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PUBLIÉ LE 01/07/2015
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Libérez votre enfant intérieur

Marie-France et Emmanuel Ballet de Coquereaumont
Albin Michel
Magazine » Bonnes feuilles

Libérez votre enfant intérieur

Qu'est devenu l'enfant débordant d'imagination que nous étions ? Dans leur dernier livre, Marie-France et Emmanuel Ballet de Coquereaumont nous proposent de partir en quête de notre être authentique.

"Un proverbe soufi dit : "Je suis parti en quête de Dieu et n'ai trouvé que moi. Je suis parti en quête de moi et n'ai trouvé que Dieu." Il peut sembler surprenant d'évoquer Dieu ; pourtant, l'archétype de Dieu fait partie de notre monde intérieur, au delà de toute connotation ou croyance religieuse. L'image de Dieu, d'un point de vue psychologique, est un symbole de la totalité psychique, c’est à dire du Soi. Jung explique qu’ « on ne peut considérer l’image de Dieu (…) comme un reflet du Soi, ou inversement, voir dans le Soi une Imago Dei in Homine (une image de Dieu dans l’homme) ». Notre rapport avec l’image de Dieu revêt une grande importance pour comprendre et intégrer ce que signifie être un bon parent pour soi.

A la fin du « Silence du dieu Khymbo », les hommes sont séparés du Divin. Cette vérité absolue et éternelle est celle de l’abandon originel. Dans la vie quotidienne, cette sensation d’être séparé de peut être vécue dans la relation à un parent, un conjoint, un ami, etc., mais à chaque fois derrière les situations d’abandon toxique se tapit l’abandon originel. Pour pallier cette coupure spirituelle fondamentale, nous avons construit Dieu à notre image. Dieu tel que nous le concevons n’est, la plupart du temps, qu’une projection de notre conception intérieure mystifiée par nos blessures et nos sentiments refoulés. Ainsi notre relation au divin et à notre essence spirituelle est faussée et limitée. Le Dieu que nous imaginons est symboliquement l’image du Parent par excellence. En nous vivant séparés de lui, nous attendons tout de lui (même si nous ne croyons pas en lui) tel l’enfant adapté en nous qui compte totalement sur son parent idéalisé. Nous gardons le secret espoir de voir surgir un sauveur. La conséquence est qu’adultes, nous restons persuadés que l’extérieur va répondre à notre sentiment de vide et d’insatisfaction permanents. Nous espérons puérilement que la vie soit en tout ce que nous voudrions qu’elle soit. Nous dissimulons notre honte toxique derrière notre désir de contrôle et de pouvoir. Nous vivons encore séparés de, en attente de l’extérieur, et nous fuyons peu plus notre intériorité, c’est à dire notre enfant intérieur. C’est le signe de notre faillite spirituelle, une perte de sens.

Lorsque nous apprenons à être de bons parents pour nous-mêmes, notre regard se détourne de l’extérieur pour répondre à l’appel de notre intériorité. Nous cessons de nous prendre pour Dieu ou de créer Dieu à notre image, nous le ramenons en nous pour l’intégrer intimement. Nous retrouvons un lien sacré avec tout ce qui nous entoure. Nous apprenons à être les cocréateurs de notre réalité, des adultes entiers et réconciliés à l’écoute de leurs élans créateurs. Alors seulement, nous pouvons commencer à accueillir la séparation originelle et nous abandonner sainement dans les bras de « l’inconnu » comme nous encourage à le faire le célèbre médecin et conférencier américain Deepack Chopra : « Ouvrez les bras à l’inconnu. Chérissez-le aussi tendrement qu’un bébé qui vient de naître. Lui seul se soucis vraiment du destin de votre âme. Vénérez-le comme ce qu’il y a de plus sacré, acceptez-le pleinement et vous toucherez au but car Dieu vit dans l’inconnu et vous y attend. »

L’enfant intérieur nous encourage à plonger dans l’inconnu, à être en interrelation avec le Soi. Objet de crainte et de fascination, cet enfant ouvre une voie nouvelle, celle d’un retour à soi et chez soi. Evitons de nous perdre dans un rationalisme étroit qui rejette le Soi et l’incommensurable mystère de l’existence ou dans une pseudo-spiritualité qui fait l’éloge dangereux de la destruction du moi. Un bon parent veille au bien de son enfant intérieur. C’est un adulte avec un moi entier, solide, bien organisé, qui laisse émerger de son inconscient tous les élans créateurs. Il est capable d’exprimer et de concrétiser ses richesses intérieures. Il est le cocréateur de sa vie.

Pour manifester pleinement notre dimension créatrice, franchissons une nouvelle marche en apprenant à nous détacher de notre fonctionnement mystifié, du faux moi que nous croyons être à tort notre véritable nature."


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