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PUBLIÉ LE 04/03/2011
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
Magazine » Entretiens

Le sixième sens vu par un espion extrasensoriel

A l'occasion de la sortie du coffret DVD de la série documentaire Enquêtes Extraordinaires, l'INREES vous plonge dans les coulisses du programme Stargate, un projet visant à étudier la réalité et les applications potentielles tant militaires que civiles, des phénomènes psychiques. Rencontre avec l'espion psychique le plus décoré des Etats-Unis : Joe McMoneagle.

INREES : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistait ce programme ?
Joe Mc Moneagle : A l’origine, ce programme était supposé être un programme temporaire d’environ 3 ans. Notre intention était de prendre assez de temps pour réunir des officiers de renseignement américains, les former à la vision à distance et les faire travailler sur des cibles se trouvant aux États-Unis et sur lesquels nous souhaitions des informations. Ensuite, nous pouvions recueillir leur travail et l’envoyer à un service indépendant pour évaluer à quel point l’espionnage psychique pouvait se révéler efficace. Ce programme n’était suppose durer que 3 ans...
Seulement, quand nous avons commencé, nous avons eu ce problème à Téhéran où certains des nôtres avaient été pris en otage un dimanche. Le premier problème qui s’est posé et qu’ils n’avaient aucun moyen de savoir qui faisait réellement partie des otages. Ils ont donc fait appel à nous et nous avons été capables d’identifier de nombreux otages. Par conséquent, nous avons pris de l’importance et n’étions plus considérés comme un simple projet d’étude. Cela aura duré environ une vingtaine d’années.

Quand cela a-t-il commencé et quel était son objectif ?
Le programme a commencé parce qu’ils avaient reçu des rapports précisant que les Russes utilisaient des médiums pour nous espionner. Mais nous n’avions aucune idée de l’efficacité d’une telle technique... Nous avons donc décidé de lancer un cours programme d’étude pour voir si ce genre de capacités pouvait être efficace, et comme ça l’était, nous avons fini par y avoir recours nous-mêmes pendant de nombreuses années. Le programme a commencé aux environs d’octobre ou novembre 1978. J’étais l’une des six premières personnes recrutées. On m’avait attribué le numéro 001. Un peu comme James Bond, mais pas exactement… Au tout début, nous étions six espions psychiques. A l’origine, ils n’en voulaient que trois mais ils en avaient trouvé six qui étaient si doués qu’ils ont décidé de les retenir tous. Et après quelques mois, il y avait largement assez de travail pour six personnes.

Quand nous creusons un peu l’histoire de ce programme, nous apprenons que de nombreuses personnes en avaient connaissance et même le président Jimmy Carter. Savez-vous ce que la communauté des services de renseignements pensaient de ce programme ?
Comme nous avons travaillé pour de nombreux services de renseignements pendant presque 20 ans, on pourrait penser que ce programme était facilement accepté, mais ce n’était pas le cas. Il était rejeté par de nombreuses personnes. Ces personnes avaient beaucoup de mal à accepter qu’on puisse employer des médiums et je pense que beaucoup d’entre elles ne l’acceptaient pas pour des raisons politiques, et parce qu’elles craignaient qu’on les accuse de ne pas être intelligents. Vous voyez ce que je veux dire... Il n’est pas concevable de faire ce genre de chose. Il y avait donc une grande polémique autour de l’utilisation de la vision à distance. Néanmoins, elle était assez efficace pour que beaucoup d’entre eux aient le sentiment qu’il était extrêmement important d’y avoir recours. Donc, nous avons été retenus et ils se sont servis de nos capacités.

Avez-vous le souvenir d’un exemple où l’efficacité de cette technique était si évidente qu’elle aurait convaincu de grands sceptiques ?
Oui. Il y avait un bâtiment dans le Nord de l’Union Soviétique. C’était en période de Guerre Froide. Ce bâtiment se trouvait à 1km de la mer. Il était entièrement clôturé et protégé. Ils savaient depuis un certain temps que les Russes construisaient quelque chose à l’intérieur de ce bâtiment mais ils n’avaient aucune idée de ce que cela pouvait être. Le Conseil de Sécurité Nationale, un membre important des Renseignements, s’y était intéressé de près pendant environ un an sans parvenir à savoir ce qu’il s’y passait. Ils ont donc fait appel à nous. Vous devez comprendre que, lorsque nous avons vu ce bâtiment pour la première fois, nous ignorions tout de ce que nous devions voir. Toutes nos cibles étaient sous enveloppes scellées, afin que nous n'ayons aucune idée de ce qu’elles étaient. J’ai été le premier à travailler sur une enveloppe sur laquelle apparaissait un simplte nombre. A l’intérieur de l’enveloppe, il y avait une photo d’une partie du toit de ce bâtiment et rien d’autre. Après plusieurs semaines de travail sur cette mission, j’étais capable de déterminer qu’ils construisaient un nouveau genre de sous-marin et que ce sous-marin était immense. Et que pour la première fois, ils allaient rassembler deux coques, comme s’il y avait deux sous-marins côte à côte. Ce sous-marin présentait de nombreux avancées technologiques : à l’intérieur du mécanisme de commande, le type de torpilles qu’il transportait, la façon dont il était construit, qu’il soit passé d’un lancement vertical à un lancement incliné pour les roquettes, c'était un vrai changement sur le plan technologique.
Au début, le Conseil de Sécurité National ne voulait pas y croire. Ils disaient que tout cela n’était que fantasme. Cela m’a mis en colère donc je leur ai dit : « Et bien, ce fantasme sera lancé dans 120 jours. 120 jours plus tard, ils ont vu grâce aux satellites ce nouveau sous-marin énorme sur le port. C’était un sous-marin soviétique de Classe Typhoon. Toutes les portes étaient ouvertes car ils étaient en train de charger les roquettes, les torpilles et les provisions pour la première fois. Et ils avaient creusé un grand fossé qui allait du bâtiment à la mer. En fin de compte, nous avions recueilli bien plus de renseignements qu'eux sur ce sous-marin en seulement 3 ou 4 jours. Quand nous avons demandé au Conseil de Sécurité National ce qu’il pensait de notre rapport, il a répondu précisément : « C’était très certainement un coup de chance. ».

Qui était au courant de ce programme ?
En fait, nos soutiens étaient vraiment haut-placés. Il y avait de nombreux sénateurs très importants qui ont vu les capacités que nous avions et qui ont vu les résultats de nombreuses missions que nous avions menées. Il y avait beaucoup de sous-directeurs d’agences telles que la D.I.A. (Defence Intelligence Agency), l’Agence de Sécurité Nationale, les Services Secrets, la Maison Blanche… Beaucoup des directeurs ou sous-directeurs de ces agences ont vu les résultats que nous pouvions obtenir. Donc nos soutiens étaient très puissants à bien des égards. Nous avons travaillé directement pour au moins cinq presidents et ils savaient d’où provenaient les informations. Donc oui, nous étions supportés par des personnes très puissantes.

Jimmy Carter avait d'ailleurs fait un commentaire publique sur vos recherches...
Oui, c’était à propos d’une mission très difficile. Il s’agissait d’un bombardier russe qui s’était écrasé quelque part en Afrique. De nombreux services, et probablement d’autres organismes étrangers, recherchaient ce bombardier. Ils l’ont cherché pendant un an sans aucun résultat. Grâce aux techniques de vision à distance, nous avons pu le retrouver en une journée. Nous avions localisé, à 400 mètres près, l’endroit où il se trouvait dans la jungle du Zaïre. Jimmy Carter a été interrogé sur ce sujet et il a rapporté que nous avions retrouvé le bombardier et que de nombreuses parties de ce bombardier avaient été remises au gouvernement russe. L’un des journalistes a alors demandé comment il avait été retrouvé et jimmy Carter a répondu : « Nous avons employé nos mediums ».

L’objectif de cette mission était-il de ramener le bombardier russe aux États-Unis pour l’analyser ?
Je ne sais pas quel en était le vrai objectif. Ceci n’a jamais été notre mission. Notre mission consistait à fournir des informations qui étaient inaccessibles par un autre biais. Dans ce cas, il s’agissait d’un bombardier disparu et ils ont dû mettre une question dans l’enveloppe et nous demander de décrire comment trouver ou localiser le bombardier russe. Je pense qu’ils ont pu également mettre le numéro de série ou quelque chose de ce genre dans l’enveloppe. Mais les « remote viewer » ne voient jamais l’information qui leur a été donnée pour cible. Ils répondent uniquement... c'est l’autre problème de ce genre de renseignement. Il est difficile d’obtenir une confirmation de l’information obtenue par la vision à distance. C’est une chose qui doit être bien comprise : en aucun cas, les informations que nous avons données ont été utilisées seules. Nous remplissons la même fonction que n’importe quel autre service de renseignements : nous essayons de fournir des informations manquantes qui peuvent venir s’ajouter à d’autres renseignements collectés, et une fois le tout recoupé et analysé, cela peut aider à tirer une conclusion ou prendre une decision. Mais cela ne doit jamais être utilisé indépendamment des autres méthodes de collecte de renseignements.

Il semblerait que votre meilleure mission concernait un Tank MX1. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C’était un problème très intéressant. Le MX1 – c’était le nom donné au Tank d’Abraham lorsqu’il était en développement – n’était encore qu’un prototype et ils souhaitaient le garder secret avant qu’il ne soit dévoilé au grand public. Un service de renseignement dont je tairai le nom ne croyait pas en l’efficacité de la vision à distance. Ils ont placé le MX1 dans un hangar d’avions et ils ont placé des avions tout autour de ce hangar. Il s’agissait de toute évidence d’un aéroport avec des avions. Ils m’ont ensuite montré une photo, en essayant de m’influencer d’une manière ou d’une autre. Lorsqu’ils m’ont demandé de décrire ce qui était caché dans le hangar, j’ai dessiné des croquis du tank MX1 très détaillés. J’ai dessiné l’intérieur, les sièges blindés, les stations de contrôle, le viseur de cible, l’ordinateur contrôlant les mécanismes de ciblage, le chargeur automatique, et bien d’autres choses qui étaient vraiment spécifiques au MX1. J’ai été capable d’en faire un dessin très détaillé.

Pouvez-nous dire comment vous procédez ? Que faites-vous pour obtenir ces visions à distance ?
C’est très difficile à décrire... Je vais essayer. L’une des choses que je fais toujours avant la vision à distance est d’essayer – par une sorte de méditation – de vider autant que possible mon esprit des pensées qui pourraient interférer. J’utilise une méthode Zen où l’on ne médite sur rien, jusqu’à ce que les pensées se dissipent. Ensuite, je me rends disponible à ce que je suis suppose savoir à propos de l’enveloppe et je me donne le message suivant : « Je suis désormais ouvert à toute information pertinente concernant l’enveloppe ou son contenu qui pourrait aider les personnes qui en ont besoin. » J’écris ensuite tout ce qu’il me vient à l’esprit. Je peux le dessiner ou écrire des notes. Je prends juste l’information qui m’arrive à l’esprit et essaie de séparer l’information qui m’est donnée spontanément de celle que j’aurais pu imaginer ou générer. C’est un processus assez difficile car lorsque vous ne pensez à rien et que vous essayez de comprendre l’information qui vous parvient, tous les humains ont tendance à inventer des choses ou manipuler l’information d’une certaine façon afin de lui donner un sens. Mon travail en tant que « remote viewer » n’est pas de donner un sens à l’information mais d’être le plus clair possible sur ce que j’obtiens afin que cette information puisse être utilisée par la suite par d’autres personnes. Et dans la plupart des cas, je réalise d’excellents dessins qui surprennent la plupart des gens. Ils se révèlent très précis.

Il paraît qu’il vous arrive de sortir de votre corps et de visiter l’endroit que vous essayer de visualiser...
Cela m’arrive parfois. Je n’ai pas l’impression de le contrôler quand ça arrive. C’est totalement involontaire mais de temps à autre – très, très rarement – je vais me retrouvé en train d’observer l’endroit où je suis suppose être. En 31 ans, je l’ai peut-être vécu quinze fois. Mais quand cela se produit, les résultats sont très bons et les informations sont quasiment toutes exactes. Cela m’est arrivé sur des affaires de renseignements et c’était plutôt excitant.

Est-ce littéralement une expérience de « sortie hors du corps » ou s’agit-il plus d’une forme de clairvoyance ?
J’ai passé plusieurs mois avec Robert Monroe pour apprendre à contrôler mes sorties hors du corps spontanées. J’y suis finalement arrivé et j’ai pu en faire la démonstration. Le problème est que ce n’est pas si facile. Je dirais même que c’est extrêmement difficile, ça demande beaucoup de travail et cela arrive généralement lorsque l’on dort. Ou lorsque je suis – dans un bureau comme celui-ci – en train de travailler en « remote viewing » et que j’ai une connexion spontanée avec la cible. J’ai alors l’impression d’y être vraiment et de la voir. C’est une expérience très spontanée et je n’appellerais pas cela une sortie hors du corps. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une connexion parfaite, absolue et positive avec la chose dont j’essaie d’obtenir des informations. C’est très surprenant lorsque ça arrive.

Pouvez-vous décrire une mission typique ?
Notre bureau était situé à Fort Meade, Maryland, où se trouvait également l’Agence de Sécurité Nationale. En ce qui concerne la façon dont nous travaillions, imaginons qu’un service ait besoin de renseignements sur un bateau nord-coréen. Ils apporteraient certainement une photo de ce bateau dans une enveloppe à notre bureau et ils diraient à mon supérieur : « Nous voudrions connaître la position de ce bateau. Où se trouve-t-il en ce moment même ? ». Mon supérieur aurait sélectionné l’un des espions psychiques présent ce jour-là, lui aurait demander d'aller dans une pièce très spéciale et lui aurait dit : « Nous allons travaillé sur cette mission. » C’était une petite pièce entièrement vide, où se trouvait uniquement un bureau, du papier, des crayons et un magnétophone. Le spécialiste de la mission amènerait l’enveloppe scellée dans la pièce et la déposerait sur la table. Il n’aurait aucune idée du contenu de l’enveloppe. Sur l’enveloppe apparaîtrait uniquement un code tel que « Alpha 21 » et la date du jour. Et le spécialiste demanderait ensuite au « remote viewier » de lui dire tout ce qu’il y a savoir sur le contenu de cette enveloppe. l'espion commencerait alors à donner des informations spontanément. Si le travail de vision à distance est bon, l’information que donnerait le « remote viewer » serait probablement une description du port dans lequel le bateau serait amarré ; ou de la côte que celui-ci longe et peut-être une ville ou tout autre information permettant une localisation. Lorsque la vision à distance n’est pas très bonne, vous pourriez obtenir des informations exactes et d’autres qui ne le sont pas. Mais dans le cas d’un bateau, il est facile de déterminer si l’information est pertinente et se rapporte à un bateau et la mer plutôt qu’à endroit en pleine montagne par exemple. Vous pouvez alors différencier l’information erronée des bonnes informations. Dans les cas où ils ont entièrement faux, c’est plutôt évident. Ils feraient référence à un château dans la montagne par exemple. Ce serait alors considérée comme des renseignements inexacts. Ensuite, quelque soient les informations collectées, elles seraient renvoyées avec l’enveloppe au service demandeur. Ils analyseraient et recouperaient alors ces renseignements avec d’autres recueillis par des moyens différents.

Sur quel genre de cibles vous faisait-on habituellement travailler ?
En fait, le plus intéressant est que les cibles étaient toujours différentes. Nous ne passions pas plusieurs mois à travailler sur un seul type de cible en particulier afin d’éviter que le remote viewer ne finisse par s’habituer et puisse être capable de de deviner ce sur quoi il devait travailler. Il pouvait s’agir d’un kidnapping, de la description de l’intérieur d’un bâtiment ; ou on pouvait nous demander de repérer du matériel de surveillance comme une camera ou un micro, de préciser ce que faisait un espion lorsqu’il voyageait d’une ville à une autre, ou encore de donner la description de l’homme lié à telles armes… On pouvait nous demander n’importe quoi… De l’endroit où était entreposée une arme nucléaire à la façon dont elle avait été construite.

Dans l’ensemble, diriez-vous que le programme de renseignement psychique était un succès ?
Globalement, oui. Je dirais que c’était un succès. Bien qu’il y ait eu quelques difficultés. A part le fait évident que de nombreuses personnes dénigraient cette méthode, étaient tout à fait contre, ou créaient des problèmes, nous avons également rencontré des difficultés avec les personnes qui y ont participé. Si quelqu’un n’a jamais vu un travail de la sorte, qu’il est impliqué dans une de ces missions et a pris connaissance des résultats incroyables tells que le tank MX1, cela peut le choquer sérieusement et dans certains cas, il peut devenir un peu fou et vouloir utiliser cette méthode pour tout. Cette réaction est totalement inappropriée et dans un certain sens, les personnes qui croyaient en cette technique ont porté plus de préjudices au programme que les détracteurs. Il est extrêmement important et sain de conserver un peu de scepticisme. Je préfère largement traiter avec une personne sceptique et saine d’esprit plutôt qu’avec une personne qui accepte tout sans se poser de questions. Cela peut être dangereux, c’est un vrai problème. Nous avons connu de nombreux problèmes de ce genre avec des croyants qui devenaient vraiment fous après coup.
Si les remotes viewers qui étaient choisis pour intégrer le programme n’étaient pas examines soigneusement, les croyances de certains pouvaient avoir de Lourdes conséquences. Il ne faudrait jamais accepter les choses telles qu’elles sont. Il faut toujours se poser des questions.

Ces programmes auraient officiellement été arêtes en 1995 mais une rumeur dit qu’ils seraient secrètement poursuivis. Confirmez-vous que ce programme a bien pris fin en 1995 ?
Oui, je confirme que notre programme s’est terminé de manière non-équivoque en novembre 1995. Nous n’avons plus de programme de ce genre. Au niveau du gouvernement américain, je n’en connais aucun. Il est peu probable qu’un service continue d’y travailler quelque part… C’était un projet si difficile à gérer et ça a généré tellement de conflits entre les différents services que je ne pense pas qu’ils aient continue de faire quoique ce soit autour du paranormal. En Russie, c’est un peu different. Le travail effectué dans ce domaine était plus ou moins important selon les années et la personne qui était au pouvoir. Pour résumer, leur programme a été beaucoup plus long que le nôtre. Il est fort probable qu’ils travaillent toujours mais s’ils le font, je pense qu’il s’agit davantage de recherches que d’une réelle utilisation pour l‘espionnage. A mon avis, leur programme d’espionnage a pris fin quand le gouvernement a changé au moment de la Perestroika.

Quand avez-vous réalisé que vous aviez des capacités extra-sensorielles ?
Tout a commencé alors que j’étais très jeune, vers l’âge de 5 ans environ. A l’époque, je partageais ma chambre avec ma sœur jumelle. Une nuit, nous avons été réveillés par une tante… Ma tante préférée. Elle était resplendissante et toute vêtue de blanc. Elle nous a dit : « Je suis là pour vous avertir que vous allez apprendre une nouvelle ce matin et qu’elle ne doit pas vous attrister. Tout va bien. Je suis en sécurité avec les anges. » Puis elle a disparu. Ma sœur et moi avons été bouleversés par ce qui venait de se produire. Au matin, j’ai rejoint mon père dans la cuisine et je lui ai dit que Tante Anna était venue cette nuit pour dire qu’elle allait bien et qu’elle était avec les anges. Mon père m’a alors giflé en me disant qu’il ne fallait pas parler comme ça de ma tante, que ce n’était pas des choses à dire. Je suis parti en pleurant dans ma chambre. Quelques heures plus tard, le téléphone a sonné. On nous a annoncé que notre tante Anna était morte au milieu de la nuit. Elle est morte d’un cancer du poumon alors qu’elle ne fumait pas et n’avait que 21 ans… A partir de ce moment, j’ai commencé à remarquer d’autres phénomènes. Par exemple, quand j’avais des problèmes étant petit, j’en parlais à ma sœur et elle me disait : « Tu dois demander de l’aide. » Donc un soir, j’ai suivi son conseil et je demandais de l’aide. J’étais assis dans le jardin et un petit lapin est venu s’asseoir juste à côté de moi. J’ai pensé qu’il est peut-être là pour m’aider. Puis, le lapin s’est mis à me parler et nous nous sommes mis à discuter, comme des amis… Je sais qu’il ne me parlait pas réellement mais c’est comme si je pouvais entendre ses pensées. J’ai trouvé cela très étrange et je n’en ai jamais parlé à personne.

Vous n’aviez pas assez confiance pour en parler ?
Non. Ma mère et ma tante nous disaient toujours à ma sœur et moi de ne pas parler de ces choses ; que les gens ne le verraient pas d’un bon œil. On nous avait dit de garder ces choses pour nous. J’ai donc suivi ce conseil. Contrairement à ma sœur qui, elle, a fini par être suivie par un psychiatre et placée sous traitement. C’est vraiment malheureux car je pense qu’elle n’avait aucun problème ; mais les médicaments qu’on lui a donné à l’époque l’ont terriblement affectée.

Vous avez fait la guerre du Vietnam et il paraît que vos capacités ont été utiles pour votre survie ainsi que celle des autres. Pouvez-vous nous en parler ?
Au Vietnam, il m’arrivait parfois d’avoir des pressentiments. Par exemple, je sentais qu’on me disait de ne pas aller plus loin ou de changer de direction ; ou d’agir différemment aux consignes qu’on m’avait données. A chaque fois que cela m’arrivait, ces intuitions ont permis d’éviter des embuscades ou d’autres problèmes auxquels moi ou mon équipe aurions dû être confrontés. J’y ai donc prêté de plus en plus d’attention. J’ai toujours suivi mon intuition et ça s’est toujours mieux passé que si j’avais fait les choses logiquement et de la manière dont j’étais sensé les faire. J’avais trouvé une chaise longue et je m’y installé souvent sur le camp pour lire. Parfois, j’avais cette drôle d’impression d’être exposé à un danger. Je prenais ma chaise et mon livre et je retourné à l’intérieur du bunker. Quinze à vingt minutes plus tard, nous étions attaqués au mortier. Les autres ont remarqué mon comportement. Donc à chaque que je prenais ma chaise pour rejoindre le bunker, tout un groupe me suivait et on en profitait pour jouer aux cartes.

Vous aviez déjà ces capacités avant et pendant la guerre du Vietnam ? Les acceptiez-vous ?
Non, bien sûr que non ! Je restais très discret et je n’en parlais à personne. Je m’en servais dans une certaine mesure mais je ne l’aurais jamais admis devant qui que ce soit. Si quelqu’un m’avait demandé mon avis sur les capacités extra-sensorielles, je n’aurais jamais reconnu leur existence bien que je les vivais moi-même. Mais si vous le reconnaissez ouvertement, alors vous devenez le fou qui a vu des OVNI ou des fantômes.
Au Vietnam, mes capacités avaient un impact sur mon comportement. Dans une situation donnée, certaines de mes réactions pouvaient être différentes de celles auxquelles on pourrait s’attendre. Par exemple, avec ma section, nous pouvions être envoyés dans un nouvel endroit. Si en cours de route, dans l’hélicoptère, je ressentais que ce n’était pas un endroit sûr, je pouvais décider d’atterrir dans un autre lieu et nous apprenions plus tard que si nous nous étions rendus à l’endroit prévu en tout premier lieu, nous serions tombés dans une embuscade.
Une autre fois, j’avais un voyage pour livrer du matériel à Cameron Bay, une île près de la côte vietnamienne. Ce genre de voyage était très apprécié car ça nous permettait de passer un peu de temps en dehors de la zone de guerre. J’étais donc très excité à l’idée de ce voyage. Puis, une personne m’a demandé si elle pouvait prendre ma place. Habituellement, je n’aurais jamais accepté mais, cette fois-ci, j’ai laissé ma place sans rechigner avec la promesse qu’il me revaudrait plus tard. Cette personne s’est donc rendue à Cameron. C’était vraiment un bel endroit et île parfaitement sûre. Pourtant, en pleine nuit, une rocket a été lancé sur l’immeuble où il dormait et il a été tué sur le coup. Voilà le genre de choses qui m’arrivaient… J’avais un comportement un peu inattendu certaines fois. N’importe qui d’autre aurait refuser de laisser sa place pour ce voyage. J’ai culpabilisé pendant des mois après cet événement.
Un autre exemple qui s’est passé le soir où l’offensive du Tet a commencé. Mon ami et moi roulions en jeep dans la la ville de Pleiku et nous avions l’impression que la ville était différente. En fait, rien ne manquait, tout était exactement pareil, mais nous avions la sensation que quelque chose était diffèrent. Nous sommes donc sortis de la jeep et nous sommes rentrés dans un bâtiment. Nous venions d’arriver à l’intérieur de ce bâtiment quand l’offensive a commencé et que notre jeep a explosé.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez fini par en parler ouvertement ?
En 1970, j’avais 24 ans et je dirigeais un détachement en Allemagne. J’avais environ 16 personnes sous mon commandement. Pendant un diner en Autriche, j’ai eu une expérience de mort imminente. Suite à cette EMI, ma perception de la vie a complétement change et ma crainte de parler s’est totalement évanouie. J’ai donc commence à en faire état ouvertement.

Pouvez-vous nous décrire ce qui s’est passé ?
Je dînais avec ma femme et un ami. Avant le repas, j’ai commandé une boisson et, après en avoir bu une gorgée, j’ai commence à me sentir très mal. Je me suis retire de table et je suis sorti du restaurant. Je pensais que j’allais être malade. Je me suis dirigé vers la porte d’entrée et je me souviens d’un “pop”, comme lorsqu’on claque des doigts. Puis, je me suis retrouvé sur les paves en train de regarder mes mains et la pluie qui passait au travers. Je ne comprenais pas comment j’avais pu me retrouver dehors sans avoir passé la porte. J’ai tourné mon regard vers la porte et j’ai aperçu un corps allongé dans l’entrée. C’était moi ! J’ai su à ce moment que quelque chose ne tournait pas rond (rires). J’y suis allé et j’ai vu mon ami arriver et essayer de me faire respirer. J’ai su par la suite que j’avais eu des convulsions et que, pendant ces convulsions, j’avais avalé ma langue, ce qui m’empêchait de respirer. Je les ai vus mettre mon corps dans une voiture et j’ai suivi cette voiture alors qu’elle passait la frontière allemande pour finir sa course à Passau. Je les ensuite vus sortir mon corps pour l’emmener aux urgences, couper mes vêtements et planter des aiguilles et des tuyaux dans mon corps. A un moment donné, j’ai senti une chaleur au niveau du cou et j’ai pensé qu’elle provenait surement de ces puissantes lumières que l’on trouve toujours dans les salles d’urgence. Je me suis retourné pour voir d’où cela provenait et je me voyais alors traverser un tunnel au bout duquel il y avait une lumière incroyable et intense. Je me suis retrouvé enveloppe dans cet lumière et j’ai pensé cet instant que j’avais rencontré Dieu. Une voix se faisait entendre dans ma tête : « Tu ne peux pas mourir, tu dois repartir. » J’ai répondu que je n’irai nulle part, que je voulais rester là, dans cette chaleur et cette lumière. Pour finir, il y a eu un autre « pop » et je me suis retrouvé assis sous un drap et complétement nu. Le pauvre patient allemand qui était allongé à côté de mon lit semblait très surpris en voyant. J’ai compris ensuite que j’avais été dans le coma et que le fait de me voir assis avait été une réelle surprise pour lui. Puis j’ai commencé à lui dire dans un mélange de mauvais allemand et d’anglais : « La mort n’existe pas. Dieu est une lumière blanche. » Il a couru hors de la chambre pour avertir le médecin et ils m’ont donné des sédatifs (rires).

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots comment tout cela a changé votre manière de parler de ce que vous viviez ?
Des choses étranges arrivent après avoir vécu ce genre d’expérience. La première que vous n’avez plus peur de rien parce que vous n’avez plus cette peur de la mort, qui est une peur primale tout comme la peur du regard que les gens portent sur vous. Beaucoup craignent de passer pour un ignorant, ou quelqu’un d’un peu étrange, etc. Après une expérience de mort imminente, vous vous rendez compte que la mort n’existe pas. Votre vision du monde et votre manière de penser change complétement.
Le plus difficile est qu’il vous est impossible de faire marche arrière et de redevenir celui que vous étiez avant ou redevenir normal – enfin, ce que tout le monde considère comme être normal.

Etait-ce plus un avertissement extra-sensoriel conscient ou aviez-vous plutôt l’impression qu’il s’agissait d’un processus inconscient ?
Je dirais qu’il s’agissait plus de premonitions conscientes car j’en parlais à d’autres personnes et elles partageaient parfois ces memes presentiments. Cependant, elles n’en tenaient pas compte et n’agissaient pas en consequence. Ensuite ils se disent : « J’aurais dû faire ça. J’ai senti un frisson derrière la nuque et que je n’aurais pas dû le faire mais je l’ai fait quand même. » Et il y aura 4 ou 5 personnes qui seraient blessées. Alors que moi, j’aurais les memes sensations. J’aurais agi en fonction de ces sensations et j’aurais éviter le problème. Donc c’est une action très consciente, bien que basée sur une perception inconsciente. C’est de cette manière que je le définirais. Mais il faut être très attentif. Vous ne ressentirez pas la chair de poule sur votre bras à moins que vous n’y fassiez attention. Ce conseil vaut pour de nombreuses personnes. Je pense que les personnes qui arrivent à survivre dans les métiers à risque - les policiers, les pompiers, les militaires… - le doivent essentiellement à leur attention ou à ce genre de chose. Si vous leur en parlez, ils vous diront : « Non, non. Je ne suis pas voyant ou médium. J’agis juste avec mes tripes. » Ils ne l’identifient pas à des perceptions extra-sensorielles, mais il peut s’agir de la même chose.

Vous voulez dire que tout le monde est medium ?
Je vais vous donner la réponse scientifique à cette question. Scientifiquement parlant, nous savons que chaque être humain est médium car les personnes qui ont pu être testées en laboratoire ont toutes montré certaines capacités. Nous n’avons jamais rencontré une personne qui n’en avait pas. En revanche, le niveau de ces capacités diffère selon les personnes. Chacune sera plus ou moins douée. C’est comme jouer d’un instrument ou jouer au golf. Si vous avez une sorte de talent inné, alors vous serez exceptionnellement bon au golf ou vous jouerez de votre instrument comme un virtuose.

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Retranscription Sandrine Laprevotte, traduction Hélène Pau.

Découvrez aussi les documentaires Enquêtes Extraordinaires avec Stéphane Allix :
Saison 1 - Enquêtes Extraordinaires »
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