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PUBLIÉ LE 07/03/2012
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

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Inexploré n°13

Intuition : retrouvez votre 6e sens
Magazine » Entretiens

5 questions à... Philippine Leroy-Beaulieu

Philippine Leroy-Beaulieu est une actrice française. Elle a notamment joué dans Trois hommes et un couffin, Neuf mois ou Deux frères. Elle a passé son enfance en Italie.

Que vous est-il arrivé de plus extraordinaire dans la vie ?
Pendant très longtemps, comme beaucoup d’enfants, j’ai eu un ami imaginaire. Je lui parlais lorsque je me promenais seule, ou quand j’étais dans ma chambre ; en tout cas pas en présence des autres car j’avais très bien compris qu’il ne fallait pas. Il m’arrive encore aujourd’hui de le faire, et parfois ma fille m’en fait la réflexion : « Tu parles toute seule ! » Mais non, ça n’est pas exactement le cas…(rires) En fait, depuis que je suis enfant, je sais que le monde qu’on me présente n’est pas le seul monde qui existe. Pourquoi ? Je ne sais pas… ça se manifestait par des intuitions. J’avais également énormément de visions — je ne parle jamais de ça… Elles étaient un peu étranges, et j’en avais très peur. Comme les adultes en face de moi ne savaient pas comment répondre à mes questions, j’ai mis ça de côté : « oui, peut-être que j’ai rêvé, peut-être que c’est un cauchemar, peut-être que je me trompe, que je n’étais pas réveillée à ce moment-là… » Mais pendant très longtemps ça m’a poursuivie. J’étais très seule, à l’écart, je n’avais pas beaucoup de facilités à me relier aux autres. De plus, je trouvais que ce que les adultes se racontaient n’était pas très intéressant.

Etait-ce difficile de ne pas trouver d’interlocuteurs avec qui vous puissiez en parler ?
Oui, c’était très violent. La seule fois où j’en ai parlé à un adulte, il m’a répondu : « Mais non, qu’est-ce que tu as, tu as imaginé des choses…» La solitude accentuait le côté paniquant de ces expériences. Mais c’est vrai qu’en général, qu’est-ce que les parents peuvent faire ? J’aurais aimé qu’on entende ce que j’avais à dire… Qu’on me tranquillise, parce que comme je l’ai découvert beaucoup plus tard, il faut voir dans ces expériences quelque chose de normal, et simplement les prendre avec calme. C’est la raison pour laquelle j’ai été extrêmement à l’écoute de ce que ma fille me racontait ; et du coup, aujourd’hui c’est quelqu’un qui est très en paix avec ça. Elle a vécu des choses également, mais elle est très sereine, curieuse.

Quelles étaient ces visions ?
C’était très noir… Je percevais comme une séparation très douloureuse. Lorsqu’on voit le monde comme un tout, on perçoit un grand mouvement, quelque chose de très déstabilisant, de paniquant. Des choses sur lesquelles nous, les humains, avons mis des étiquettes : violence, chaos, qui ne font, en réalité que partie du tout. Le chaos est la forme même du grand tout. Et pendant ces visions, je ressentais une peur immense, une grande violence. Pourtant, au fond de moi je savais que tout était relié. Et cette conviction qui ne trouvait pas d’écho dans ma vie me faisait souffrir.

Qu’est-ce qui vous a aidée ?
Un livre de Krishnamurti – Se libérer du connu, un magnifique livre – a été la première lecture qui m’a fait comprendre que j’avais le droit de penser autrement, de réfléchir différemment, de regarder le monde sous un autre angle. Je n’étais alors plus une enfant, j’avais 27, 28 ans à l’époque. Cela m’a aidée dans mon questionnement : qu’est-ce qui s’était passé dans mon enfance pour que je sente des choses aussi fortes ? J’ai commencé à ressentir une espèce de paix s’installer en moi… Enfin, paix... disons que le début du chemin s’est dessiné. J’ai commencé à comprendre, un sens s’est dégagé, très fort, et c’est devenu une vraie source de bien-être et de sérénité.

Un sens ?
Je ressens que l’on a besoin de se guérir les uns les autres. Il me semble aujourd’hui que le sens de notre passage, c’est de se guérir de la folie dans laquelle on s’est mis. Guérir d’avoir été assez fous pour ne pas comprendre qu’on est reliés ; voilà, si on va jusqu’au bout… Guérir de s’être autant séparés. Guérir d’être aussi violents les uns envers les autres. C’est d’une absurdité totale. Aujourd’hui on a besoin de guérisseurs. Et peut-être que si les hommes ont besoin d’une révélation pour comprendre l’unité, de faire l’expérience d’une Epiphanie qui leur donnera accès à cette idée d’unité, beaucoup de femmes le savent déjà… Cette unité est déjà en elles.


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