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PUBLIÉ LE 16/06/2015
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
Magazine » Bonnes feuilles

La vie... et au delà

Préfacé par le Dr Raymond Moody, ce dernier ouvrage d'Annie Kagan présente une histoire vraie des plus passionnantes. "La vie de Billy Fingers dans l'au-delà" porte un regard plein de sagesse, d'humour et d'espoir sur les petits signes de nos proches disparus.

"Au cours de ces dernières années, j'avais tout fait pour venir en aide à Billy : hôpitaux, réinsertion, psychiatres, centres de traitement, à la méthadone. En vain. Son combat était comme un trou noir qui m'attirait dans son chaos. Je lui proposais chaque semaine un médicament différent et consultais les médecins les uns après les autres. Je finis par le supplier : "Je ne peux plus le supporter! S'il te plait, cesse de m'appeler!" Mais il n'arrêtait pas. Il ne le pouvait pas. Alors, au lieu de parler, nous finissions tous deux par pleurer et hurler l'un sur l'autre. Un jour, il cessa vraiment d'appeler. Et maintenant, il était parti.
Trois semaines de misère post mortem et d'auto-récrimination plus tard, c'était mon anniversaire. Juste avant le lever de soleil, alors que j'émergeais du sommeil, j'entendis quelqu'un prononcer mon nom au-dessus de moi.
Annie! Annie! C'est moi! C'est Billy!
C'était indubitablement la voix profonde et tendre de Billy. J'étais stupéfaite, mais n'éprouvais aucune peur. En fait je me sentais réconfortée.
" Billy? dis-je à moitié endormie. Tu ne peux pas être là. Tu es mort. Je dois être en train de rêver."
Tu ne rêves pas. C'est moi! Lève-toi et prends ton carnet rouge.
Je fus soudain tout à fait réveillée. J'avais complètement oublié le carnet de cuir rouge que Billy m'avait expédié l'année précédente pour mon anniversaire. J'avais été touchée qu'il ait fait l'effort de m'envoyer un présent, même si j'étais accablée par ses addictions.
Je bondis du lit et trouvai le carnet rouge sur une étagère de ma penderie. Les pages étaient blanches, excepté l'inscription sur la première page :

Chère Annie,
Chacun a besoin d'un livre qui lui soit dédié.
Lis entre ces lignes.
Avec tout mon amour,
Billy


Que ces mots étaient bizarres venant de Billy!
Lis entre les lignes ? Je passai les doigts sur l'écriture familière. Puis je l'entendis de nouveau.
C'est vraiment moi Annie. Ca va bien parce que..
Je saisis un stylo et écrivis ce qu'il disait dans le carnet rouge.

La première chose que l'on ressent est la félicité; c'est du moins ce qui m'est arrivé. je ne sais pas si c'est pareil pour tous ceux qui meurent. Au moment où la voiture me heurta, cette énergie est arrivée et m'a attiré hors de mon corps dans un monde supérieur. J'emploie le mot "supérieur", car j'ai eu la sensation de m'élever, et d'un seul coup, toutes mes douleurs avaient cessé.
Je ne me souviens pas avoir flotté au-dessus de mon corps, ni l'avoir regardé, ou toutes ces choses. Je suppose que j'étais très impatient de partir d'ici. J'ai su tout de suite que j'étais mort et l'ai accepté, plus que préparé à ce qui m'attendait.
Je n'avais pas conscience de voyager à une vitesse particulière. Je me sentais simplement léger et déchargé de tout fardeau, tandis que la force d'aspiration m'attirait vers une chambre de lumières épaisses d'un bleu argenté. (...) Bien que je n'aie plus mon corps habituel, j'avais l'impression d'en avoir et qu'il était guéri. Les lumières de la chambre me pénétrèrent et me permirent de me sentir de mieux en mieux au fur et à mesure qu'elles me tiraient vers le haut. Non seulement les blessures dues à l'accident de voiture guérirent, mais à la première nanoseconde où je fus touché par les lumières, celles-ci soulagèrent tous les maux dont j'avais souffert toute ma vie : physiques, mentaux, émotionnels, et autres. (...) Je regarde vers la terre, elle est en bas. C'est comme s'il y avait un trou dans le ciel, un trou entre nos deux mondes, par lequel je peux regarder et te voir. Je sais combien tu es triste de ma mort. Triste est un mot bien faible. Abandonnée conviendrait mieux. Cependant, la mort n'est pas aussi sérieuse que tu le penses, mon chou. Jusqu'ici, c'est très agréable. En fait, ce ne pourrait aller mieux. Essaie de ne pas prendre la mort aussi sérieusement. Tu t'amuserais bien plus. C'est l'un des secrets de la vie. Veux-tu en connaître un autre ? Dire au revoir n'est pas non plus aussi sérieux que cela paraît, parce que nous nous reverrons.


Aussi soudainement qu'elle était venue, la voix de Billy disparut. J'étais assise sur mon lit, le carnet rouge reposant contre mes genoux, les premières pages remplies des mots de Billy avec mon écriture. Avais-je simplement imaginé sa voix ? Peut être. Mais d'où venaient ces mots ? Ils ne m'appartenaient définitivement pas."


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