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PUBLIÉ LE 05/06/2012
Magazine » Enquêtes

Tourisme et chamanisme :
le choc des cultures

Depuis quelques années, le chamanisme, notamment amazonien, attire un grand nombre d’occidentaux. Décryptage, entre ombre et lumière.

En tant qu’anthropologue, je concentre mon intérêt sur les populations amazoniennes. Mais l’engouement des Occidentaux pour l’Amazonie péruvienne et le chamanisme à base d’ayahuasca a pris une telle ampleur que j’ai dû me pencher sur la question. D’autant que j’ai été moi-même impliqué dans cette évolution soudaine. J’ai vécu deux ans en Amazonie péruvienne da ns les années 80 et j’ai appris à connaître les traditions chamaniques sur le terrain. En 1995, quand j’ai publié Le Serpent Cosmique, fruit de mon travail, de mes expériences et de mes réflexions, j’ai été surpris par l’enthousiasme des lecteurs. Pour moi, c’était un livre sur la biologie moléculaire, les limites du rationalisme, les savoirs des peuples indigènes, avant d’être un livre sur l’ayahuasca. Et puis, me disais-je, qui a envie d’aller au fond de la forêt amazonienne pour avoir des visions effrayantes ? A priori, pas grand monde. Pourtant, les gens lisaient mon livre et demandaient : « Où est-ce qu’on peut en avoir ? » Plus tard, je me suis rendu compte que la sortie du Serpent Cosmique avait coïncidé avec l’entrée de l’ayahuasca dans le « Zeitgeist », l’esprit du temps. Le phénomène s’inscrit dans un mouvement plus large, qui dépasse le chamanisme. Le chemin de Compostelle n’a jamais été autant parcouru que depuis les années 90. C’est exactement à la même époque que l’engouement pour l’ayahuasca a commencé. Auparavant, il ne suscitait pas un tel intérêt. Il y a bien eu dans les années 60 une première génération d’Occidentaux qui a consommé du peyotl et des champignons, d’autres hallucinogènes naturels des peuples indigènes. Des poètes comme William Burroughs et Allen Ginsberg ont testé l’ayahuasca et ont décrit leur expérience. Mais ça s’est arrêté là.

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