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PUBLIÉ LE 03/02/2015
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Réincarné

Bruce Leininger, Andréa Leininger, Ken Gross
Dervy
Magazine » Bonnes feuilles

Réincarné, un enfant témoigne

« Réincarné » est le livre de Bruce et Andréa Leininger, dont l’enfant, quand il avait 2 ans, se souvenait avoir été pilot de chasse pendant la Seconde guerre mondiale... Pas à pas, se déroule une enquête extraordinaire sur l’un des cas de réincarnation les plus indiscutables à ce jour en Occident.

Parmi les animaux du livre, on trouvait des tigres, des ours, des chiens, mais rien d’alarmant ni suggérant une quelconque violence. Simplement une comptine inoffensive. Au beau milieu de la chansonnette, James se renversa sur le dos à côté d’Andréa et lui lança : « Maman, petit bonhomme fait comme ça » en donnant des coups de pieds vers le plafond comme s’il était coincé la tête à l’envers dans une boîte dont il essayait de s’extraire. « Petit bonhomme fait comme ça », répéta-t-il avec le même mouvement. Il gesticulait exactement de cette façon pendant ses cauchemars – à la différence près qu’il était maintenant pleinement réveillé.
Tout en s’agitant ainsi, il dit : « Ohhh ! Ohhh ! Ohhh ! Peut pas sortir ! »

Il rejouait son rêve presque sans émotion. Andréa tremblait. Ses cheveux lui donnaient la sensation de se dresser sur sa tête.
Elle décida de faire très attention. Comme elle posait le livre, quelque chose la poussa à demander : « Je sais que tu as déjà parlé de ça mon chéri, quand tu faisais des cauchemars. Qui est le petit bonhomme ? »
Son fils, encore les quatre fers en l’air, répondit de sa voix fluette, étrangement tranquille : « Moi. »
Sans en faire tout un plat, Andréa lui tendit le livre et lui dit simplement : « Tu sais quoi ? Je vais aller chercher papa, pour que tu puisses lui raconter aussi. »

Bruce regardait la télé dans le salon, qui était situé au bout du long corridor en forme de L. Andréa commença par marcher doucement ; mais dès qu’elle eut tourné dans le couloir hors de la vue de James, elle accéléra le pas pour avaler les derniers mètres qui la séparaient du salon. Son état d’excitation était tel qu’elle essaya de murmurer, mais ne parvint qu’à postillonner une légère et incompréhensible brume au visage de son mari.
Bruce s’essuya le visage en regardant Andréa comme s’il voyait une créature folle et repoussante. Il lui était impossible de savoir si l’attitude d’Andréa relevait d’un effort de tact (elle parlait à voix basse) ou des affres d’une décompensation psychotique.
« Bruce, il faut que tu entendes ça !
- Quoi ?
- James parle du petit bonhomme.
- Hein ? »

Il bondit de son fauteuil. A présent, les deux parents galopaient dans le couloir. James feuilletait le livre du Dr Seuss. Ses parents s’approchèrent en marchant sur des œufs. Ils s’assirent sur le lit et glissèrent dans un soupir : « Chéri, dis à papa ce que tu viens de raconter. »
Obéissant, James se renversa à nouveau sur le dos, exactement comme la fois précédente, disant : « Pauvre petit bonhomme fait comme ça » en jetant des coups de pieds vers le ciel de la même façon et répéta : « Ohhh ! Ohhh ! Ohhh ! Peut pas sortir ! »
Andréa le questionna doucement : « James, quand tu parles du petit bonhomme que tu vois en rêve, qui est le petit bonhomme ?
- Moi », affirma-t-il d’un ton neutre.
Bruce devint livide. Plus tard, il se rappellerait qu’à cet instant précis, il eu la sensation que son cerveau s’était réduit à la taille d’un petit pois.

Depuis des mois, Andréa avait essayé d’attirer son attention. Il avait écouté, mais sans donner aucun sens aux rêves de son fils. « Tous les enfants font de mauvais rêves. Ca passera. Pas de panique. » Seulement maintenant, dans son propre lit, voilà que son fils, parfaitement éveillé, rejouait avec calme une scène si étrange, tellement au-delà de ce que l’imagination de Bruce pouvait concevoir que celui-ci en resta muet. Il regarda sa femme, comme si elle disposait d’une quelconque explication, puis se pencha vers James, qui se rassit normalement.
« Fiston, qu’est-ce qui est arrivé à ton avion ?
- Y s’est écrasé en feu, répondit James.
- Pourquoi ton avion s’est écrasé ?
- On a tiré dessus.
- Qui a tiré sur ton avion ?
L’enfant fit une moue dégoûtée. La réponse était tellement évidente. Il avait toléré les autres questions avec une candeur patiente ; mais celle-ci lui parut si stupide qu’il fit les gros yeux.
« Les Japonais ! » lâcha-t-il avec dédain, à la manière d’un ado agacé.

L’atmosphère de la pièce devint asphyxiante. Aucun des parents ne se rappelait avoir respiré depuis leur entrée dans la chambre. Tous deux se sentaient en léger état de choc. Les paroles du bambin de deux ans leur avaient fait l’effet d’un anesthésiant, les laissant engourdis, presque paralysés. Au bout d’un moment qui leur parut avoir duré une heure, la discipline d’Andréa se rappela à son bon souvenir.
« Allez mon chéri, va te brosser les dents et te mettre au lit. »


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