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Nov.

© Tristan Abgrall
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PUBLIÉ LE 26/10/2015
Magazine » Agenda

Murmurer pour la Terre

Le 30 novembre prochain, débutera à Paris
la Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques.
Et si vous faisiez entendre votre voix ?

Pas facile de donner un écho citoyen à ce genre de manifestation, se dit-on. Comment s’en emparer ? Comment faire entendre sa voix ?
Bertrand Pierre est musicien. Chanteur. Art-thérapeute. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais si vous étiez enfant, ado ou adulte dans les années 1990, son visage ne vous est pas inconnu. Pendant 7 ans, il a été l’un des piliers du groupe Pow woW, un quatuor de chant a capella. 20 ans plus tard, l’artiste met son talent au service des autres. Pour le ministère de la justice, cet amoureux de poésie intervient en maison d’arrêt ou en milieu ouvert, « à partir d’une technique inspirée des griots subsahariens, qui consiste à revisiter le parcours de quelqu’un comme s’il était un héros mythique, explique-t-il. Par ce biais, on déprogramme les scénarios pathogènes et on améliore l’estime de soi ».
Bertrand Pierre n’en a pas pour autant fini avec la musique. Intuitif, curieux, en recherche de toujours plus de profondeur et de sens, il s’intéresse au chant spontané, aux vibrations qui guérissent. Il y a trois mois, une sonorité s’impose à son oreille. Wishper. « On aurait dit de l’anglais, mais comme je ne maîtrise pas bien cette langue, je n’en comprenais pas la signification », raconte-t-il. Il cherche. Découvre que wish veut dire « souhait », et whisper « murmure ».
L’injonction est tenace ; une idée germe. Et s’il demandait aux gens d’unir leurs voix dans le murmure d’un souhait pour la Terre ? La conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques débute à Paris le 30 novembre, c’est le moment.

Il y a quelques années, Bertrand Pierre avait reçu en rêve l’idée de partir à la recherche de 5 ou 7 voix, dans différentes peuplades, du Cameroun à la Mongolie, et de les réunir pour un chant a capella sous la pleine lune. Le projet n’avait pas abouti.

Ce dont nous avons tous besoin, c’est de liens affectifs, de liens sociaux et de liens avec la nature.

Par sa dimension participative et citoyenne, Wishper lui donne aujourd’hui un écho supérieur.
« L’objectif est que chacun s’en empare, que d’autres artistes s’y joignent, que tous ceux qui le désirent y apportent quelque chose de leur culture, sur la base d’une tonalité commune, poursuit le musicien. C’est l’élan de création d’un rituel universel, fédérateur et solidaire. C’est le partage d’une intention pour la Terre, avec la Terre – qui a elle-même sa vibration. Comme Pierre Rabhi, je crois que ce dont nous avons tous besoin, c’est de liens affectifs, de liens sociaux et de liens avec la nature dont nous faisons partie », pour retrouver un « enchantement collectif » et recréer une « symphonie ».
L’appel est lancé ; à nous de jouer. Chez soi, au boulot, seul ou en bande, au sein d’une classe, d’une chorale, d’un orchestre, d’un cours de méditation, d’un paysage sublime, d’une HLM ou d’une salle de réunion, organisons-nous, posons l’intention, murmurons, filmons, partageons…
D’ores et déjà, Bertrand Pierre a obtenu le soutien du réseau parisien des Colibris. D’ores et déjà, des Wishpers se mettent en place dans une maternelle de région parisienne, des collèges de Zep, des écoles de Normandie, du Sénégal, du Burkina Faso et du Mali. D’ores et déjà, des artistes comme Matthias Duplessy et ses « violons du monde » entrent dans la boucle. La magie des réseaux sociaux fera – espérons-le – le reste, afin de faire entendre nos voix, symboliquement, le 30 novembre.
« Et ensuite, précise Bertrand Pierre. Je ne veux pas que cet événement soit un feu d’artifice qui pète une fois puis retombe en fumée. On peut continuer à créer quelque chose de beau, ensemble, pendant la Conférence, à sa clôture, puis à chaque rendez-vous important pour la Terre. »

Face à l’ampleur du problème, murmurer est-il suffisant ? N’est-ce pas une goutte d’eau dans l’océan ? « Chanter, ne serait-ce que deux minutes par jour, a des bienfaits, rappelle Bertrand Pierre. A titre individuel, c’est une bouffée d’oxygène pour le cerveau. Lorsqu’il est collectif, le chant induit un sentiment de sécurité, d’appartenance et de bien-être. Quand nous mêlons nos voix, nous sommes en vie, nous sommes en lien. » Comme le dit un proverbe soufi, « quand plusieurs personnes chantent ensemble, les harmoniques de leurs âmes se rejoignent pour former une trame aussi chatoyante que la soie »
Sans oublier qu’une intention, « selon les principes de la physique quantique, a le pouvoir de se propager et d’avoir une action sur la réalité », rappelle Bertrand Pierre. Plus nous serons nombreux à nous unir dans la même, plus sa résonance sera forte, plus son murmure fera du bruit.

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