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PUBLIÉ LE 27/11/2017

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Inexploré Hors-Série n°6

Guérir : Trouver sa voie,
40 techniques naturelles et holistiques !
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Alimentation :
Une vraie médecine

Depuis Hippocrate, la nourriture est considérée comme une des bases de la santé. Face à l’émergence de nouvelles maladies et à l’augmentation des allergies alimentaires, notre nutrition contemporaine occidentale pose de nombreuses questions.

« Les grandes civilisations antiques – égyptienne, indienne, chinoise ou grecque – ont toutes consigné dans des ouvrages extrêmement détaillés leurs observations sur les effets positifs des plantes et aliments sur la santé ainsi que leurs vertus curatives », explique Jean-Pierre Willem dans son livre Le secret des peuples sans cancer. Et si bien choisir son alimentation avait une incidence sur la guérison ? Face à l’essor de nombreux nouveaux troubles dans le domaine de la santé, s’interroger sur l’impact de la nourriture d’aujourd’hui peut être une piste d’étude.


Une nouvelle alimentation



Notre mode de vie occidental ainsi que l’expansion de la société industrielle ont provoqué une nouvelle façon de se nourrir. L’agriculture intensive et la transformation industrielle des aliments répondent à nos besoins de rapidité (nous ne cuisinons plus autant). La diminution de la consommation de produits frais (fruits et légumes), de céréales complètes, de légumineuses et d’huiles non raffinées riches en « bons acides gras » s’est opérée au profit de margarines aux acides gras insaturés, de nouveaux produits (sodas, confiseries, etc.) ainsi que des fast-foods. Cela représenterait une chaîne de production entièrement nouvelle pour un métabolisme humain qui met des centaines d’années à évoluer. Heureusement, le déploiement du bio et des circuits courts permet de se fournir plus facilement en produits frais et locaux, et offre des solutions plus naturelles.


Des allergies qui alertent



« L’allergie est un dérèglement du système immunitaire qui correspond à une perte de la tolérance vis-à-vis de substances a priori inoffensives : les allergènes. Le nombre de personnes allergiques semble avoir considérablement augmenté depuis plusieurs décennies », alerte l’Inserm (Institut national de la recherche médicale). En effet, l’augmentation des allergies qui est apparue depuis les années 2000 inquiète : on l’estime aujourd’hui à 4 % des adultes et 8 % des enfants. Elles ont même doublé ces cinq dernières années. Selon l’OMS, l’allergie est la quatrième maladie mondiale la plus répandue. Alors, pourquoi ces chiffres ? La plupart des médecins et des chercheurs prennent pour cible l’industrie agroalimentaire qui combinerait trop d’ingrédients dans les préparations, les conservateurs ou autres additifs qui transformeraient les molécules naturelles en protéines allergisantes. Enfin, le rôle de l’aluminium présent dans la nourriture, les boissons et certains médicaments affecterait la perméabilité et la flore intestinales. « L’aluminium augmente la réponse immunitaire épithéliale, aggrave l’inflammation intestinale in vivo, modifie la flore intestinale et augmente la translocation bactérienne », publie Cécile Vignal dans son étude sur l’implication de l’aluminium dans les maladies inflammatoires intestinales (1).


Les aliments « diabolisés » : gluten, produits laitiers, sucre



Premier dans la ligne de mire depuis quelques années, le gluten, particulièrement celui du blé, serait à l’origine de bien des maux.

Réduire la perméabilité intestinale diminue l’incidence des maladies auto-immunes

Outre la vraie maladie coeliaque développée par les sujets allergiques, de nombreuses personnes resteraient intolérantes ou sensibles. Pourquoi ? « Le blé a été modifié génétiquement jusqu’à présenter 42 chromosomes au lieu de 14 », détaille Julien Venesson dans son livre Gluten, comment le blé moderne nous intoxique. Le corps humain n’aurait biologiquement pas eu le temps de s’adapter en si peu d’années d’évolution.

Les produits laitiers, particulièrement ceux de vache, seraient aussi à l’origine de nombreuses intolérances. La caséine, protéine contenue dans le lait de vache, ne serait pas reconnue par l’organisme qui, en générant de l’histamine, crée du mucus, du pus, du cholestérol ou du tan (stagnation) dans les articulations, soit autant de matières que le corps n’éliminerait pas facilement (lire Milk : The Deadly Poison, de Robert Cohen, l’étude la plus documentée sur le sujet). Enfin, le sucre raffiné, qui n’a également pas plus de cent ans d’âge dans notre histoire, provoquerait des petites bombes nucléaires dans l’organisme. « Le sucre est métabolisé de façon incomplète, ce qui a pour résultat de créer des dérivés toxiques qui s’accumulent au niveau des vaisseaux du cerveau et des globules rouges », signale Jean-Pierre Willem. Stocké partout dans le corps, il se transforme en graisse très difficile à éliminer. Il provoquerait également de l’irritabilité, voire de la dépression, et serait addictif.


Maladies auto-immunes et maladies infectieuses émergentes



Depuis quelques décennies, de nouvelles maladies ont fait leur apparition. Souvent difficiles à détecter, aux symptômes multiples et ressemblants, les maladies auto-immunes sont également le signe d’un système immunitaire faible : « Normalement, le système immunitaire défend l’organisme face aux agressions extérieures et tolère ses propres constituants. Les maladies auto-immunes surviennent quand cette tolérance se rompt. Le système immunitaire devient alors pathogène », explique-t-on à l’Inserm. On y retrouve la spondylarthrite ankylosante, la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaque, le lupus, le diabète de type 1, etc. De nouvelles maladies infectieuses apparaissent également (sida, maladie de Lyme, légionellose, chikungunya…) et des maladies dont on ne connaît pas bien l’origine se propagent comme la fibromyalgie, la maladie de Crohn ou encore le psoriasis. L’alimentation peut apporter un soutien à l’organisme et un soulagement de plusieurs symptômes, grâce à certains régimes, en véritable accompagnement de soin ou en réduisant les toxines.


Des régimes qui soignent



Dans les années 1980, le docteur Seignalet a découvert que les maladies auto-immunes apparaissaient sur un terrain génétique particulier dans un contexte d’hyperméabilité intestinale et en présence de déclencheurs d’origine bactérienne, toxique ou alimentaire. Réduire cette perméabilité intestinale et éviter les aliments qui la provoquent permettrait de diminuer l’incidence des maladies auto-immunes. Le principe du régime Seignalet est exigeant, il s’agit de l’alimentation hypotoxique : manger sans gluten, des produits de saison bio non raffinés, à cuisson douce (max. 100 °C), et aucun produit laitier.

Les résultats sont spectaculaires chez de nombreux patients. « Je souffre de polyarthrite rhumatoïde depuis une dizaine d’années et assez rapidement, ma généraliste qui est très informée, m’a conseillé le régime Seignalet, que je suis de manière très stricte. Je n’ai plus aucune des douleurs rhumatismales depuis et la maladie a stagné au lieu de progresser, comme souvent en pareil cas », nous explique Françoise. Dans la même optique, le régime Gasp ou régime entéropsychologique élaboré par la Dre Natasha Campbell McBride, neurologue et nutritionniste part du principe que c’est la flore intestinale qui assure la santé du corps et permet le bon fonctionnement du système immunitaire. En cas de dysbiose intestinale (déséquilibre entre la microflore de fermentation et celle de putréfaction), des pathologies susceptibles d’affecter le cerveau (autisme, trouble du comportement…) peuvent apparaître. L’origine de ces dysbioses serait essentiellement une trop forte exposition aux antibiotiques. Le régime Gasp permet de rééquilibrer la flore intestinale et de la maintenir grâce aux glucides et aux probiotiques. Accompagner les soins de n’importe quel type de maladie en prenant conscience de son alimentation est un chemin qui mène à une hygiène de vie et un assainissement bénéfiques pour les organismes en souffrance.


LE ZEN MACROBIOTIQUE



De macro (grand) et de bio (vie), le zen macrobiotique est une médecine à part entière créée par le Japonais Georges Ohsawa (1893-1966), dont le but est d’atteindre une longue vie de santé et de bonheur, notamment grâce une alimentation très stricte. Inspirée des moines bouddhistes et des principes taoïstes de la complémentarité énergétique entre le yin et le yang, cette pratique répartit les aliments sur une échelle des plus aux moins équilibrés. Ce régime est composé de 7 étapes successives, de la plus large à la plus stricte : la septième est celle du régime macrobiotique idéal qui consiste à ne consommer que du riz brun. Certains aliments sont dédiés à soigner certains maux précisément. Il est également préconisé de manger en conscience et en silence, mâcher 30 fois chaque bouchée, boire très peu et entre les repas, respecter des quantités précises de chaque aliment.

Enfin, très suivie par les adeptes macrobiotes lors des périodes de purification de 10 jours : la monodiète de riz complet permet un renouveau du sang et de l’organisme. Mais Ohsawa prévient : « La pratique sans la théorie est dangereuse, la théorie sans pratique est inutile. […] Le but de la macrobiotique est de guérir la maladie de l’âme, ce que la guérison physique ne peut pas faire. C’est seulement après un travail sur l’âme que nous sommes capables d’absorber les aliments justes. C’est l’âme qui guérit la maladie. Ce n’est pas la macrobiotique qui guérit, mais la compréhension de la philosophie dialectique. Ce n’est pas le riz ou le gomasio qui guérit, mais votre esprit qui vous donne la volonté. Ensuite, la guérison arrive en quelques jours. » (2)



(1) Séminaire Environnement et santé, 30 novembre 2010, Lille.
(2) Georges Ohsawa, Le zen macrobiotique, ou l’art du rajeunissement et de la longévité, Éd. J. Vrin, 2002.


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