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© Anja Cronenberg
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PUBLIÉ LE 06/06/2011
Magazine » Témoignages

Sur le capot de sa voiture bleu clair

Une coïncidence frappante nous saisit. Rien ne peut l’expliquer logiquement. Dans notre for intérieur, nous sommes bouleversés... Faut-il y prêter attention ?

J’ai commencé le montage de mon dernier film, il y a un mois. Le studio se trouvait dans le 15ème arrondissement de Paris, je ne connaissais pas le lieu et décidai d’y aller en voi­ture. Je cherchais une place et en trouvai une, juste devant le studio : une personne s’en allait. Une magnifique place à côté d’un parcmètre et avec de l’espace pour faire mon créneau, car positionnée à l’angle d’une rue. Heureuse de ce hasard qui faisait si bien les choses, je me mis à gamberger. Je venais de lire Le mec de la tombe d’à côté, de Katarina Mazetti, une histoire désopilante. J’avais aussitôt pensé que c’était un ro­man que j’aurais voulu écrire. Je précise que c’est un roman d’amour alors que mon goût va plutôt aux thrillers... Aussi et inconsciemment sans doute, je cherchais depuis la lecture de ce livre l’idée d’une bonne dramaturgie piquante et assaison­née de sentiments. Cette voiture qui s’en est allée devant le studio, m’inspira une idée de rencontre. Les jours qui suivi­rent, je construisis, en pensée, la trame de ce possible roman d’amour dont j’avais envie d’entreprendre l’écriture.

Quatre semaines plus tard, le matin du dimanche 1er mai, alors que mon mari et les enfants dormaient, je sentis qu’il était temps que je couche sur papier l’inspiration qui m’envahissait, pour éviter que certains détails ne m’échappent. En 90 minutes, j’écrivis 9 pages du plan du livre. A la 5ème page, je notais « sur le capot de sa voiture bleu clair », suivis de : « le titre ? » entre parenthèse. Je ne peux expliquer la raison de cette idée, il est trop tôt et c’est un point clef du roman. Mais je précise l’avoir imaginée bleu clair parce que rare. Et je voulais un titre aussi incongru que celui qui m’avait inspirée. Le lende­main, j’allai au studio. Et là, stupeur ! Précisément à la place où toute l’idée m’était venue, c’est-à-dire là où je m’étais garée un mois plus tôt, juste devant le studio et devant le parcmètre, à l’angle de la rue, se trouvait… une voiture bleu clair. Je l’ai aussitôt prise en photo. Une validation ! Cette voiture avec sa couleur rare me criait : « vas-y, fonce, l’histoire est crédible ». Cette heureuse synchronicité m’a convaincue : je vais écrire ce livre.


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