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Mardi 17 Juillet 2012 / Par la Rédaction
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Lu sur Lemonde.fr

Ancêtres de l'homme : une pièce s'ajoute au puzzle...

Découvert presque par hasard sur un site archéologique sud-africain très riche en fossiles plus connu sous le nom de « berceau de l’humanité », l’étude du squelette de Karebo, un australopithèque vieux de 200 millions d’années, révèle de précieuses informations sur son mode de vie et ses habitudes alimentaires.
Le squelette d'un australopithèque vieux de deux millions d'années a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo. Il s'agit « presque à coup sûr (...) du squelette le plus complet jamais découvert d'un ancêtre de l'homme », a déclaré le professeur Lee Berger, de l'université du Witwatersrand, à Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d'ossements enchâssés dans un bloc rocheux.

Le jeune individu, baptisé « Karabo », avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l'espèce Australopithecus sediba, et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de « berceau de l'humanité », inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d'un fémur complet comme il n'en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d'autre éléments de membres.

« Je crois que c'est une dent d'Hominidé »


L'histoire de la découverte de Karabo relève de l'anecdote. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire de « Wits » (l'université du Witwatersrand), dans l'attente d'être analysé. C'est en le déplaçant au mois de juin pour l'embarquer dans un véhicule qu'un technicien du laboratoire a remarqué une protubérance qui semblait surgir de la pierre.

« Il a appelé le professeur Berger et il a dit : 'Oh, je crois que c'est une dent d'hominidé.' Il avait raison, raconte Mme De Klerk. Mais quand nous avons scanné le rocher, nous nous sommes aperçus qu'il y avait bien plus qu'une dent, il y avait plein d'autres ossements du même individu ». Le bloc rocheux sera prochainement cassé et ouvert pour en extraire les fossiles pétrifiés.

« Toutes les pièces du puzzle »


Australopithecus sediba n'est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu'il a vécu il y a environ deux millions d'années, à peu près à l'époque où les primates du genre homo, nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs. Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.

« Ce qui rend ce site unique, explique Bonita De Klerk, chef de laboratoire à Wits, c'est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle. Ces squelettes sont presque complets, et à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-là, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle. »

Une espèce qui fascine les scientifiques


La place d'Australopithecus sediba dans l'arbre généalogique de l'espèce humaine n'est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d'Australopithecus africanus, lui-même issu d'Australopithecus afarensis, la famille de la célèbre Lucy, vieille de trois millions d'années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l'humanité.

L'espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu'il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision.

L'étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant : alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Australopithecus sediba préférait largement le bois et les écorces d'arbres.

Lire l'article sur Le Monde.fr

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