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PUBLIÉ LE 18/10/2016

A RETROUVER DANS

Inexploré n°32

Coopérer, en route vers demain

LE LIVRE À LIRE

Le vivant comme modèle

Gauthier Chapelle, Michèle Decoust
Albin Michel
Magazine » Enquêtes

La nature nous inspire

Les excès de la vie moderne ne sont plus écologiquement soutenables. Notre environnement, riche de solutions alternatives, peut heureusement nous amener à expérimenter
et à voir le monde autrement.

Les scientifiques ont découvert que les arbres et les champignons entretiennent une relation symbiotique via leurs racines et leurs longs filaments – le mycélium. Cette découverte donne en soi matière à réflexion : deux espèces différentes collaborent ainsi pour un meilleur développement respectif. « Cette association repose sur la capacité de l’arbre à photosynthétiser des sucres qui seront partagés avec le champignon, et sur celle du réseau mycélien du champignon à explorer le sol [...] afin de récolter pour tout le monde l’eau et les sels minéraux nécessaires », indique le docteur en biologie Gauthier Chapelle, coauteur avec Michèle Decoust du livre Le Vivant comme modèle, La Voie du biomimétisme.

Mais ce n’est pas tout. Un deuxième niveau d’information révèle que les filaments mycéliens sont interconnectés et s’étalent sur de larges surfaces. Si bien que chacun de nos pas lorsque nous marchons dans une vieille forêt surplombe l’équivalent de « 500 kilomètres de ces filaments fongiques », signale le biologiste. On pense même qu’avant que l’homme n’intervienne, il existait un réseau mycélien continu depuis l’océan Atlantique jusqu’au Pacifique – en Amérique du Nord ou en Eurasie. Voilà pourquoi le mycélium est surnommé « l’Internet de la forêt » par Paul Stamets, un biologiste américain spécialiste des champignons. Il permet aux arbres de communiquer entre eux. C’est impressionnant. Que dire alors des recherches de Suzanne Simard ? Au troisième niveau d’information : cette botaniste canadienne a mis en évidence que grâce à ce mycélium, les arbres les plus forts soutiennent les plus faibles en leur envoyant des substances nutritives. Ce transfert s’effectue entre membres de la même espèce, mais pas que. « Les botanistes ont aussi démontré qu’un même réseau mycélien pouvait effectuer des transferts de sucres entre arbres d’espèces différentes, suivant les conditions du moment. C’est ainsi qu’en fonction de la lumière et de la saison, les flux de sucres entre bouleaux et pseudotsugas n’ont pas toujours la même direction. De même l’aulne, un des rares arbres capables de fixer l’azote, en redistribue une partie », complète Gauthier Chapelle. Les arbres s’entraident, se rendent la pareille. Avons-nous à réapprendre à contempler la nature pour nous en inspirer ?


Le lien, mieux que la rupture


Notre culture, encore sous l’influence des interprétations excessives de la théorie de l’évolution de Darwin, tend à analyser la nature à travers la fameuse « loi du plus fort ». ...

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