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PUBLIÉ LE 21/06/2010
Magazine » Témoignages

Les voyages horizontaux
ne servent à rien

Claudine Vernier-Palliez a été Grand Reporter à Paris Match de 1980 à 2008. Epouse de l’écrivain Bernard Frank, décédé en novembre 2006, Claudine a parcouru la planète pour réaliser des reportages d’actualité à caractère humain, humanitaire et spirituel. Très sensibilisé à la cause tibétaine, elle côtoie le dalaï-lama depuis plus de vingt ans. Elle a accepté de se raconter sur un mode inhabituel pour elle, plus personnel, et d’évoquer quelques moments extraordinaires, vécus sur la route…

C’était entre la pluie des mangues et la saison des pluies, au Tchad, quand les orages blancs font plier les baobabs. Je ne connaissais alors de la terre qu’un axe tempéré qui allait du sud de l’Angleterre au pays de Caux, et ce premier voyage dans la fournaise et l’Afrique en guerre faillit me dégoûter à jamais des déplacements horizontaux. Une chute à vélo sous le soleil de midi me valut un séjour dans un hôpital de lépreux où des singes au ventre rouge folâtraient entre les lits, et je ratai les combats du Tibesti où un journal m’avait envoyée. Je revins à Paris, malade et déprimée, avec la certitude exquise, inébranlable, de ne plus jamais voyager, de n’être pas faite pour cela. Pourtant, je voulais être ailleurs. Pas ici, ni dans ma peau, c’était trop étroit. J’avais dessiné sur la carte de l’Inde un point d’interrogation, parce qu’elle était un autre monde et qu’il me suffirait d’y aller pour trouver ce que je fuyais en moi. Et puis, je rêvais de devenir hippie. J’imaginais percer les grands secrets de l’âme en regardant le soleil se lever sur les océans lointains, tandis que mon gourou me chanterait dans l’oreille des formules magiques qui me conduiraient tout droit à la Vérité. Je n’avais qu’à partir, c’était gagné...

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