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PUBLIÉ LE 03/02/2014

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Jacques Franck :
Dans la peau de Léonard de Vinci

Jacques Franck entretient depuis son plus jeune âge une étrange intimité avec Léonard de Vinci. Comment expliquer ce lien privilégié ? Portrait d’un homme qui a suivi le fil mystérieux de son destin.

Reconnu dans le monde entier comme l’un des meilleurs spécialistes de Léonard de Vinci, Jacques Franck trouble autant par la force de son parcours que par sa justesse. Son immersion presque surnaturelle dans l’art du génie italien pourrait faire sourire, si elle ne lui avait permis d’être le premier à percer le secret de sa technique. Génie ? Réincarnation ? Capacités extrasensorielles ?

Elle semble nous écouter avec douceur et bienveillance. Elle, c’est la Sainte Anne, du moins la reproduction qu’en a faite Jacques Franck, d’après un tableau de Léonard de Vinci. Une reproduction d’une telle perfection que bien des experts en sont restés songeurs. « Ce dessin est le fruit de 3 000 heures, soit 3 ans de travail », précise l’artiste. Un tel engagement ne le trouble pas. « Qu’est-ce que ce temps passé par rapport à ce que la recherche de justesse peut nous enseigner ? Léonard de Vinci ne comptait pas ses heures. Monna Lisa lui a pris 10 ans de sa vie. »
Depuis son plus jeune âge, Jacques Franck se fond lui aussi dans ses œuvres. Il a 7 ans lorsqu’il tombe pour la première fois sur la Joconde. Immédiatement, c’est le « choc », une « possession instantanée » de tout son être. Sans jamais avoir entendu parler du génie italien, le garçonnet se dit, « dans un mélange d’intuition et de certitude », qu’il est devant « l’œuvre supérieure par excellence ». Extraordinaire sens esthétique pour un enfant de cet âge ! « Je n’aurais peut-être pas adhéré à d’autres formes d’art », précise-t-il. Avec la peinture florentine, il ressent « une affinité absolue, indiscutable », teintée d’une étrange impression de familiarité – comme si l’œuvre de Léonard faisait partie de lui. Ce sentiment ne le lâchera plus.


L’appel de Léonard


Un autre fait s’impose au petit Jacques : il doit dessiner. « C’était ça ou mourir. » Sa mère l’encourage, lui offre un manuel d’apprentissage. « Cette femme sensible et très cultivée était passionnée d’art italien. Peut-être l’avais-je choisie avant de naître ! », plaisante-t-il. L’enfant s’y plonge avec passion, jusqu’à décider de copier le plus parfaitement possible La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci, dût-il y passer des heures, assis devant sa feuille sans manger. « Pour moi, le problème était technique. C’est la base de l’art. J’étais résolu à aller jusqu’au bout, sans autre question. » Faisant preuve d’une discipline et d’une ténacité dignes des plus grands, l’enfant exhibe 12 heures plus tard un dessin d’une étonnante maîtrise. Cette capacité à entrer dans des états de concentration absolue, elle non plus, ne le quittera plus. « Rarement mes élèves parviennent à me suivre, sourit-il. Au départ, c’était un effort que j’exigeais de moi-même. » Mais à force de pratique, il comprend que dans « cette énergie tendue au service de la perfection », dans cette patience, cette lenteur, cette attention totale de l’esprit « à ce qu’il fait, au moment où il le fait », se niche autre chose. « Je sentais que j’entrais dans un univers de lumière, confirme-t-il. Et que je ne pouvais avoir atteint un tel niveau, avec une telle détermination, sans qu’il y eût une prédestination, un sens unique du point de vue du destin. » ...

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