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PUBLIÉ LE 10/09/2013
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Guide de la communication sensorielle

Olivia des Moutis, Daniel Boublil, Patrice Levallois
Editions Josette Lyon
Magazine » Bonnes feuilles

Peut-on maîtriser
notre mémoire sensorielle ?

Notre mémoire sensorielle, véritable réservoir de ressentis passés, aurait plus que son mot à dire quant à l’expérience que nous faisons des évènements. Le livre « Guide de la communication sensorielle » décrit comment cette mémoire peut être rééduquée, nous permettant de maîtriser l’interprétation de nos sens.

« Nous ne sommes pas toujours conscients d’émettre ni de recevoir des messages et pourtant, pas une seconde ne passe sans qu’un message ne soit capté, reçu, émis et mémorisé. » Paul Valéry.

Nous ignorons le plus souvent les effets de notre mémoire dans nos comportements, nos pensées, nos actes posés ou nos paroles. Les expériences passées influencent inconsciemment nos perceptions, nos pensées, nos actions et construisent ainsi un monde caché à la mémoire consciente.
Cette mémoire reçoit des informations par nos sens, propose des ressentis qui renvoient à des souvenirs sensoriels présentant des similitudes parfois très approximatives avec un événement qui cause et déclenche des réactions souvent inappropriées. Nous n’exploitons pas à bon escient cette mémoire. Sans instruction particulière de notre part, notre mental se laisse guider par nos états d’âme, nos ressentis créés et déformés par les énergies du présent, mariées arbitrairement à nos émotions du passé.

« C’est notre mémoire qui attribue aux objets et aux évènements présents une connotation d’angoisse ou de plaisir venue de notre passé. » Boris Cyrulnik. Nous voyons le verre tantôt à moitié plein, tantôt à moitié vide selon l’humeur que notre mémoire sensorielle nous renvoie dans un instant T. Or, notre mémoire enregistre tout et n’analyse rien.
La plupart des grandes traditions spirituelles affirment que la mission de l’homme sur terre est d’atteindre la conscience. Pour cela, nous avons à rééduquer, « reformater » notre mémoire sensorielle à l’image d’un disque dur en informatique. Reprogrammer notre mémoire sensorielle consiste soit à changer notre relation émotive à un événement, soit à regarder l’événement sous un autre angle.

Les peurs de l’enfance ne se justifient plus nécessairement à l’âge adulte. Elles ont, bien sûr, laissé des traces et quand elles se manifestent dans l’instant présent, une certaine confusion émotionnelle peut nous envahir. C’est à ce moment que l’on peut agir pour discerner les sensations que l’instant déclenche, les ressentis que la mémoire fait remonter afin de les « reprogrammer » de façon plus adaptée. La mémoire sensorielle reprogrammée peut devenir la clé de notre bien-être.
Dans la « mémoire sensorielle », rien ne se perd, les moindres stimuli sont recensés, la capacité de stockage est illimitée. C’est là que sont stockées toutes les perceptions transmises par nos cinq sens depuis le premier jour. Un processus qui démarre dès la vie intra-utérine.

Nos ressentis témoignent de cette double appartenance à l’information et au souvenir. Quand nous disons que nous « sentons » quelque chose en nous, que « notre corps nous parle », nous évoquons une réalité subjective. Cela nous évoque des images, des bruits, des odeurs, des souvenirs. Maîtriser l’interprétation des sens est un atout précieux et devient vite une habitude une fois qu’on en a goûté les fruits. On ne demande qu’à reproduire les conditions favorables à la future récolte.
L’exemple le plus célèbre de la capacité qu’ont nos sens à réveiller notre mémoire est la madeleine de Proust, ce petit gâteau trempé dans le thé qui rappelle à l’auteur de A la Recherche du Temps Perdu un épisode de son enfance. Ce qui est remarquable, c’est que le romancier hésite un long moment avant d’identifier ce souvenir : ce qui lui vient en premier, c’est l’émotion, ce « plaisir délicieux » qui éclaire son humeur du jour, plutôt morose, et dont il ne comprend pas la cause. Il lui faut goûter et regoûter cette madeleine, faire le vide en lui-même, combattre la « lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile », pour que « tout d’un coup » revienne le souvenir de sa tante Léonie et qu’il revive la scène de son enfance.


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