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PUBLIÉ LE 14/02/2013
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Rencontres sur les expériences
de mort imminente

En 2006 à Martigues, les premières rencontres internationales sur les expériences de mort imminente avaient créé l’événement. Les 9 et 10 mars 2013 à Marseille, deux nouvelles journées de conférences feront le point sur la compréhension des EMI et leurs applications concrètes.

Vous êtes médecin, thérapeute, infirmier, psy ou simple particulier ? Vous vous intéressez de longue date aux expériences de mort imminente ou êtes du genre à douter de leur réalité ? Offrez-vous donc un week-end à Marseille, les 9 et 10 mars 2013. Au programme : deux jours de témoignages et de débats, en présence d’une quinzaine de médecins et spécialistes des états modifiés de conscience, venus de France, de Belgique, des États-Unis, du Maroc et d’Israël.

En 2006, les rencontres avaient rassemblé deux mille personnes. « Je m’étais rendu compte que les chercheurs étaient très isolés, raconte Sonia Barkallah, leur organisatrice. Le psychiatre Raymond Moody, pionnier en la matière, ignorait les études qui étaient menées en Europe, les français ne connaissaient pas celles du canadien Mario Beauregard… J’ai eu l’idée de réunir les principaux acteurs, afin de faire le point sur trente ans de témoignages et de recherches, et de créer l’échange. »
L’intérêt prend corps, de nouveaux programmes de recherche sont initiés : au CHU de la Timone à Marseille, à l’hôpital de Sarlat… Et aujourd’hui ? « La science ne reconnaît toujours pas les EMI, faute de preuves scientifiques indiscutables, mais le monde clinique, de façon pragmatique, s’y intéresse de plus en plus. »
Grâce notamment aux témoignages des médecins qui ont eux-mêmes vécu une EMI ou recueilli les récits de leurs patients. Les 9 et 10 mars à Marseille, prendront ainsi la parole les Dr Moody, Samson, Postel, et le neurochirurgien américain Eben Alexander, auteur du récent best-seller Le paradis existe. « Son témoignage pèse parce qu’il émane d’un spécialiste du cerveau, enseignant à Harvard, au départ extrêmement sceptique, souligne Sonia Barkallah. Ça me fait penser à la découverte des météorites. Pendant des années, l’Académie des Sciences a traité d’illuminés les paysans qui disaient voir tomber des pierres du ciel. Jusqu’à ce qu’un membre de l’Académie assiste lui-même au phénomène et décide de l’étudier ! »

Cette deuxième édition fera vivre le débat scientifique : quelles sont les recherches en cours ? Quelles certitudes ont-elles permis d’acquérir, quels sont les questionnements persistants ? Le corps et le cerveau sont-ils vraiment morts pendant ces expériences ? L’hypothèse d’une délocalisation de la conscience est-elle valide ? Interviendront par exemple le Dr Jeffrey Long, fondateur du plus important site de témoignages sur les EMI au monde, John Martin Fisher, directeur d’un gros programme de recherche à l’Université de Californie sur la question de l’immortalité, et les neuroscientifiques du Coma Science Group (Liège), qui tentent d’identifier les causes cérébrales des EMI…
« Ce qui m’intéresse aussi particulièrement, poursuit Sonia Barkallah, ce sont les protocoles qui étudient les transformations provoquées par les EMI. » Pourquoi certains parviennent-ils pendant leur coma à percevoir tout leur environnement depuis un point extérieur à leur corps, au-delà des limites spatio-temporelles ? Pourquoi d’autres reviennent-ils en parlant plusieurs langues, ou pourvus de facultés extra-sensorielles ? A Marseille, la marocaine Raaja Benamour racontera comment elle garde « une mémoire infinitésimale » de son EMI. « Elle se souvient de tout ce qu’il s’est passé dans son corps, depuis l’injection du produit anesthésique jusqu’à son réveil, au niveau cellulaire, moléculaire, électromagnétique… Rarement un témoignage a été aussi riche et complet ! Son récit corrobore certaines recherches en cours. »


Quelles applications concrètes ?


Au-delà, les rencontres s’attacheront à explorer les applications pratiques des EMI. Qu’a-t-on à en apprendre ? Quelles pistes ouvrent-elles dans nos approches de la mort ? Quelles peuvent en être les implications thérapeutiques, pédagogiques, éthiques ? « Nous avons perdu les rituels autour de la mort qui nous aidaient à l’accepter. Les récits d’EMI, qui transcendent les cultures, les religions et les générations, peuvent permettre de la ré-apprivoiser », indique Sonia Barkallah, dont le documentaire Faux Départ est utilisé aujourd’hui dans plusieurs services hospitaliers (oncologie, soins palliatifs et autres) auprès des patients. « Il sert aussi de support à des associations d’accompagnement des familles confrontées aux longues maladies ou à la fin de vie », ainsi que dans certaines formations médicales ou paramédicales, « afin d’améliorer la compréhension et la prise en charge des EMI ».
Seront également abordées les questions de l’enfance – comment réagissent les plus jeunes face à la mort ? –, des EMI partagées – comment se fait-il que des accompagnants vivent la même expérience que leurs mourants ? – et des EMI négatives. « Trop souvent, on met en avant le côté lumineux et enthousiasmant des EMI, commente Sonia Barkallah. Pourtant, au moins 5% des gens vivent quelque chose de traumatisant. Ils n’osent pas en parler par peur d’être étiquetés, car cette dichotomie fait écho à nos visions classiques du paradis et de l’enfer, du bien et du mal – alors que j’ai plutôt l’impression qu’on vit l’expérience qu’on a besoin de vivre. Il ne s’agit pas de juger, mais de savoir comment les aider à surmonter leurs difficultés. »

Car le plus grand apport des EMI, au-delà des perspectives qu’elles ouvrent sur une « autre dimension », tient dans ce qu’elles enseignent de la vie. Quel est ce processus si bouleversant qu’il incite ceux qui le traversent à réviser leurs valeurs, leur orientation professionnelle, leurs relations aux autres et au monde ? Pourquoi n’ont-ils plus peur de la mort ? Pourquoi gèrent-ils mieux leur quotidien, sont-ils moins stressés, tombent-ils moins malades ? Est-ce parce qu’ils ont obtenu des réponses ou des réassurances, ou parce qu’ils ont compris que tout se jouait ici et maintenant ?
Autant de questions qui seront abordées à Marseille avec le psychologue Eric Dudoit et le psychiatre Olivier Chambon. Autant de questions à même d’enrichir nos réflexions et de nourrir nos actions. Jusqu’à mener peut-être, note Sonia Barkallah, à une « redéfinition des EMI ». Parce qu’elles ne concernent pas que la mort et les mourants, mais touchent à bien d’autres champs, « aux frontières de la biologie, de l’anthropologie, de la philosophie, de la physique quantique… », dont on n’a pas fini d’explorer les tenants et aboutissants.


Deuxièmes rencontres internationales sur les expériences de mort imminente : samedi 9 et dimanche 10 mars 2013 à Marseille (grand auditorium du Parc Chanot). Le Dr Raymond Moody et Sonia Barkallah seront également à Lille le 12 mars et à Bruxelles le 16 mars 2013. Infos et réservations


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