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PUBLIÉ LE 11/07/2016
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Au fil de l'autre

Véronique Jannot
Michel LAFON
Magazine » Bonnes feuilles

Voir la vie
autrement...

Dans son ouvrage "Au fil de l'autre", Véronique Jannot nous entraine dans ces rencontres et découvertes qui lui ont prouvé qu'il y a des moyens de vivre mieux, ensemble et en bonne santé. Extrait.

Notre esprit est trop actif. Nous sommes éparpillés. Partout, ailleurs et trop rarement « chez soi ». Nous en prenons conscience lorsque nous tombons sur un livre qui soudain fait écho en nous et s’inscrit comme une évidence dans notre ressenti. Nous ne comprenons pas toujours comment les choses sont réellement. Notre interprétation de la réalité est la source de bien des maux. Bien qu’ayant la connaissance ou l’intuition des choses, on se laisse emprisonner par l’esprit. Notre faculté de discernement s’embrouille dans nos émotions parasites. Notre esprit devient confus, notre vue troublée. La manipulation de l’esprit est la cause de la souffrance.
Le problème est vraiment de trop penser. On devrait s’imposer de laisser de temps en temps notre esprit se reposer, libre de crainte ou d’espoir, dans un état neutre, libre même de l’idée de méditer, simplement aussi naturel que l’on peut. Mais il suffit que l’on se dise qu’il faut arrêter de penser pour penser encore plus. C’est en fait une impression. C’est de porter notre attention sur notre activité mentale qui nous donne ce sentiment. Ne vous inquiétez pas, souriez-en. Il n’y a pas d’urgence. Il faut laisser le temps à l’esprit de se calmer, aux impuretés de se déposer, à la brume de se dissiper.


L’impermanence. Accepter le changement.

« Rester ouvert à tous les points de vue, mais ne rester attaché à aucun. Il faut accepter l’incertain. Les solutions surgiront des problèmes, de la confusion, du désordre, et du chaos. L’incertain est un chemin vers la liberté. Dans la sagesse de l’incertain, je trouverai ma sécurité. Rester ouvert au bonheur de l’infinité de choix. Faire l’expérience de la magie et du mystère de la vie. »(Deepak Chopra)

L’adaptabilité est une qualité primordiale à l’évolution de tout notre être. Le bouddhisme parle beaucoup de la loi de l’impermanence de toute chose. C’est une notion qu’il faut toujours avoir à l’esprit. Elle aide à accepter les déconvenues. Elle rend philosophe mais pas fataliste, car si les choses sont en perpétuelle évolution, elles peuvent aussi vous ramener ce qui vient de vous échapper. Peut-être sous une autre forme. Comme par un hasard qui n’a rien d’un hasard…

Comme par un hasard qui n’a rien d’un hasard...

« La vie nous oblige à vivre certaines expériences durant lesquelles nous perdons nos illusions. L’hiver fait partie du chemin vers le printemps. Et sans hiver il n’y a pas de printemps. Faisons-nous de nos échecs un mur ou une porte ? »
Je garde toujours dans mes références ce texte d’un maître tibétain qui illustre tellement bien la nature du changement et combien il est important de l’accueillir. Il était dans mon premier livre. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, il me semble qu’il est important de le découvrir, et pour ceux qui l’ont déjà lu, de le redécouvrir.

« Nous cherchons toujours à échapper aux situations difficiles ou à contourner les obstacles, mais de même que les nuages obscurcissent le ciel, de même contiennent-ils la fertilité nécessaire à la croissance. Quand nous faisons face directement à nos problèmes et les traitons à fond, nous découvrons de nouvelles façons d’être. Nous bâtissons la force et la confiance qui nous permettront de résoudre des difficultés futures ; la vie devient un défi plein de sens nous conduisant à une plus grande connaissance et un plus vaste éveil de l’esprit. Nous découvrons que plus nous apprenons, plus nous croissons intérieurement, plus nous relevons de défis, plus nous gagnons en force et en conscience. Quand nous vivons en accord avec le processus de changement, nous faisons quelque chose de précieux rien qu’en vivant. Il est possible voire facile de passer toute une vie en refusant de prendre la responsabilité de notre propre développement. Nous ne souhaitons pas faire l’effort de changer. Or lutter contre le changement demande un effort encore plus grand. Essayer d’empêcher le changement dans notre vie, c’est comme nager à contre-courant. Cette attitude nous épuise et nous frustre jusqu’à ressentir une impression de défaite qui imprègne doucement notre vie. Au lieu de cela, nous pouvons choisir de profiter de la nature transitoire de l’existence et apprendre à participer au courant dynamique de la vie, en harmonie avec le processus de changement. Changer est naturel et sain, ce n’est ni à craindre ni à éviter. En observant attentivement les changements qui ont eu lieu dans notre vie, nous pouvons voir que le processus de changement est ce qui amène toutes les bonnes choses. Une fois que nous avons compris que le changement agit continuellement en nous, nous pouvons apprendre à utiliser l’énergie du changement pour diriger notre vie. (Tarthang Tulku)

Tout problème peut être une opportunité déguisée. Faites un petit retour en arrière. Si vous êtes à un moment très heureux de votre vie, essayez de vous souvenir de tous les détails qui vous ont amené là. C’est un petit récapitulatif instructif. Je suis sûre que vous serez étonné de voir que c’est peut-être le moment le plus difficile de votre vie (ou en tout cas celui que vous considériez comme étant le plus pénible à vivre) qui vous a mis sur un certain chemin et conduit vers un bonheur. Vous croyez aux miracles ? Je suis certaine que vous allez dire non. Parce que le jour où vous avez souhaité quelque chose très fort, alors que c’était vital pour vous, rien ne s’est passé. Mais en fait qu’en savez-vous ? Peut-être qu’à ce moment précis s’est mis en place l’élément d’un miracle qui n’apparaîtra que plus tard. Vous ne savez pas ce que la vie a décidé pour vous. Parfois aussi on croit souhaiter le changement, mais le conscient peut être en conflit avec le doute et l’incertitude profondément ancrés en vous, ce qui fait que vous ne pouvez pas aller de l’avant. Il est dur de tout identifier de façon infaillible, d’être absolument honnête avec nous-mêmes, d’y voir totalement clair. Les méandres du mental sont un labyrinthe où il est dur de trouver sa lumière. Il faut tenter de positiver, de garder confiance. Je ne dis pas que c’est facile, je dis que l’espoir doit rester dans votre esprit. Dites-vous au plus profond de vous-même que « c’est peut-être un mal pour un bien ». Les vieux dictons ont souvent raison. Mais attention ! Chaque événement est différent, comme chaque personne. Il faut aborder les changements avec un œil neuf, une ouverture. On ne peut pas tout aborder de la même manière. Si l’on utilise de vieilles solutions pour des problèmes nouveaux, on risque d’être déconcerté et découragé. Rien n’est figé, tout est en mouvement, toujours, et rien n’est jamais acquis.

C’est peut-être un mal pour un bien...

Et tant mieux ! Car si le changement nous fait parfois peur, c’est qu’il remet en cause la sécurité que nous croyons avoir acquise. Or certes, la notion de « sécurité » implique une satisfaction passagère mais peut finir par entraîner un genre d’erreur. Tout va bien, votre situation professionnelle est stable, même florissante, votre couple harmonieux. Vos parents vieillissent mais sont encore autonomes, et vos enfants sont en bonne santé. Ça pourrait être l’Éden, mais pas du tout. Alors où le bât blesse-t-il ? Il y a que le cœur réclame bien autre chose : l’enthousiasme, l’élan de la nouveauté, de la création. Le regard neuf, sans cesse renouvelé, donne un véritable sentiment de liberté. J’ai autour de moi plusieurs amis qui ont toujours entrepris dans leur vie. Même une fois la sécurité atteinte, ils continuent d’entreprendre, car c’est dans leur mode de fonctionnement. Souvent avec un engagement un peu différent, que j’appellerais un supplément d’âme. Certains ont eu des moments difficiles, de doute, et ont accepté la nécessité du changement. Ce dernier est souvent salutaire mais forcément il nous inquiète. On préfère tous savoir où l’on pose les pieds, mais on ne le sait qu’en avançant…


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