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PUBLIÉ LE 09/07/2013
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Quand l'impossible arrive

Dr. Stanislav Grof
Editions Trédaniel
Magazine » Bonnes feuilles

Crises psychospirituelles :
des vestiges de vies passées ?

D’après Stanislav Grof, certains états non ordinaires de conscience se manifesteraient sous forme de crises psychospirituelles. L’expérience de son épouse Christina, que Grof relate dans « Quand l’impossible arrive », témoignerait quant à elle d’une grande souffrance vécue dans une vie antérieure.

(...) (L)a vie dans la Maison ronde avait sur nous un impact psychologique très puissant. Entrer en méditation était extrêmement facile ; souvent, je glissais dans un état de transe où je perdais toute notion géographique ou historique, ayant l’impression que notre petit nid était situé quelque part dans un univers archétypal, au-delà de l’espace et du temps. Christina qui, à l’époque traversait sa crise spirituelle, connut là-bas une intensification extraordinaire de son processus intérieur. Un weekend, ses expériences furent aussi fortes que celles induites par une séance psychédélique.

Après un moment de grande anxiété et de sensations physiques désagréables, elle revécut avec force ce qui lui sembla être le souvenir d’une vie antérieure. Elle se retrouva à Salem, une ville située en Nouvelle-Angleterre, dans la peau d’une adolescente sujette à des épisodes d’états non ordinaires de conscience. Ses voisins, des chrétiens fondamentalistes, pensèrent qu’elle était possédée par le diable. Accusée de sorcellerie et jugée par deux magistrats, revêtus de robes cérémonielles, elle fut condamnée à mourir noyée.

Ce souvenir de vie antérieure culmina avec l’exécution de la sentence. Christina se sentit portée jusqu’à un étang, attachée à une planche, puis plongée dans l’eau, la tête la première. Elle put remarquer que l’étang était bordé de bouleaux. Revivant sa noyade, elle se mit à hurler, à étouffer et à cracher beaucoup de mucus, à la fois par la bouche et par le nez. La quantité de sécrétions nasales produites était impressionnante. Lorsque s’acheva l’expérience de Christina, tout le devant de ma chemise de flanelle était imprégné de mucus séché.

Quand nous vivions à Hawaï, Christina souffrait de sinusite et d’allergies aiguës. Elle avait passé de nombreux examens et tests médicaux, et pris divers traitements, dont une série de piqûres de désensibilisation. Ses médecins, frustrés par l’échec de toutes leurs tentatives de guérison, lui avaient finalement suggéré une opération chirurgicale consistant à gratter et à nettoyer la cavité des sinus. Christina avait refusé une alternative aussi radicale et avait fini par accepter sa pénible condition. A la suite de l’épisode où elle avait revécu son jugement et sa mort à Salem, elle découvrit à sa grande surprise que ses problèmes de sinus avaient disparu. (...)

Cet épisode connut une suite très intéressante, de nombreuses années plus tard, quand Christina et moi nous rendîmes à Boston pour y animer un atelier de respiration holotropique. Celui-ci s’achevait le soir et notre avion pour San Francisco ne décollait que le lendemain, en fin d’après-midi. Il nous restait donc une bonne partie de la journée pour faire du tourisme. Nous décidâmes d’appeler Marilyn Hershenson, une amie psychologue, qui avait fait partie du cercle de Swami Muktananda. Nous étions devenus très proches au début des années 1980, lorsqu’elle nous avait aidé à coordonner une grande conférence internationale du transpersonnel, à Bombay. Marilyn, ravie de notre coup de fil, se proposa de passer la journée avec nous et de nous servir de chauffeur. (...)

Comme nous n’étions qu’à quelques kilomètres de Salem, nous profitâmes de l’occasion pour aller visiter la ville, après le déjeuner, avant notre départ pour la Californie. Sur le chemin, Christina demanda à Marilyn, qui avait passé toute son enfance dans ce lieu, s’il y avait un étang dans les environs. Marilyn l’assura que non. Elle prit ensuite une mauvais direction, fait surprenant, puisqu’elle connaissait très bien la ville, et ce détour imprévu nous conduisit à un étang, au bord de l’océan. On aurait dit qu’à l’origine, c’était une baie, qui avait été séparée de l’océan par une vieille digue en pierre.

Christina sortit de la voiture, hagarde. Elle regardait dans toutes les directions, déçue. « Je ne vois pas de bouleaux », dit-elle, en avançant vers l’étang. « Où vas-tu ? » nous lui demandâmes. « Il doit bien y en avoir, par ici », répondit-elle en continuant de marcher. Nous garâmes la voiture pour la suivre. Finalement, de l’autre côté de l’étang, Christina découvrit un bouleau, le tronc brisé et les branches immergées dans l’eau. « Vous voyez, ils se trouvaient là, s’exclama-t-elle, celui-ci est sans doute le dernier. »

De retour à la voiture, nous décidâmes de visiter le tribunal où avaient eu lieu les procès. En route, Christina raconta à Marilyn qu’elle avait identifié les deux juges de sa vie passée comme étant son ex-mari et son père dans son existence actuelle. « Mais il n’y avait qu’un seul juge, au procès ! » objecta Marilyn. « Il y avait deux juges ! » insista vivement Christina. Le tribunal était fermé. A la porte d’entrée se trouvait une grande plaque, décrivant les procès, qui confirma à Christina que deux juges participaient bien aux procès de Salem.

Avant de revenir à la voiture, j’achetai dans un magasin de souvenirs une petite brochure sur Salem où étaient racontés les procès de sorcellerie. (...) L’information la plus intéressante découverte dans cette brochure touristique était que l’ancienne Salem, où s’étaient déroulés de nombreux évènements historiques, s’appelle aujourd’hui Danvers. Ce fut pour nous un choc, car Danvers était la ville où nous avions tenu, en 1978, une grande conférence de l’International Transpersonal Association. C’est là que nous avions présenté, pour la première fois, le concept d’ « émergence spirituelle », signifiant que de nombreuses manifestations d’états non ordinaires de conscience – que les psychiatres classiques qualifient de psychose et traitent souvent avec des méthodes radicales, telles que le coma à l’insuline et les électrochocs – sont en réalité des crises psychospirituelles. (...) Cette synchronicité incroyable nous stupéfia. Parmi tous les emplacements possibles pour cette conférence, c’était sur le site même de son ancienne incarnation et à son insu, que Christina avait présenté, avec moi, notre plaidoyer contemporain en faveur d’un changement radical d’attitude à l’égard des états non ordinaires de conscience. Et sa souffrance et sa mort, dans cet épisode karmique, étaient dues à une incompréhension et à une mauvaise interprétation de ces états. (...)

L’existence de souvenirs de vies antérieures, aux caractéristiques remarquables, est un fait indiscutable que peut vérifier tout chercheur sérieux, à l’esprit suffisamment ouvert, disposé à étudier ces éléments. De même, il est clair qu’aucune explication plausible à ces phénomènes n’existe dans les limites du cadre conceptuel de la psychiatrie et de la psychologie officielles. Si elles ne constituent pas nécessairement une « preuve » irréfutable que nous survivons à la mort et que nous nous réincarnons en tant que même unité de conscience distincte, ou même âme individuelle, toutes ces données impressionnantes posent néanmoins un défi conceptuel formidable à la science traditionnelle et ont le potentiel d’en faire éclater le paradigme actuel. Pour avoir observé des centaines d’expériences de vies antérieures et en avoir connu de nombreuses moi-même, je ne peux qu’être d’accord avec Chris Bache quand il dit que « les données concernant ce sujet sont si riches et si extraordinaires que les scientifiques qui ne considèrent pas que le problème de la réincarnation mérite une étude sérieuse sont soit non informés, soit bornés. » (Bache, 1988)


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