de la Lune. Objectif : effectuer des observations extrêmement précises du sol permettant ainsi de dresser une carte détaillée de l’astre le plus proche de la Terre mais aussi localiser les éventuelles réserves de glace au fond des cratères.

Lors d’un survol réalisé l’an dernier à 21 km d’altitude dans des conditions d’éclairage optimal, la sonde a pu photographier les sites des missions Apollo 12, 14 et 17 avec une qualité encore jamais atteinte.

La résolution des clichés est telle qu’on y distingue nettement les traces de pneus des véhicules lunaires utilisés et les empreintes de pas laissées par les astronautes.
En effet, la Lune, dépourvue d’atmosphère, ne connaît ni le vent, ni la pluie. Contrairement à la Terre, le sol lunaire ne subit donc aucune érosion, ce qui explique pourquoi, quarante ans après, les traces d’alunissage des astronautes sont encore parfaitement conservées. N’est-il pas vertigineux d’imaginer qu’une « trace » qui aurait été laissée il y a des millions d’années puisse être encore visible aujourd’hui ?

Dans son article publié en octobre 2011 dans la revue scientifique Acta Astronautica, Paul Davies pose l’hypothèse suivante: « Si des civilisations extraterrestres ont pu envoyer des sondes dans notre région de la galaxie, il y a très longtemps déjà, et bien qu'il n’y ait qu’une infime probabilité que des technologies extraterrestres aient laissé des traces sur la lune, sous la forme d’artefact ou d'une modification de la surface lunaire, on ne peut pas l’exclure non plus. Cet endroit a l’avantage d'être proche de la Terre, et son environnement permet de conserver des indices — traces d’exploitation minière, déchets, messages, instruments scientifiques — durant des millions d’années.»

Selon Paul Davies et l’étudiant Robert Wagner, il est toutefois impossible pour une équipe de chercheurs — financièrement mais aussi techniquement — d'examiner ce nombre d'images toujours croissant récoltées par la sonde spatiale. Les deux physiciens proposent alors d'impliquer dans ce projet des amateurs passionnés d’astronomie qui, depuis chez eux, pourraient prêter main forte à la communauté scientifique en les aidant à décortiquer ces centaines de clichés.
Ils suggèrent également qu’un logiciel, capable de détecter des irrégularités à la surface de la lune, soit bientôt créé.
Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de l’astronomie que la communauté scientifique lance un appel au grand public pour aider dans la recherche d’une éventuelle vie extraterrestre. L’une des plus célèbres opérations de ce genre a été lancée par l’Université de Berkeley en 1999 avec le logiciel SETI@home pour le programme SETI (Search for Extra Terrestrial Intelligence) qui permet d'analyser les signaux radio dans l’espace en exploitant la puissance inutilisées de millions d'ordinateurs connectés via Internet dans un projet de recherche d'une Intelligence extra-terrestre et peut-être de détecter une source d'une émission intelligente.

Découvrir les photos du LRO »


* : Spécialiste de l’effet Hawking, Paul Davies a écrit de nombreux livres de vulgarisation, allant des fondements de la mécanique quantique à la théorie des supercordes en passant par la cosmologie et l’exobiologie. Il est également, depuis 2005, président de la SETI Post-détection Taskgroup, un comité de bénévoles dont la mission est de préparer, de gérer, et de conseiller la communauté scientifique en cas de découverte d’une civilisation extraterrestre.


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