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© Mélanie Hr
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PUBLIÉ LE 10/03/2015
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
Magazine » Témoignages

Quand l'invisible
s'invite dans nos vies...

Nos perceptions semblent parfois nous transmettre des informations déroutantes, au-delà de ce que la raison peut envisager. Il est ensuite difficile de les partager, par peur du jugement. Lors de ses groupes de parole et d'échange, l'INREES vous écoute et vous donne la parole. Rencontres.

Expérience de mort imminente, vision de défunt, sortie hors du corps, rêve prémonitoire, expérience chamanique, possession et hantise, perception extrasensorielle, etc. Les expériences extraordinaires prennent la plupart du temps des formes peu habituelles, voire incompréhensibles du point de vue des connaissances scientifiques actuelles. Elles nécessitent d’être abordées à la fois avec rigueur, méthode, respect, et sans jugement.


Projection privée


"5 heures du matin, je ne dors pas, je suis très détendue, les yeux fermés, je voudrais me rendormir. Je me remémore les mots d’un ami, qui, la veille, m’a dit : « Certaines personnes ont des facultés de clairvoyance et de télépathie. » à ce moment précis, je sens comme une vibration dans ma colonne vertébrale, et un film (comme un film en super-8) commence à être projeté devant mes yeux fermés. Je me dis que je dois rester calme, ne pas paniquer et regarder les images ! Il y a d’abord une séquence très brève, sans intérêt où je vois une voiture rouler sur le chemin, près de la maison de mes parents. Une seconde séquence commence. Je vois ma mère, marchant lentement, entourée de nombreuses personnes : elle est dans un hôpital. Elle s’allonge et je vois qu’elle est blessée derrière la tête. En même temps que les images défilent, je ressens quelque chose de très fort, difficile à décrire, jamais ressenti avant : un sentiment de confiance et de paix. J’interprète aussitôt ces images : ma mère va se blesser à la tête, mais cela ne sera pas grave, tout va bien se passer…
3 mois plus tard, le diagnostic tombe : ma mère a une tumeur au cerveau, à l’arrière du crâne. Elle n’a que quelques mois à vivre. Je me suis littéralement accrochée à ce sentiment profond de paix et de confiance : tout allait bien se passer. Grâce à cette expérience, je suis restée forte et confiante pour accompagner ma mère dans sa fin de vie."
- Armelle


Des triangles inquiétants


"J’avais 10 ans quand j’ai demandé l’autorisation à mes parents de me rendre à la fête foraine sur la place du village. Nous sommes montées, mon amie et moi, dans les autos tamponneuses et, frivolement, nous nous amusions. J’étais complètement détendue dans la voiture et je n’ai donc pas pu amortir le choc (en maintenant mes bras sur le volant) quand une voiture est arrivée en trombe derrière nous pour nous percuter. Mon nez a cogné contre le volant. Je me suis retrouvée au-dessus du chapiteau. Mon attention a été attirée par le propriétaire de l’attraction qui, ayant vu ce qui venait de m’arriver, jura en pensée : « P… de m… ! J’espère qu’elle n’a rien car je ne veux pas de problèmes avec l’assurance. » Je ne comprenais pas pourquoi il m’en voulait : je n’avais pas conscience que mon corps était inerte puisque je percevais le propriétaire ; j’ai ensuite dirigé mon attention au-dessus du chapiteau pour constater qu’il y avait un papier sale gisant là. Puis, je me suis retournée et là j’ai vu deux figures géométriques, des triangles vivants qui m’attendaient. J’ai eu très peur car ils étaient sarcastiques et semblaient s’amuser de mon désarroi. Ma décorporation s’est arrêtée net à ce moment-là, lorsque je me suis réveillée dans la voiture le nez en sang. Je suis consciente que mon récit n’est pas très consistant par rapport à d’autres qui sont beaucoup plus complets. Mais 36 ans après, je m’en souviens encore comme d’un événement perturbant."- Sophie


Que faire des messages ?


"Je reçois des messages très nombreux de personnes qui, ayant quitté leur vie terrestre, se manifestent sous forme de présences et de flashs, surtout dans les rêves. Cela arrive que je les connaisse de très loin ou bien pas du tout ! Mais que faire de ces messages ? J’ai appris qu’il valait mieux, parfois, les garder pour moi.
Récemment, je me trouvais dans la cuisine, proche d’un petit balcon à porte vitrée fermée, et je discutais avec ma fille. J’étais légèrement tournée vers le balcon quand tout à coup, j’ai ressenti deux présences : un monsieur presque blond, d’environ 30 ans, et une petite fille blonde, d’environ 5 ans. Le monsieur semblait assis comme sur une chaise, la petite fille était débout. Ils semblaient me désigner en me regardant.
J’obtins la réponse une semaine plus tard. J’avais la garde d’un petit chien, car son maître était hospitalisé. Son amie passa me voir pour organiser la garde du chien. Au bout d’une demi-heure, cette dame décide de s’en aller, et se dirige vers la porte. Puis elle revient vers moi, et me confie sans que je sache pourquoi qu’elle a perdu son mari et sa petite fille dans un accident de voiture, il y a de cela 30 ans. Je précise qu’elle avait 60 ans et que sa fille était blonde. Je ne lui ai rien dit, certaines formes de vérité ne pouvant se traduire."
- Agnès


Savoir s’écouter


"Je suis infirmière. Je travaille cette nuit-là en service d’oncologie court séjour. Il est 4 heures du matin. Je suis assise, seule, dans le silence, à mon bureau dans le poste infirmier. Une sorte de scénario, ou de visualisation très brève, apparaît à ma conscience : la patiente de telle chambre se lève pour aller aux toilettes. Elle est fatiguée par les traitements et va malencontreusement perdre l’équilibre. Je visualise sa perfusion arrachée par la chute, et le pied à perfusion au sol. Je ne m’attarde pas sur cette pensée lourde de conséquences, préférant me dire que je suis fatiguée par cette nuit de travail. Je poursuis les soins auprès des autres patients. Vers 5 h 30, lors d’un moment de silence et de répit dans le poste infirmier, j’entends un bruit très fort. Je me dirige alors directement, sans réfléchir, vers la chambre où j'avais visualisé « la catastrophe ». La patiente s’est levée pour aller aux toilettes et a chuté. Sa perfusion est arrachée et le pied à perfusion est au sol. Elle ne présente ni lésions, ni fractures. S’agissait-il d’un phénomène de mise en garde ? Certains soignants peuvent développer des ressentis et/ou des perceptions au contact des malades au cours de leur parcours professionnel. Ces expériences contribuent à améliorer leurs capacités de réaction en cas de problème."- Sandrine


Sentiment d’exaltation


"J’ai perdu un fils en 2001 et quelque temps après, alors que j’étais assise à mon bureau avec vue sur une rue en face, j’ai vu une lumière. Je me suis demandé à quoi cela pouvait bien correspondre. Quand j’ai quitté mon bureau, j’avais le sentiment d’être débordante d’amour et j’avais envie de prendre les gens que je croisais dans mes bras. Je n’ai jamais revu cette lumière et ce sentiment s’est estompé. J’ai depuis été diagnostiquée bipolaire, mais je ne peux me résoudre à assimiler cette manifestation à une pathologie."
- Elisabeth


Nicolas Dumont
Psychologue clinicien, psychothérapeute, thérapeute en respiration holotropique et formateur

"Sachez tout d’abord qu’une expérience seule ne peut témoigner par elle-même d’une pathologie : ce n’est pas parce qu’on pleure qu’on est dépressif… En revanche, il arrive que des états pathologiques ouvrent sur ce type d’expérience. Ne dit-on pas que seuls les vases fêlés laissent passer la lumière ?
En dehors du spectre habituel des expériences repérées comme pathologiques, on trouve différents noms pour qualifier une expérience comme celle dont vous témoignez : apparition ou vision mystique, expérience numineuse (caractère sacré), expérience transpersonnelle (identité personnelle)... Il faut savoir que ce type de visions de lumière est souvent associé à un sentiment d’amour profond et intense qui amène généralement à un désir de partage et une impression de gratitude envers la vie. Il n’est pas rare que les personnes vivant ces expériences aient envie d’extérioriser leurs sentiments : c’est une réaction normale et profondément humaine, mais elle peut nous mettre en décalage avec les autres et la réalité. Ce sentiment d’exaltation, si on est dans une période dépressive, peut aussi nous faire basculer dans une extrémité maniaque, car alors l’expérience nous fait décrocher dela réalité matérielle."



Poursuivie par les esprits


"J’ai fait appel aux esprits avec une amie pour m’amuser. Mais depuis, je n’arrive plus à dormir la nuit, je me sens observée. Un soir, un objet de mon salon s’est mis en marche tout seul. Peut-on être « suivie » après une séance de spiritisme ?"- Marie


Dominique Bernon
Infirmier psychiatrique

"Ce que vous relatez semble participer d’expériences « innocentes », faites par des personnes gnorant ce qu’elles peuvent provoquer. Il est possible que vous vous soyez exposée à des conséquences indésirables, sans gravité excessive, rassurez-vous. Essayons de comprendre les mécanismes simples que vous semblez avoir mis en action. Vous avez appelé des forces énergétiques qui ont profité de l’aubaine pensant que vous les invitiez à jouer. Comme lors des jeux avec les nfants, il faut déterminer le début du jeu et la fin, sinon le jeu ne s’arrête plus et peut dégénérer. Que faire maintenant ?
Vous pourriez demander gentiment mais fermement à ces « forces énergétiques joueuses » de vous laisser tranquille. Faites-le dans une ambiance lumineuse. La force de l’intention qui vous animera sera importante et déterminante. Cela nécessitera peut-être que vous le répétiez plusieurs fois. Je souhaite naturellement que cette technique vous apporte la tranquillité que vous êtes en droit de désirer. Dites-moi si cela fonctionne. Dans le cas contraire, nous envisagerons d’autres solutions."


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