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PUBLIÉ LE 26/08/2014
Magazine » Enquêtes

Du Tai Chi pour mieux vieillir

Pouvons-nous aider nos séniors à prévenir les états de confusion mentale liés à la vieillesse ? Reportage dans des ateliers de Tai Chi adaptés aux personnes âgées et destinés à les aider à retrouver un meilleur état d'ouverture énergétique.

La situation dans nos maisons de retraite n’est pas toujours heureuse. Souvent sur-médicamentés et privés de stimulations sensorielles bénéfiques, nos anciens glissent fréquemment dans des états d’apathie délétère. Les rapports officiels parlent même d’une épidémie de maladie d’Alzheimer et maladies apparentées. Quelles solutions pour prévenir l’apparition de ces états de confusion mentale ? « La pratique d'un sport et la lecture diminuent de 25% le risque de démence », nous dit l’étude Personne Agée Quid, menée depuis 1988 sur plus de 3700 sujets âgés de plus de 65 ans. Bouger son corps et pratiquer une activité cérébrale seraient alors de bon augure pour nos séniors. Mais quelles pratiques leur proposer ?

« Le Taï-Chi, adapté aux capacités et problématiques des personnes âgées, permet de développer le mouvement, la sensation de soi et la perception des autres dans un espace commun. Il invite aussi à méditer sur le va et vient des pensées. Tout cela contribue à limiter la perte d’autonomie », nous dit Rita Cuzzupi, initialement formée par l’Association Internationale de Tai Chi Chuan – ITCCA. Le Tai Chi, un art martial et énergétique chinois, descendrait d’une pratique appelée Wei wu wei qui veut dire « agir sans agir », dont nous retrouvons des traces jusqu’en 500 av. JC.

Effectivement, loin de chercher une quelconque performance musculaire, le Tai Chi insiste sur le développement d’une force souple par des mouvements lents et relâchés. Il cherche à amplifier la circulation du souffle et de l’énergie dans le corps. « Les bienfaits de la pratique du Taï-Chi-Chuan pour tous les âges et plus spécifiquement pour les personnes âgées sont scientifiquement attestés », nous dit un rapport de recherche soutenue par la Fondation Médéric Alzheimer et menée par un laboratoire de l’Université Paris-Descartes. Ce rapport souligne les « tendances positives de cette pratique sur le niveau cognitif global des personnes malades ».

Rita Cuzzupi s’est alors lancée dans l’aventure de proposer des sessions de Tai Chi au COS Saint Maur à Marseille - un Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Il a fallu s’adapter, inventer des dispositifs pour les malentendants et les personnes en fauteuils roulants. Mais les effets des séances se sont fait sentir. « J’ai eu une dame de plus de 80 ans qui est venue à l’un de mes ateliers en boitant fortement, et qui a oublié sa canne en partant », raconte Rita Cuzzupi. Un autre patient, qui avait pour habitude de déambuler, est resté concentré sur le mouvement proposé pendant un temps étonnamment long. « Et voir des personnes, arrivées un peu tristes, éclater de rire en fin de séance, ça fait du bien. Le Tai Chi vient aussi jouer sur la confiance et l’estime de soi ». Faire du Tai Chi semble faire du bien au corps et au moral, c’est déjà beaucoup.

Mais ce que Rita Cuzzupi souligne surtout, c’est que les personnes âgées semblent être particulièrement réceptives au travail énergétique. « C’est incroyable combien elles peuvent se retrouver rapidement en état d’ouverture énergétique. Je retrouve alors ce que les taoïstes disent depuis longtemps », raconte-t-elle. En effet, les traditions chinoises parlent d’une succession de différents paliers énergétiques tout au long de notre vie. Non seulement nous ne serions pas dans les mêmes dispositions à 20 ans qu’à 70 ans, mais il serait possible d’exploiter ces différentes aptitudes énergétiques pour accomplir différentes tâches. « A partir d’un certain âge, une personne devrait pouvoir aller plus facilement vers des états transpersonnels. Et c’est ce que nous voyons si nous prêtons attention aux personnes âgées », poursuit Rita Cuzzupi.

Il se pourrait alors que, pensant que la vie se finit dans une sorte de flétrissure inévitable, nous ayons perdu la connaissance des états bénéfiques propres à la longévité. Là où nous voyons un déclin, il y aurait peut-être des portes vers d’autres états d’être. Bien sûr, ces tendances ne sont pas toujours faciles à gérer, mais peut-être que par manque de soin, nous laissons parfois tarir des sources d’information précieuses pour les personnes concernées et leur entourage. Et si de toute évidence, la vieillesse se caractérise par un ralentissement des capacités motrices et un détachement progressif du quotidien, cela devrait être au bénéfice d’une capacité à contempler les choses avec tranquillité, à accéder à une sorte de sagesse, riche de l’expérience d’une longue vie et peut-être inspirée par des ouvertures à d’autres dimensions. Au bout du compte, n’est-ce pas à cela que se préparent nos séniors, accéder à une autre dimension ? « Personnellement, je pense que la vie ne s'arrête pas avec la fin de l'existence humaine, et qu’au moment de mourir, le niveau d'énergie et de conscience peut être déterminant pour la suite. Être en contact de temps en temps avec sa propre intériorité, baigner dans une énergie d'unité, même un tout petit peu, peut sûrement faire une différence », conclut Rita Cuzzupi.

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