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© Emile Bayaud
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PUBLIÉ LE 10/05/2016
Magazine » Enquêtes

Il était une fois
les Cathares

On les appelait les « bons hommes », parfois les « parfaits ».
Du XIe au XIIIe siècle, les cathares fleurirent en pays d’Oc,
jusqu’à leur éradication. Qu’avaient-ils donc
de si particulier et de si dérangeant ?

Mystérieuse et solitaire, la cité de Montségur contemple les contreforts des Pyrénées. Entre terre et ciel, les lieux pulsent encore de la mémoire des deux cents cathares qui y périrent sur le bûcher en 1244. Leur faute ? Ne pas avoir épousé la doctrine de l’Église catholique. Les cathares étaient pourtant éminemment spirituels. « Chrétiens, ils se posaient une question fondamentale : si Dieu est bon et tout-puissant, alors pourquoi y a-t-il le mal sur terre ? », explique le guide conférencier Fabrice Chambon. À leurs yeux, le monde matériel est l’œuvre du diable. Dieu n’y règne pas ; Son royaume est purement dans l’au-delà. La vie terrestre est une prison où les âmes (fruits immortels tombés du Ciel) sont recluses dans des corps. « Le jour de la mort physique, soit l’âme est jugée parfaite, et elle peut quitter ce monde de souffrance pour retrouver sa place au paradis, soit elle doit refaire un passage sur terre », indique Fabrice Chambon.

Embrassant une vision proche des sagesses orientales, les cathares croyaient en une forme de réincarnation comme outil de progression, ainsi qu’en la nécessité de se détacher de l’illusoire pour rejoindre l’essentiel. Leur spiritualité ne tenait pas dans l’obéissance à des règles extérieures, mais dans un engagement personnel à la qualité d’être. Ne pas mentir, ne pas juger, ne pas médire, ne pas voler, ne pas tuer, mener une vie ascétique, dans la chasteté et la pauvreté, respecter une non-violence totale, y compris à l’égard des infidèles, des criminels et des animaux (au point d’être végétariens)...

La vraie église de Dieu, c’est le cœur de l’homme...

Ne s’estimant pas supérieurs aux autres, leurs religieux vivaient au cœur des bourgs et travaillaient. N’accordant d’importance qu’à l’âme, ils ne faisaient aucune discrimination entre les sexes. Exit aussi les messes en latin, les dîmes à verser, les ordres des curés à respecter sous peine de châtiment céleste – Dieu n’étant que bonté, Il ne pouvait être vengeur ! Exit encore les croix et les symboles tendant à sacraliser le visible, qui n’avait aucune valeur à leurs yeux, ainsi que les édifices religieux – car « la vraie église de Dieu, c’est le cœur de l’homme », disaient-ils.

Leur seul sacrement était le consolament : union de l’âme et de l’Esprit par imposition des mains, il servait de baptême, d’ordination et d’absolution. En fin de vie, il était l’unique rite de passage vers le monde spirituel. Que sont devenues les âmes des victimes de Montségur ?


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