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Vendredi 27 Juillet 2012 / Par la Rédaction
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Lu sur Atlantico.fr

L'indice du bonheur

L'émergence de différents indicateurs sur le niveau de bonheur de la population présagerait-elle un changement de société ? L’indice du bonheur, cet outil économique moins aberrant qu’il n’y paraît.
© Little Thoughts
Le très sérieux Office National des statistiques (Office for National Statistics, l’équivalent britannique de l’INSEE) vient de publier une étude qui révèle que les Anglais évaluent leur niveau de bonheur, en moyenne, à 7,4 sur une échelle de 10.

Si de prime abord cette enquête pourrait peut-être prêter à sourire, s’en contenter reviendrait à nier le mouvement de fond qui secoue la communauté des citoyens et des intellectuels chargés de penser l’avenir de l’humanité. En effet, auparavant, seul le critère économique semblait pertinent pour mesurer le taux de développement d’un pays, au point que le progrès a trop rapidement été assimilé à la croissance.

Face à ce « tout économique », des voix ont tenté de se faire entendre. En s’ouvrant aux autres cultures et en scrutant les bonnes pratiques de l’étranger, il est apparu qu’il était possible, et même souhaitable, d’intégrer d’urgence et au premier chef, la notion de développement humain. Mais comment mesurer ce qui est certainement l’un des sentiments les plus subjectifs qui soient ?

Certaines études, comme celle citée, s’intéressent au bonheur individuel, mais ce dernier diffère, par définition, d’un être humain à un autre.

Toutefois, d’autres méthodes statistiques semblent plus pertinentes pour juger du taux de bien-être d’une nation. Le Bhoutan, petit pays asiatique de moins d’un million d’habitants, a ainsi développé depuis 1972 la notion de Bonheur National Brut, qui est un indice compilant 72 indicateurs objectifs du bonheur, comme l’accès aux structures de soins ou à l’eau potable. Ce BNB est inscrit dans la constitution bhoutanaise et sert de principe directeur à l’ensemble de l’action politique. Autrement dit, les autorités publiques sont liées par l’obligation de contribuer au bien-être de leurs citoyens.

Cette initiative n’est pas orpheline. D’autres tentatives de définition du niveau de vie d’une nation coexistent comme l’Indice de développement humain (IDH), l’Indice de bonheur mondial (IBM), le Produit Intérieur Doux, le Bonheur Intérieur Net ou la Dépense intérieure dure... et même d’une data base mondiale à l’université Erasmus de Rotterdam.

Loin d’être des billevesées, ces mesures du bonheur ont même fait l’objet, en septembre dernier, des Premières Assises Internationales du Bonheur, à Sète, sous l’égide de l’Observatoire International du Bonheur.

La communauté scientifique, d’abord réticente à changer de paradigme, s’ouvre de plus en plus à cette nouvelle façon de concevoir le développement. Pour preuve, l’Organisation des Nations Unies a tenu, les 2 et 4 avril derniers, une conférence sur le Bien-être et le Bonheur durant laquelle un rapport sur le bonheur mondial a été rendu public.

L’heure est à la prise de conscience et au « connais-toi toi-même » : savoir si l’on est ou non heureux permet, en creux, de définir ce qu’il faut et ce que l’on peut améliorer. Ce constat, valable à l’échelle de l’individu, est tout à fait transposable à celle d’une ville ou d’une nation. Il s’agit alors de combler les manques exprimés par les indicateurs du bien-être et de persévérer dans ce qui s’avère clairement positif. A titre d’exemple, un niveau de bonheur bas en raison d’un score pauvre en matière d’accès aux services publics devrait et devra un jour inciter, voire obliger, les autorités à améliorer considérablement l’offre en la matière.

Mesurer le bonheur, c’est donc bien autre chose que se pencher sur les vicissitudes de chacun. C’est, déjà peut-être, la manière de définir les attentes et les objectifs que nos gouvernants devront remplir à l’avenir. Mesurer le bonheur revient alors à déterminer le sens du progrès.

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