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PUBLIÉ LE 26/03/2018
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction

LE LIVRE À LIRE

Les neuf marches

Anne Givaudan
Editions S.O.I.S.
Magazine » Bonnes feuilles

Processus d'incarnation de l'âme...

Que se passe-t-il avant qu'une âme s'incarne dans un corps physique ? Une âme choisit-elle ses parents ? Anne Givaudan, grâce à une méthode de projection astrale, a pu suivre sur 9 mois le processus d'incarnation d'une jeune femme, Rebecca...

« Où es-tu au juste ? Est-ce que tu nous entends ? »

Ces interrogations s'échappent involontairement de nos consciences avec l'espoir que, telles des vagues, elles iront rejoindre la rive qui les attend.
Il n'y a guère plus de quelques minutes que nous avons abandonné l'enveloppe de nos corps et que notre confiance nous sert d'unique boussole. Pourtant nous sommes là, comme des veilleurs dans ce monde de l'âme où les pensées prennent forme et se mettent à voguer tels d'incroyables esquifs.
Il n'y a guère plus de quelques minutes que nos corps sont oubliés et lentement nous tentons de visualiser l'image de celle qui fut naguère Rebecca afin qu'elle vienne prendre toute sa place dans notre être. Les traits de son visage, comme endormis, nous rejoignent les uns après les autres et imprègnent notre écran intérieur. Voilà... le puzzle a retrouvé son unité et maintenant que ses contours paisibles demeurent en nous, tout peut arriver.
Irrésistiblement alors, une force nous attire en arrière dans un silence total. Elle nous absorbe au creux d'une immensité de solitude vivante et nous avons la sensation de nous projeter quelque part, loin au-dessus des crêtes écumeuses d'un océan, loin au-delà des plaines, des villes de néons et des étendues arides... Tout défile avec la fulgurance de l'éclair, puis tout s'arrête, brutalement, comme par la magie d'un coup de frein de l'âme qui sait depuis toujours que c'est là qu'elle va et nulle part ailleurs.

Nous sommes dans une ville, une grande ville... Le regard de notre âme paraît maintenant flotter à quelques mètres du sol et se laisse envahir par le défilé incessant d'énormes automobiles puis par l'éclat des vitrines. Une certitude jaillit en nous : nous nous trouvons sur le continent nord-américain. Quelques palmiers pourtant, presque perdus dans des bouquets d'arbres, nous dispensent comme une bouffée d'air pur et un rayon de soleil au milieu de cette sensation de tohu-bohu.
Ici, nous ne sommes qu'un regard qui observe et se laisse porter par le quadrillage de quelques larges rues tracées au cordeau. Cependant, sur l'asphalte des trottoirs une foule grouillante et hétéroclite défile, ignorant tout de notre présence. Quelques instants se passent ainsi, merveilleux maîtres de non vouloir et d'abandon confiant.
Puis, brusquement, au sein de ce peuple bigarré, nos yeux et notre cœur se figent sur deux femmes qui descendent tranquillement du perron d'un immeuble cossu. Il s'agit d'une mère et de sa fille ; nous le savons d'emblée. Pour elles deux, c'est un instant de paix. Les lueurs que dégagent leurs corps tranchent avec celles des passants et ne trompent pas. On y lit aussi le bonheur puis mille interrogations qui jaillissent telles de petites bulles de savon, prêtes à éclater.

« C'est ma mère ... enfin la plus jeune d'entre elles... bien sûr ! »

Une voix gaie a éclaté au-dedans ou tout près de nous et, machinalement, nous nous retournons, traversés par la sensation confuse d'être surpris au beau milieu d'un film. Il y a comme le bruissement d'une présence, quelques fugitives étincelles bleues qui crépitent, puis plus rien... seulement la certitude totale qu'elle est là, que nos âmes se sont presque rejointes et se regardent bientôt face à face.

« Rebecca ? »

À nouveau, nous nous sentons tirés en arrière puis projetés en avant, vers le haut, dans un tourbillon de lumière laiteuse et fraîche. Il n'y a plus d'immeubles aux reflets de verre et les carrosseries aux éclats chromés se sont évanouies. À une très faible distance de nous, presque comme si nous faisions corps avec lui, apparaît désormais le visage de celle que nous cherchions, un peu diaphane sous son épaisse chevelure brune.

Où sommes-nous ? Nulle part en vérité... ou dans l'océan de la vie... dans un lieu de l'âme, un de ces lieux transitoires que celle-ci élabore dès qu'elle entre en métamorphose. Voilà, nous disons-nous, nous sommes entrés dans son monde, celui qu'elle a créé, tel un hologramme projeté par sa conscience et qui vit quelque part entre deux univers, entre deux longueurs d'onde.
Nous essayons de comprendre ce qui se passe, du mieux possible. ¬¬Déjà nous savons que nous sommes analogues à des images conscientes d'elles-mêmes, qui auraient quitté le canal d'une émission télévisée, celle de la Terre, sans pour cela en rejoindre complètement un autre, celui des âmes désincarnées. Cela nous fait sourire... espérons au moins que nous ne sommes pas ici telles des fréquences parasites !

« Oui, vous êtes toujours dans mon univers », murmurent les lèvres de notre amie dont le visage a maintenant repris une dimension normale en n'occupant plus la totalité de notre champ de vision. « Mon univers... c'est la petite sphère de quiétude et de vie que se construit toute âme qui s'en revient vers vous, sur Terre. C'est le sas qui aide à faire le pas. Pour moi, c'est un peu un cocon, voyez-vous. »

« Nous comprenons fort bien la raison de tout cela... mais que se passe-t-il exactement ? » pense l'un de nous toutefois un peu gêné par une entrée en matière aussi rapide.

« Ne vous excusez pas, répond-elle avec toute sa spontanéité. Nous sommes bien là pour travailler ensemble... et puis sans doute votre présence m'aidera-t-elle tout autant que la mienne vous fournira des données. Je suis heureuse ... mais pour moi, c'est une épreuve. »

En vérité, le lieu où nous nous trouvons en cet instant présent nous fait songer à une salle d'attente, tout aseptisée, un peu nue, comme on en trouverait sans doute dans beaucoup de cliniques. C'est pourtant le même que l'autre jour lorsque nous l'avons découvert pour la première fois. Aujourd'hui elle a froid, cette demeure. Quelque chose nous dit qu'il y a une sorte de courant d'air dans l'âme de notre amie. « Je suis sotte, dit Rebecca pour s'excuser du trouble qui l'envahit visiblement... C'est vrai, j'ai un peu froid au cœur... alors le souffle que je mets dans cette pièce, évidemment... Vous savez, vous marchez ici dans des sortes d'atomes que ma pensée a créés, que mon imagination assemble et que ma volonté maintient cohérents. Alors voilà, je ne puis vous cacher ce que je ressens actuellement.

« Vous avez accepté de voyager avec moi, dans ma maison... il faudra bien en vivre tous les aléas ! »

La gaieté de notre compagne a repris le dessus et immédiatement la clarté immaculée du lieu parle différemment de sa créatrice. Sur l'un des murs, une fenêtre s'est spontanément dessinée. Ses battants sont grand ouverts et laissent apparaître des silhouettes d'arbres tout en fleurs, presque sorties d'un splendide tableau impressionniste.

« Vous aussi sur Terre vous faites comme moi, ou comme nous ici. Vous ne vous en rendez pas compte, mais vous vivez dans vos pensées, vous les habitez comme une maison tout autant qu'elles vous habitent. J'ai mis longtemps à bien le comprendre, mais maintenant que j'ai gravé cela en moi, je me suis juré de redescendre avec cette mémoire ! »

« Tu veux dire que lorsque nous pensons, nous produisons des sortes d'atomes qui créent véritablement un décor et que la qualité de ce décor engendre celle de notre vie ? »

« C'est tout à fait cela... enfin, j'ai dit des "sortes d'atomes" pour bien vous faire voir qu'il s'agit de quelque chose de très concret. Mes amis, mes guides si vous préférez, me parlent parfois d'éléments vitaux ou de germes vitaux, comme des cellules indépendantes, ou encore des briques avec lesquelles chacun façonne le moindre détail de son propre univers. Ainsi, sur Terre, lorsque cela m'a été permis, j' ai vu que vous étiez nombreux à vous construire des décors de l'âme bizarrement étroits, limités, plutôt compliqués et sombres.
« Savez-vous que c'est dans ces décors que vous vous projetez lorsque vous rêvez ? »

« Mais, dis-nous, ce n'est pourtant pas ton monde, cette pièce nue où nous nous trouvons. Était-ce si nécessaire que tu façonnes ainsi cette "salle de transit" pour t'en revenir vers nous ? »

Rebecca s'assied sur le sol, songeuse. Pour la première fois nous remarquons les vêtements qu'elle porte. À vrai dire, ils n'ont rien de bien particulier : une longue jupe d'un rouge un peu sombre et un chemisier aux manches plutôt amples qui disparaît sous le buste dans une très large ceinture lacée.

« Non, il n'était pas nécessaire que cela soit ainsi, dit-elle, cela ne l'est d'ailleurs toujours pas, mais je veux en terminer avec autrefois. Je veux évacuer beaucoup de choses de mes vieilles habitudes. Il ne faut pas que je perde de temps... j'ai vu qu'il y avait tellement de choses à faire. En général, lorsque l'on se confectionne une "petite bulle" comme celle-ci, pour revenir, on y met automatiquement les points de repère de notre cœur... »

« Les points de repère ? »

« Oui, je ne sais pas... une musique par exemple, un petit lopin de terre ... J'ai même vu quelqu'un ici pour qui c'était un gros chaudron de cuivre ; il aimait l'astiquer et prétendait qu'il y trouvait son équilibre. Cela, c'est pour les premiers temps, mais après il paraît que toutes ces choses s'en vont d'elles-mêmes, comme si un vent de la Terre les balayait de la mémoire. Moi, j'ai dit tout de suite à mes amis que je ne voulais pas faire cela. Je sens qu'il faut que je fasse place nette. Je veux revenir complètement neuve, voyez-vous, parce que je sais que ce que j'emporte avec moi maintenant restera encore imprimé dans ce que je vais vivre... comme en filigrane.
« Lorsqu'on m'a proposé de faire ce travail avec vous je me suis hâtée d'apprendre avec des amis tout un tas de concepts et de mots qui n'existaient pas pour moi. Beaucoup ici ne se soucient pas, hélas, de ce qu'ils vont avoir à faire quand ils reprendront un corps charnel. Les âmes aussi aiment parfois leur confort et ce n'est pas, ainsi que vous le dites, parce qu'elles sont passées de "l'autre côté", qu'elles se débarrassent de leurs vieilles habitudes de paresse.
« C'est pour cela que je ne veux plus qu'il y ait de Rebecca, même si celle-ci n'a pas été malheureuse sur Terre, même si celle-ci a connu le bonheur après, ici, avec tous ses amis ! J'ai un peu peur des habitudes, je l'avoue, parce que j'ai vu à quel point elles figeaient la conscience de quelques-uns de mes compagnons, dans les pays, dans les mondes où ils vivent maintenant. »

« Tu parles de pays ... sur la Terre ? »

« Oh, non ! Ici... enfin, là où j'étais avant, mais c'est encore un peu la Terre aussi ! Vous savez, là-bas, on comprend à un moment donné qu'il existe également des pays pour les âmes et que rien ne nous empêche de passer leurs frontières si ce n'est notre manque d'amour et notre manque de volonté à découvrir la vie. Mais aidez-moi maintenant à revenir... Tout cela, c'est fini. »

« Peux-tu nous dire, alors, comment tu as su qu'il fallait que tu t'en retournes parmi nous ? »

Le visage de notre amie s'est soudainement éclairé comme au souvenir d'un instant délicieux. Nous en concevons une certaine surprise. Est-ce donc un événement si joyeux que d'endosser à nouveau une tunique de chair et d'os ?

« Je ne sais pas grand-chose de l'itinéraire que je vais connaître... du moins, pas assez pour en concevoir aujourd'hui un véritable bonheur. J'essaie plutôt déjà de l'imaginer avec les promesses que je me suis faites. Quelquefois, je me dis que je ferai ceci, que je ferai cela... Mais ce n'est pas cela qui me fait sourire, c'est le souvenir de cette vague de paix qui m'a envahie lorsqu'on m'a demandé clairement de revenir. Là­ haut, j'étais dans un monde où il n'y avait que des vergers et je m'étais fait une maison recouverte de chaume comme celle que j'avais autrefois en Europe. C'était merveilleux ; j'y ai vu et appris tellement de choses ! Et puis, à un moment donné, il n'y a pas très longtemps, j'ai senti que j'avais de plus en plus envie de dormir. C'était une sensation que j'avais oubliée depuis tant de temps... Mais c'est seulement lorsque je me suis réellement endormie que j 'ai compris que quelque chose changeait dans mon âme. Simultanément alors, la notion des jours qui passent a de nouveau envahi tout mon être. Cela aussi avait complètement disparu de mon univers. Il n'y avait plus jamais de jours, ni de nuits, là où j'avais décidé de vivre, et puis voilà que réapparaissait une sorte de poids sur les paupières... d'abord un besoin de sieste, puis celui d'un si long sommeil.
« Après l'un d'eux, je me suis réveillée avec, en tête, des images très fortes... semblables à celles que laisse derrière lui un rêve pénétrant. J'étais habitée par des visages, surtout des visages, puis par des scènes d'un monde trépidant auquel je ne comprenais rien... et tellement lourd !

« Mes amis m'ont dit que j'avais été attirée par des âmes qui m'étaient proches et dont je ne connaissais plus l'existence, que j'étais un peu comme de la limaille de fer qui commençait à se laisser prendre par un aimant.

« Lorsqu'ils disaient cela, ils ne plaisantaient pas, voyez-vous ! Depuis cette expérience, ils m'ont appris que lorsqu'une âme, pour mille raisons, devient lasse de son univers, une matière qu'ils appellent "l'esprit de fer" augmente en densité dans son corps et c'est elle alors qui rend plus pesant l'état de veille, plus difficile la clarté de la conscience. Je voulais vous dire par cela qu'il y a vraiment une biologie pour le corps de l'âme. Ce corps n'est pas une sorte de vapeur comme vous l'imaginez souvent sur Terre ! »

Celle qui fut Rebecca continue de nous parler de ses sommeils, de la langueur aussi qui a submergé son âme et, ce faisant, semble n'avoir pas remarqué que le décor où nous partageons ces instants a changé. Combien a-t-il fallu de temps, d'ailleurs, pour que nous-mêmes nous nous en apercevions ?

Nous serions bien en peine de le dire. Nous ne pouvons que nous rendre à l'évidence, la vaste salle toute blanche s'est désagrégée, grignotée progressivement par quelque chose de plus petit, dans une ambiance plus dorée. C'est celle d'une maison à l'unique pièce, aux gros meubles massifs, aux formes simples et rustiques. Une cheminée occupe la quasi-totalité de l'un des murs et un feu crépite joyeusement, renvoyant ses lueurs dansantes sur des tentures de velours. Il y a des bougies partout mais la lumière ne vient pas d'elles ; elle est une vibration dans l'air. C'est elle, dirait-on, qui tisse par sa seule vie la totalité du décor.
« C'est ici, entre autres, que j'ai vécu depuis que j'ai quitté la Terre, commente soudain notre amie en changeant de ton. Oh, vous pouvez vous y déplacer, vous verrez, ce n'est pas du carton-pâte ! Du moins pas plus que tout ce qui existe autour de vous chez les "vi­ vants" ! Les hommes d'en bas aussi fabriquent mentalement leur décor et leur univers. Ils sont tous complices pour le limiter à certaines caractéristiques. Ici la pensée peut se faire plus souple, plus puissante, plus libre, c'est la seule différence...

« Vous voyez ce banc adossé à la fenêtre ? Eh bien, c'est là que j'ai vécu ce premier sommeil dont je vous parlais il y a quelques instants. Lorsque je suis revenue à moi, mes amis étaient présents à mes côtés. Ici, un état léthargique équivaut à un appel lancé. Il est le signe qu'une âme réclame une mutation et a peut-être besoin d'aide.

« Dès lors, à l'issue de toutes mes somnolences j'ai commencé à ramener du fond de ma conscience une série de visages et au réveil "on" me demandait automatiquement si ce qui émanait d'eux me plaisait. J'ai dit "oui", très vite, avec beaucoup de force, ou plutôt je l'ai pensé car ce "on" qui me questionnait, je crois que c'était une force issue de mon propre esprit.
« Un jour, mes amis ont ouvert devant moi, dans le verger voisin de la maison, un très beau tunnel de lumière dans lequel ils m'ont emmenée. Je sais combien cela peut paraître stupide de dire cela de cette façon mais en fait ce ne l'est pas davantage que de faire apparaître des images sur les écrans plats que vous appelez télévisions. Maintenant, j'ai compris que rien n'était impossible parce que la matière et la vie qui anime celle-ci sont modelables et perfectibles à l’infini.
« J'ai compris aussi que l'on pouvait pénétrer dans la lumière elle-même et faire ainsi des incursions sur d'autres fréquences où la vie se manifeste. C’est comme cela par conséquent que j’ai suivi mes guides dans le tunnel lumineux. »
« À son extrémité, ils m'ont montré une clarté jaune et, dès que j'ai aperçu celle-ci, je me suis retrouvée immergée en elle mais aussi dans un décor qui m'était totalement inconnu. Je savais seulement que c'était celui d'une chambre dans un hôtel, et que la lumière ressemblait à celle du ma tin... une petite lumière bleue, ensoleillée, à travers des rideaux à demi tirés. Il y avait là un homme et une femme, jeunes tous les deux. Lui était encore allongé et, elle, venait de s'asseoir sur le bord du lit. J'ai été surprise par la foule incroyable de petites étincelles roses et aussi de lueurs violettes qui tourbillonnaient autour d'eux. C'était le signe qu'ils s'aimaient d'amour vrai... Alors, ce n'est qu'à ce moment-là... comment vous dire ? Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai pu contempler librement leur visage... et cela m'a donné un choc si doux... si inexplicable. J'avais envie de leur dire : « Oui, c'est cela, oui, c'est vous ! » Ces visages, je les reconnaissais, voyez-vous ; c'étaient ceux de mes rêves, ceux aux­ quels j'avais déjà répondu oui, sans trop savoir à quoi ils correspondaient. Depuis, je reste persuadée que quelque chose de profond, avant cette rencontre, m'unissait déjà à eux.

« Mes amis n'ont rien voulu me dire à ce sujet. De toute façon, ils savent ce qu'ils font et c'est sans doute très bien ainsi. Ils m'ont simplement signalé une chose qu'il faut que je vous répète parce qu'elle concerne tous les hommes et toutes les femmes qui s'aiment et ceux qui ne savent pas encore qu'ils s'aiment.
« Ils m'ont dit... "Rebecca, lorsqu'un couple s'aime et que leur amour physique les amène à concevoir un enfant, l'homme et la femme ignorent généralement que leur alliance charnelle a déjà été conclue en dehors de leur corps... bien avant leur acte."
« "Comment cela ?" ai-je alors demandé.
« "C'est tout simple. Tu sais que pendant leur sommeil, les âmes abandonnent leur corps et se rencontrent dans des lieux qu'elles se confectionnent. Là elles donnent libre cours à leurs espoirs, à leurs désirs, à leurs craintes aussi. Eh bien, en ce qui concerne la conception d'un enfant, il en est de même. L'acte de procréation a toujours lieu dans le corps de l'âme quelque trois mois de temps terrestre avant l'acte physique. Même si la rencontre n'a pas encore eu lieu, les âmes, elles, savent ce qu'il en est..." »

Notre amie, qui est demeurée assise sur le sol, vient de lever les yeux dans notre direction comme pour nous suggérer « asseyez-vous, vous aussi... », puis elle ajoute : « Si vous voulez, nous irons les voir ensemble, mes parents. » (…)

Extrait du livre « Les neuf marches », d’Anne Givaudan et Daniel Merois.


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