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© Seignette Lafontan
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PUBLIÉ LE 14/03/2017
  • Catherine Maillard
    Auteur

A RETROUVER DANS

Inexploré n°33

Intuition, comment élargir nos perceptions ?

LES LIVRES À LIRE

La convergence des consciences

Pierre Rabhi
Le Passeur Editeur

Dialogues avec l'ange

Gitta Mallasz
Editions Aubier
Magazine » Entretiens

L’ange inspire l’âme
à accomplir sa mission

En 1976 paraissait la premie?re e?dition des Dialogues avec l’ange, transcription d’une expe?rience spirituelle ve?cue pendant la Seconde Guerre mondialepar quatre amis hongrois. Quarante ans plus tard, Marguerite Kardos, promotrice de cet enseignement, revient sur son bouleversant message.

« Cette tisane contient une dizaine de plantes antibiotiques naturelles », assure Marguerite Kardos en versant le breuvage ambre? dans nos tasses. Toutes proviennent de son balcon, ou? elle les cultive avec soin. D’elle, se de?gage une profonde douceur, qu’accentue la profondeur de son regard: l’empreinte d’une vieille a?me ! Derrie?re son apparence discre?te, affleurent des tre?sors de connaissances, et une qualite? rare, l’esprit de jeunesse. Linguiste orientaliste, spe?cialiste du Proche-Orient et de Sumer, chre?tienne orthodoxe et disciple d’un mai?tre soufi, elle est aussi naturopathe, praticienne en e?nerge?tique chinoise. Marguerite Kardos revient tout juste de Budapest, sa ville natale, ou? elle contribue a? la traduction en hongrois du livre explicatif de Gitta Mallasz, Les Dialogues tels que je les ai ve?cus, cet enseignement spirituel dont elle est la fide?le ambassadrice depuis de nombreuses anne?es.


D’ou vous viennent cette inaltérable énergie de vie, et votre passion pour les langues et la spiritualité ?

J’ai eu beaucoup de chance ! E?leve?e par mes grands- parents, j’ai e?te? berce?e d’amour, d’art, de poe?sie, de contes, de musique. Mon pe?re e?tait un scientifique, un chimiste des aliments qui luttait avant l’heure contre les colorants et pour la conservation naturelle. Il a valorise? l’agriculture traditionnelle hongroise contre l’agrochimie. Mais c’est mon grand-pe?re qui a allume? la « vive flamme » dans mon cœur pour l’orientalisme, alors que j’e?tais a? peine a?ge?e de 5 ans, en de?pliant sous mes yeux e?merveille?s la carte des pe?riples du voyageur hongrois Alexandre Csoma de Koros (1784-1842), tibe?tologue, parti a? pied pour l’Asie centrale de?couvrir l’origine de la langue hongroise. Un e?tre spirituel qui inspirera mon insatiable que?te de nos origines « me?ta-historiques ».


Vous étiez récemment à Budapest pour accompagner des pélerins sur les lieux où les « Dialogues avec l’ange » ont été révélés. Pourquoi ce livre est-il toujours d’une brûlante actualité ?

Les Dialogues, recueillis par Gitta Mallasz en 1943, pourraient bien s’adresser a? cette part en nous tous, celle qui, comme chez Gitta, cherche douloureusement a? se «re?veiller». Cet enseignement nous est arrive? du Ciel il y a soixante-douze ans, a? une e?poque de grand bouleversement et d’instabilite?, de peur et d’effondrement des repe?res – un peu semblable a? notre e?poque actuelle. En Hongrie, lors de la dernie?re guerre, en 1943-1944, quatre artistes – Gitta, Hanna, Lili et Joseph – se re?fugient dans le petit village de Budaliget. Ils sont en que?te de ve?rite?. Un jour, par la voix de Hanna, leur mai?tre inte?rieur se met a? parler, et Gitta Mallasz prend fide?lement en notes pendant dix-sept mois les quatre-vingts- huit dialogues qui s’ensuivent. Les questions pose?es pourraient e?tre les no?tres, et chaque re?ponse de l’ange s’adresse directement a? nous, in-di-vi-du-elle-ment, comme aimait le marteler Gitta.


Par quel biais avez-vous connu les « Dialogues » ?

J’e?tais enfant lorsqu’un ami de mon pe?re a amene? Gitta a? la maison. Il s’appelait Miklo?s Ra?bai, ce?le?bre chore?graphe qui a dirige? une troupe de danse folklorique avec Gitta. Des anne?es apre?s, nous nous sommes retrouve?es a? Paris, en 1965, a? notre grande surprise. J’avais alors 20 ans. Peu apre?s nos retrouvailles, je traversais une descente en enfer, suite a? une agression extre?mement brutale par quelqu’un a? la solde du pouvoir politique communiste. En sortant de l’ho?pital, elle me pre?te le manuscrit en hongrois des Dialogues, sans me re?ve?ler son ro?le dans cet enseignement de feu. Ma petite chambre se dilate et devient incandescente gra?ce a? ces vers lumineux, que je scande jour et nuit a? haute voix, entrecoupe?s de longues me?ditations, pour que chacune de mes cellules en soit impre?gne?e. Une nuit, un re?ve me re?ve?le que Gitta a pleinement participe? a? cette aventure spirituelle. Je l’appelle et fonce chez elle, j’atterris dans ses bras en larmes. En communion, en gratitude, en promesse de faire rayonner la parole de l’ange. Elle m’a alors inte?gre?e dans son petit groupe de traductrices. La premie?re e?dition franc?aise a vu le jour a? Noe?l 1976, chez Aubier. Depuis, les Dialogues ont e?te? traduits dans une vingtaine de langues et ont fait le tour du monde.


Comment pourriez-vous définir l’ange ?

Qu’est-ce que l’ange, sinon le «tout possible» en nous! L’ange est le plus haut niveau de soi, il est notre po?le de lumie?re. Il est notre « potentialite? e?volutive », le guide personnel dans l’invisible. Gitta le définissait ainsi: «Il est mon pareil intemporel et moi, je suis son pareil limite? par le temps. Il est mon comple?ment intuitif dans l’Esprit et moi, je suis son comple?ment exe?cutif dans la matie?re. Mais nous sommes UN. Il est mon corps de lumie?re et moi, je suis son corps de matie?re. » Il est la force ascendante qui nous tire vers le haut, qui nous relie a? la lumie?re, qui nous permet de nous renouveler, de regarder par les yeux de l’Esprit, d’entendre l’imperceptible. En chacun de nous sommeillent des potentialite?s, mais qui sont e?touffe?es par la «normose» – maladie contagieuse redoutable! –, par la peur et le jugement, le conformisme et le passe?isme, la culpabilite? et la victimisation, la rancune et la le?thargie. L’ange sait que nous sommes en perpe?tuelle mutation et vise notre devenir, notre advenir, il nous inspire a? transformer nos obstacles en lieux de force ascensionnelle. Il nous donne acce?s au «sans-acce?s». Il nous pousse vers «l’ouvert», pour oser risquer la liberte? et la confiance. L’ange accompagne et inspire l’a?me a? accomplir sa mission, de transformation en transformation, puis il la reconduit dans sa patrie ce?leste. L’ange est un e?veilleur, un instructeur, un initiateur, un enseignant, avec une pe?dagogie spirituelle.


Comment cet ouvrage peut-il nous guider aujourd’hui ? En quoi son message apporte-t-il une réponse à notre problématique actuelle ?

La grande force de ce message est d’e?tre au-dela? des dogmes et des religions. Toutes les religions se nourrissent du monde ange?lique, ante?rieur a? la division institutionnelle. Les Dialogues s’adressaient a? quatre artistes hongrois lai?ques et libres, modernes et profonde?ment since?res. Ce livre re?pond a? une soif a? la fois personnelle et collective, celle de l’e?volution des consciences. Il souffle sur les forces vives qui sommeillent en chacun. L’humanite? est en train de muter. Un changement de paradigme est en marche. Et c’est un message d’espoir et de joie, avec une exigence implacable et une confiance ine?branlable dans les capacite?s e?volutives de l’homme. Pas au niveau horizontal, mais vertical. Oui, cet enseignement est actuel, car il a e?te? donne? a? une e?poque ou? la dignite? humaine e?tait bafoue?e, ou? l’inse?curite? et le de?sespoir re?gnaient, et les ide?ologies se cassaient la guerre. Ca ne nous rappelle pas quelque chose de la situation actuelle ? Pas a? pas, au fil des pages, l’ange nous montre comment transcender nos difficulte?s, comment transmuter la souffrance, comment nous purifier et devenir libres, comment transformer en nous les te?ne?bres en lumie?re, et devenir pont «au- dessus de l’abi?me ».


Nombreux sont les lecteurs qui témoignent que cet ouvrage « vibre ». De quoi
s’agit-il ?


L’e?tat vibratoire de ce livre est tre?s e?leve?, ceux qui s’y aventurent le perc?oivent! Alors, parfois, le lecteur le repose car c?a bru?le trop! De?s le de?part, Gitta et Hanna ressentaient que cet enseignement concernait toute l’humanite?, dans une pe?riode critique de sa transition. Il pre?pare aux changements de fre?quence, a? « l’e?veil de chaque petite cellule ». Laisser re?sonner ce message en soi est plus fe?cond que de l’analyser intellectuellement. Entrer en communion avec, dans une intimite? secre?te de cœur a? cœur... et laisser descendre chaque mot comme des graines de lumie?re, refermer la terre dessus et attendre en silence. Immanquablement, bourgeons et eurs en sortiront, un jour de printemps de l’a?me...


Nous traversons ce qui pourrait s’apparenter à une période de chaos. Comment l’expliquer du point de vue de l’ange ?

Est-ce le chaos qui e?merge, ou devient-il simplement visible? Il a longtemps couve?, il devient e?vident. Mais aussi, on constate partout que le ge?nie cre?ateur des socie?te?s civiles e?merge et propose un nouvel art de vivre ensemble. La soif du « nouveau » concerne tous les domaines, culturel et religieux, politique et e?cologique, me?dical et scientifique, philosophique et artistique, partant d’une relation de soi a? soi. « Si tu te transformes, la matie?re elle aussi est oblige?e de se transformer », nous avertit l’ange. Je vois e?merger une soif de ve?rite? qui propose un nouvel ordre. «L’insurrection des consciences» est a? l’œuvre, selon l’expression che?re a? Pierre Rabhi. L’ange nous tire vers le « pas encore », vers un futur possible : « Si vous voyez quelque chose tomber en poussie?re, sachez que la lumie?re approche ! [...] Ne vous inquie?tez pas, une transformation merveilleuse commence, et cela ne vous parai?t pas toujours bon. Les anciennes enveloppes e?clatent, elles tombent en lambeaux. Ne vous effrayez pas. Ce qui vous arrive n’est pas peu de chose.» Tout est en mutation permanente, en interrelation simul- tane?e. Une urgence se le?ve, tout peut basculer tre?s vite. L’humanite? aspire a? sa transfiguration, et l’ange ne demande qu’a? l’aider: «Nous veillons sur l’autel. L’autel est la terre, la terre entie?re.»


Comment définiriez-vous l ’« homme nouveau » ?

Ce qui est excitant, c’est qu’on sent cet homme nouveau surgir de partout, mais aucun ancien concept ne peut le de?finir. Le « nouveau » pousse dans le secret, et il remet tout en question. Pour chacun, l’obstacle rencontre? peut devenir le fondement d’une que?te ouverte a? l’infini, sur une autre dimension. Des colibris et des tisserands proposent un « autrement possible », avec des me?thodes innovantes, fraternelles et e?cologiques. Avec since?rite? et ge?ne?rosite?, conviction et de?termination. L’association « A? ciel ouvert » est une joyeuse ruche ou? stages et forums – prochainement a? Aix-les-Bains – rassemblent les hommes nouveaux en germe, pour grandir ensemble. Premier saut « quantique » a? faire : quitter le « il faut » et chercher le « je peux ». Nous ne sommes pas condamne?s a? e?tre victimes de qui que ce soit: ni de la socie?te?, ni de l’argent, ni de la peur, ni d’une autorite? religieuse ou philoso- phique. Rien n’est perdu ! Nous avons un « pouvoir e?tre» immense! «L’homme est tellement grand que moi non plus, je ne le vois pas encore », dit l’ange. Il est en devenir.


Vous faites des liens entre la physique quantique et les « Dialogues avec l’ange ». De quelle nature sont-ils ?

« Cherche les e?merveille?s ! », nous invite l’ange, ils sont des « semeurs du vivant ». Ils surgissent a? toute e?poque et proposent, par exemple dans la science, une nouvelle lecture de l’univers et de la matie?re, comple?tement re?volutionnaire et foncie?rement diffe?rente de ce qui nous a berce?s depuis des sie?cles. Une vision cosmologique et e?nerge?tique, base?e sur l’interconnexion et l’inse?parabilite? des mondes visible et invisible. L’univers quantique est un univers de conscience, et l’existence de l’intrication de?voile l’unite? globale de l’univers. Je suis avec passion les confe?rences des physiciens de pointe.

Ils bouleversent tous nos concepts. Ils parlent de l’e?nergie infinie et gratuite, ine?puisable et libre, qui s’offre a? nous a? chaque instant, qui est une « matie?re-lumie?re-conscience ». Leur recherche fait e?cho aux Dialogues. Re?cemment, j’ai d’ailleurs de?couvert avec jubilation une citation des Dialogues en exergue dans La Physique de la conscience, du physicien Philippe Guillemant. Son mode?le cyberne?tique de la conscience propose un renversement de perspective qui transforme radicalement notre vision du monde. En nous libe?rant du me?canisme primitif, nous pouvons jouer un ro?le essentiel, en modelant individuellement et collectivement notre re?alite?. En 1980, Gitta a participe? au colloque Science et Conscience a? Cordoue, elle a parle? aux physiciens, aux biologistes, aux prix Nobel. D’apre?s le te?moignage de Michel Cazenave, ses questions et remarques ont litte?ralement e?bloui – et sans doute bouscule? – le monde scientifique. Il ne s’agit pas de de?velopper d’incroyables possibilite?s techniques sur le plan horizontal, mais d’explorer les dimensions verticales qui nous connectent a? la «matie?re-lumie?re». Cette «matie?re-lumie?re» «qui resplendit, habite en vous », nous confirme l’ange.


Pour évoluer, l’homme devrait mettre au jour l’inexplore… de sa conscience ?

C’est l’inexplore? d’une conscience cosmique qui cherche l’homme pour s’y exprimer, l’homme n’a qu’a? lui ce?der. Depuis Sri Aurobindo et Me?re, a? travers Satprem, Sri Aurobindo ou l’aventure de la conscience, nous nous questionnons, mais de quelle conscience parle-t-on? Et qui prend conscience? L’observateur ? Mais celui-ci modifie la chose observe?e, nous savons qu’il participe a? la simultane?ite? des interconnexions entre tous les points de l’univers et l’information interrelationnelle qui s’y tisse le modifie constamment. Un e?tat unifie? de la matie?re et de l’Esprit est de?montre? et nous pousse a? nous mettre au service de cette unite?. Masaru Emoto a prouve? que nos intentions, de haine ou d’amour, modifient la structure de la matie?re. L’ange nous avertit: «Chacune de tes pense?es, chacun de tes actes sont agissants dans l’univers. »


Quand vous soignez, en tant que thérapeute, c’est toujours cette « force ascensionnelle » que l’ange représente que vous voulez réveiller, pour restaurer la santé ?

Merci de l’avoir ressenti. L’ange dit: «Ne lutte pas contre la maladie, mais fortifie le sain.» En grec, c’est le me?me mot qui de?signe la sante? et le salut: soteria. Cette force ascensionnelle parfois appele?e «le sacre?», shen en chinois, nether dans l’ancienne E?gypte, ou encore Zi chez les Sume?riens. Sur les tablettes sume?riennes, la maladie est nomme?e « en- te?ne?brement » et la sante? « retrouver la lumie?re ». La maladie est une stagnation, une opacification, et la sante? est une remise en circulation de la vie, dans son ensemble. Ce n’est pas le the?rapeute qui gue?rit, il reconnecte la personne souffrante a? ses e?nergies autogue?risseuses, qui surgissent dans l’e?preuve. Pour permettre a? chacun de trouver « sa ta?che », son « mandat ce?leste » a? accomplir, pour l’accoucher en homme nouveau.

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