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Y croire ou pas ? S’il est un facteur qui n’aidait pas jusqu’à aujourd’hui à établir un climat propice à une prise en charge scientifique d’envergure de ces expériences inexpliquées, c’est bien la propension de certains à projeter sur l’inconnu leurs propres rêves, croyances ou théories anthropomorphiques, ce qui a pour effet d’enfanter quelques concepts simplistes ou autres théories abracadabrantes. Et c’est un cercle vicieux, car ces explications simplistes se développent justement parce que la science délaisse le sujet.
A l’INREES, il ne s’agit pas de croire ou de ne pas croire à ces expériences extraordinaires ! Le terme croire n’est pas approprié, car son emploi laisse supposer une adhésion d’ordre spirituelle ou morale. On croit en Dieu, au Père Noël, mais ça n’a pas de sens devant une expérience parfois totalement bouleversante pour celui qui la traverse. On l’écoute.
Pourquoi l’écoute des expériences est-elle une voie valide de recherche ? Pourquoi continuons-nous à vouloir croire qu’il ne peut exister de phénomènes ou d’interactions en dehors de la matière ? Alors que la physique quantique nous prouve que notre réalité est le jeu d’influences non matérielles. Une notion comme celle de non-localité peut effectivement sembler abstraite, et bien éloignée de vos vies quotidiennes. Pourtant, ce qu’elle implique sur la nature de notre monde a une incidence directe sur des sujets très concrets comme le fonctionnement de notre organisme, les effets biologiques entre cellules, le comportement de la vie en général, les liens invisibles reliant toute chose dans le cosmos, ou encore l’expansion de l’univers...
Voilà ce qu’est un changement de paradigme : nous savons tout cela. C’est là, autour de nous, prouvé. Mais nous ne le concevons pas encore ! Aussi, et ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler la propre approche expérimentale de John Mack, le psychiatre Stan Grof suggère « qu’en raison des limitations inhérentes à nos facultés intellectuelles, aucune tentative humaine de comprendre les raisons ou motifs du processus de la création ne pourra s’avérer pleinement satisfaisante. La raison est un instrument inadéquat pour l’analyse des dimensions transcendantes de l’existence et ce, d’autant plus que nous avons affaire à des principes opérant à un très haut niveau métaphysique. En définitive, une véritable compréhension de telles choses n’est possible qu’à travers une expérience personnelle directe.» * En privilégiant l’écoute, le décryptage d’expérience subjective sans nécessairement exiger la validation d’un support de preuve matérielle, la psychiatrie, la psychologie, usant d’une méthodologie rigoureuse, ont un accès direct à la réalité des expériences extraordinaires à travers le récit qu’en font ceux qui les traversent. Des éléments physiques viennent parfois étayer les récits de ces gens, mais il convient de rester conscient de leur caractère scientifiquement non décisif. Aussi l’INREES entend toujours privilégier une approche intuitive mais néanmoins méthodique et rigoureuse de psychologue face à ces récits d’expériences humaines.
* : Stanislav Grof, Le jeu cosmique (Éditions du Rocher - 1998) p.58
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