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PUBLIÉ LE 25/03/2014
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Super pouvoirs

Dean Radin
Dunod - InterEditions
Magazine » Bonnes feuilles

Les pouvoirs révélés par le Yoga

S’il y a une figure clé du mouvement des années 1920 s’intéressant aux enseignements de yogis indiens venus établir des centres en Occident, c’est bien Paramahansa Yogananda, qui publia par ailleurs une autobiographie qui sera lue par des millions de personnes. Dans son livre « Super pouvoirs », Dean Radin revient sur ce texte remarquable afin d'évoquer les facultés humaines extraordinaires.

Des textes classiques du yoga, tels que les Yoga Sutras de Patanjali, écrits environ il y a deux mille ans, affirment avec aplomb que si vous vous asseyez calmement, que vous vous concentrez sur votre esprit, et que vous pratiquez le tout assidûment, vous développerez des pouvoirs supernormaux. Ces capacités supérieures ne doivent pas être assimilées à des dons magiques ; ce sont seulement des capacités ordinaires que tout le monde possède. Nous sommes juste si éloignés d’elles la plupart du temps que nous ne parvenons pas à y accéder aisément. On les a rebaptisées télépathie, clairvoyance, précognition et psychokinèse.

« Aussitôt que je touchai le grand bol vide, il fut rempli de luchis [galettes] chauds cuits au beurre, de curry et de friandises rares. Je me suis servi, en constatant que le récipient ne désemplissait pas. A la fin de mon repas, j’ai cherché de l’eau aux alentours. Mon gourou m’indiqua le bol devant moi. Surprise ! La nourriture avait disparu ; à sa place se trouvait de l’eau claire comme l’eau d’un ruisseau de montagne… Le sage prit à côté de moi un vase gracieux dont les bords étaient incrustés de diamants flamboyants. « Notre grand gourou crée ce palais en solidifiant des myriades de rayons cosmiques libres », a-t-il déclaré. »
- Paramahansa Yogananda, Autobiographie d’un Yogi

Sérieusement ? Des diamants flamboyants et des rayons cosmiques solidifiés ? Je me rappelle la première fois que j’ai lu ce passage, à l’adolescence. J’étais rempli d’admiration et de joie. Contrairement aux contes de fées, que j’ai beaucoup appréciés même si je savais qu’il s’agissait de paraboles embellies par de la fantaisie, ce récit est présenté comme étant une autobiographie factuelle – du vrai de vrai. J’aurais tellement voulu voir les mêmes merveilles que Yogananda.

Des années plus tard, après avoir obtenu mon diplôme en ingénierie électrique et en psychologie, j’ai travaillé sur divers projets au sein des laboratoires AT&T de Bell. A cette époque, les laboratoires de Bell étaient l’une des meilleures organisations scientifiques du monde, célèbres pour avoir inventé certains des piliers de la technologie moderne, du transistor au laser en passant par le téléphone cellulaire. Comme beaucoup de mes collègues là-bas, après des décennies de formation à l’ingénierie et à la science, j’avais appris que la première chose qui doit vous venir à l’esprit lors que vous entendez une histoire de « vrai » miracle, ce n’est pas de la crainte ou de l’émerveillement, mais de l’exaspération : comment quelqu’un âgé de plus de cinq ans pouvait-il encore croire à de telles absurdités ?
On m’avait appris que ces histoires à couper le souffle sur l’esprit influençant la matière ou la perception extra-sensorielle (PES) – lorsqu’elles étaient présentées comme étant véritablement arrivées – étaient au mieux le produit d’un esprit crédule, et au pire le signe d’un problème psychiatrique latent. La culture scientifique m’avait appris que le Swami Yogananda aurait mérité non pas un bol rempli de galettes imaginaires cuites au beurre, mais un bon cocktail de médicaments antipsychotiques.

Mais j’étais également troublé par le sentiment tenace que quelque chose d’important manquait dans mes cours universitaires, une réalité dont les mythologies et les contes de fées parlaient sous forme métaphorique. J’ai découvert plus tard, à ma grande surprise et à mon grand soulagement, que la même impression de manque était partagée secrètement par plusieurs de mes collègues aux laboratoires de Bell. J’ai été finalement étonné de comprendre que cela était aussi vrai pour le monde scientifique dans son ensemble. En dépit des ricanements, des rejets et du mépris affichés officiellement pour des histoires telles que celle de Yogananda, j’ai trouvé qu’un intérêt serein pour les potentiels avancés de l’être humain, dont les expériences paranormales et mystiques, avait pénétré l’orthodoxie. Et je ne parle pas seulement de l’orthodoxie de la science industrielle, mais tout à la fois des courants dominants de l’académie, de la science, du gouvernement, de la médecine et de l’armée. Dans de tels cadres, vous apprenez très vite à ne parler de ces choses trop ouvertement, parce qu’il ne manquera jamais de personnes qui vont être très énervées par ces sujets et vont tout faire pour vous nuire. Ce qui fait que ces questions mènent une vie souterraine.
Discrètement. Continuellement.

Cet étrange état des lieux permet au monde occidental d’aller de l’école primaire au postdoctorat sans jamais rien apprendre – et même souvent sans rien entendre – des investigations scientifiques sérieuses sur les expériences paranormales et mystiques.
Par investigations, je ne fais pas référence à cette prolifération d’émissions de télé-réalité où des chasseurs de fantômes et d’autres pseudo-chercheurs s’agitent dans tous les sens pour nous divertir. Quand vous comprenez quel oxymore fonde le concept de « télé-réalité », vous saisissez que la seule motivation pour un tel spectacle est d’attirer et de maintenir votre attention sur la petite lucarne. La véritable chasse aux fantômes nécessite des heures interminables d’attente dans des endroits particuliers, jusqu’à ce qu’éventuellement quelque chose d’inattendu se passe. Dans les rares cas où quelque chose se produit, il n’y a généralement aucun moyen de savoir avec certitude si c’était un bug dans votre perception, une erreur matérielle ou une donnée potentiellement utile.
En fait, ce que j’appelle investigations correspond à des études en laboratoire utilisant les standards des méthodes scientifiques actuelles, avec des résultats publiés dans des revues professionnelles à comité de lecture. C’est de ce type de recherches dont vous n’entendez pas souvent parler. A la place, on vous enseigne dès le plus jeune âge que le matérialisme mécaniciste – le dogme scientifique qui prévaut actuellement – est suffisant pour expliquer tout ce qui arrive dans le monde naturel. C’est ce que la vaste majorité des manuels scolaires enseignent, implicitement ou explicitement.

Ce dogme est accepté parce qu’il fonctionne dans énormément de cas pratiques. Il a mené à de réelles avancées des connaissances. Il nous a permis de passer des âges sombres à la visite de la Lune, et bien plus encore. Mais il a aussi installé une vision du monde qui semble exclure la possibilité d’authentiques siddhis. Je mets l’accent sur le mot « semble » car ce n’est en fait pas totalement vrai ; nous serons amenés à voir ce qui change lorsque l’on prend en compte la compréhension moderne du monde physique.
Et puis, de façon réaliste, ce n’est pas une mince affaire que de trouver des individus qui peuvent démontrer leurs capacités supernormales sur demande, encore et encore, dans les conditions de contrôles très strictes du laboratoire. Je crois que de tels individus existent, mais ceux qui ont le plus de talent évitent soigneusement les feux de la rampe, et pour de bonnes raisons. Lorsque, occasionnellement, des superstars sortent de l’ombre et font des démonstrations publiques, la folie médiatique qui s’empare de tels événements transforme rapidement le tout en une sorte de cirque où il devient impossible de séparer la réalité de la fiction. Il y a quelques millénaires, il n’y avait pas encore des chaînes d’info tournant vingt-quatre heures sur vingt-quatre ou un culte de l’info-divertissement (infotainment), mais des anciens sages déjà familiers du problème des cirques médiatiques, et donc capables de dire des choses très intéressantes sur l’utilisation des siddhis à des fins de divertissement ou pour des motifs narcissiques.

A l’épreuve de la science


Nous savons aujourd’hui que les explications spécieuses de ces croyances que nous fournissent les sceptiques, les réduisant à des cafouillages cérébraux ou à des défauts dans l’éducation ou le raisonnement, sont tout simplement fausses. Un nombre grandissant de preuves scientifiques indique que certaines expériences dites parapsychologiques ne sont pas des illusions ou des délires – ce sont des cas authentiques où des « superpouvoirs » de la conscience se sont manifestés, le plus souvent spontanément.


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