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PUBLIÉ LE 28/09/2017

A RETROUVER DANS

Inexploré n°36

Astrologie, quand les étoiles guident notre chemin de vie

LES LIVRES À LIRE

La symphonie du zodiaque

Luc Bigé
Editions Janus

Histoire de l'astrologie

Wilhelm Knappich
Vernal
Magazine » Enquêtes

Astrologie :
Vers un monde
réenchanté

Depuis toujours l'homme se tient les pieds sur terre et la tête dans les étoiles regardant le ciel en quête de clés pour harmoniser sa vie au diapason de l'Univers. Au-delà de l'aspect prévisionnel, l'astrologie est un « révélateur », un outil de connaissance de soi sur un chemin d'évolution, intimement en lien avec notre environnement.

« Regardez le ciel, scrutez l’ordre immuable des cycles planétaires dans leur évolution en vous sentant participer à ces rondes, atome parmi ces atomes, système solaire parmi ces systèmes solaires », conseillait Dante, au Moyen Âge. Dans cette époque désenchantée, nous avons en quelque sorte perdu le divin. Peut-être avons-nous besoin du « devin », sous les traits de l’astrologue, pour éclairer notre chemin de vie ? ! Devin pris, ici, dans son sens symbolique et poétique, l’astrologie s’inscrivant au-delà de l’art divinatoire dans lequel ses détracteurs voudraient la cantonner.


Aide-toi, le ciel t’aidera


L’astrologue, bien plus qu’un prévisionniste faisant la pluie et le beau temps de notre ciel personnel et universel, est avant tout un « éclaireur ». Il contribue à mettre en lumière, à travers le thème astral, notre être au monde (nos potentialités et nos freins), notre lien à l’autre et à notre environnement. Tout en amorçant, s’il est un vrai professionnel, un chemin d’autonomie qu’il nous revient de négocier. Il n’y a pas de fatalité. « Nous ne sommes pas attachés à quelque chose ou à quelqu’un d’extérieur à nous, mais aux liens mentaux, aux croyances et aux attentes qui nous enchaînent à notre propre enfer intérieur. Seule une démarche consciente peut nous permettre de comprendre que le monde extérieur n’est pas la seule réalité possible. Si nous voulons arrêter de tourner en rond autour du cercle du zodiaque, il nous faut entreprendre une démarche de connaissance de soi », souligne Irène Andrieu, qui a créé l’approche et l’école d’Astrologie d’Évolution fondées sur les connaissances ésotériques de l’astrologie antique et les enseignements traditionnels, notamment tibétains. « Le cheminement vers soi-même passe par les douze signes du zodiaque », proclamait déjà Clément d’Alexandrie dans l’Antiquité.

Interroger le ciel est concret. Tout à la fois longue vue nous reliant aux phénomènes célestes et microscope disséquant nos rouages intérieurs, l’astrologie (du grec astron, « astre » et logos, « langage ») donne un sens à la vie – à la fois signification et direction. Ancre dans les flots tourmentés de l’existence et de l’actualité, elle permet de se relier aux cadences cosmiques dont la vie moderne nous a coupés (cosmos qui nous contient et que nous contenons, puisque « nous sommes tous des poussières d’étoiles », comme le rappelle l’astrophysicien Trinh Xuan Tuan). « Se situer dans l’Univers, c’est se relier au Cosmos. Découvrir que votre vie est liée aux phénomènes astraux peut donner une portée nouvelle à votre existence. Vous n’êtes plus simplement l’individu anonyme décrit par Heidegger et Sartre, un étranger jeté dans le monde absurde… L’horoscope, lui, vous pare d’une nouvelle dignité : il montre à quel point vous êtes intimement rattaché à l’Univers tout entier », s’enthousiasmait Mircea Eliade, spécialiste de l’étude des mythes.


Grille de lecture


L’astrologie n’est pas à proprement parler l’étude des astres, mais plus précisément de la corrélation existant entre la position des astres et notre comportement. Comme le disait le credo d’Hermès (repris par les grandes traditions ésotériques, et d’une certaine manière plus récemment la science) : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. » Ou comme l’affirmait Paracelse : « Le macrocosme et le microcosme ne font qu’un. » Tout est en tout. Il ne s’agit point d’action du haut sur le bas, mais d’un rapport d’harmonie entre le haut et le bas : issus l’un et l’autre d’une source unique ou énergie commune, le Ciel et la Terre répondent à des principes semblables (principes de similitudes). Le ciel n’est qu’un miroir. L’observer, c’est tenter de déchiffrer la loi qui anime de façon analogue les différents plans de manifestation de la vie (loi d’analogie) : physique, biologique, psychique, spirituel.

Le macrocosme et le microcosme ne font qu’un

Le monde est un être vivant dont toutes les parties sont interdépendantes et se reflètent les unes les autres. Les astres et leur position donnent donc, par analogie, une sorte de cartographie ou grille de lecture de ce qui se trame ici-bas, des lignes de force et potentialités qui sont en jeu. « L’astrologie est la plus grandiose tentative d’une vision systématique et constructive du monde jamais conçue par l’être humain », affirmait l’astrologue historien Wilhelm Knappich. Si elle a longtemps été dénigrée par les sciences exactes, les progrès de la physique quantique viennent appuyer la théorie analogique (lire notre article consacré à l’astrologie et la science L’impossible dialogue).


Tout un symbole


Sur un plan plus symbolique, l’astrologie permet de renouer avec l’âme du monde et les archétypes qui la sous-tendent. Elle met en contact avec la dimension « sacrée » de l’être, celle qui le dépasse. Et tisse ainsi un lien (perdu) entre Ciel et Terre, homme et divin, intuition et raison, esprit et matière… Relier ces pôles implique la capacité à symboliser. : « L’homme est probablement consommateur de symboles autant que de nutriments », observait le Dr Jean Trémolières, pourtant nutritionniste de son état. Véritable alphabet de la langue sacrée, les planètes sont dès lors des symboles que les astrologues tentèrent de décrypter (voir article Les clés du ciel). De proche en proche, ils relièrent les événements terrestres aux mouvements planétaires, retrouvant les fils invisibles qui lient l’homme et l’Univers.


Une étoile sur le chemin


L’astrologie a souvent été définie, de manière restrictive, comme l’art de prédire. Loin d’être une lecture du destin dans le pire sens du terme, inévitable et punitif, elle offre avant tout la possibilité de se développer, à travers l’étude du thème astral. Elle est un instrument de mesure de la réalité, mais elle n’engendre ni ne provoque rien. Exactement comme un thermomètre mesure la température du corps, mais n’en est pas la cause, elle ne fait que renseigner l’Homme sur lui-même. Évoquer l’astrologie, c’est aussi pointer du doigt l’éternelle question, souvent sceptique : « Est-ce que ça marche, et comment ça marche ? » Alors, oui, on peut s’étonner, s’émerveiller même de voir certaines prévisions (terme que préfèrent les astrologues à celui de prédictions, à la sonorité évocatrice de pensée magique) se vérifier. De là à crier au miracle ou à une conspiration du Ciel, il y a une marge ! Il semble plutôt que ceux qui se mettent à faire appel à ses lumières l’incorporent dans leur mode de pensée et de fonctionnement. Dès lors, ils se dirigeraient instinctivement vers le type de contexte et d’événements dont rend compte l’astrologie. Fort logiquement, leur réalité devient peu ou prou conforme aux prévisions. Alors, oui, l’astrologie se confirme ! On est proche de ces fameux événements signifiants (qui ont un sens pour celui qui les rencontre et les vit), relevant du concept de synchronicité cher à Carl Gustav Jung, qui a intégré l’astrologie à ses travaux.

Elle est un instrument de mesure de la réalité

Dit par le célèbre astrologue Dane Rudhyar, cela donne : « Ce n’est pas l’événement qui vient à nous, c’est nous qui allons à l’événement. » C’est humain : astrologues et consultants influent sur la lecture astrale. En ce qui concerne l’astrologue, on peut se référer à la physique quantique qui nous a démontré que celui qui produit une expérience n’est pas neutre. Plus qu’un simple observateur, il est acteur et influe sur le résultat. Cocréateur, donc, de la réalité produite. En l’occurrence, l’astrologue projette dans la lecture du thème astral sa propre structure mentale et émotionnelle, mêlée à ce qu’il perçoit intuitivement ou expressément de son client. Quant à la personne qui fait appel à l’astrologie, elle a déjà une attente en tête, assoiffée qu’elle est de certaines réponses. « Les prédictions ne sont qu’une lecture d’un désir conscient ou inconscient du consultant », relève la psychanalyste Djohar Si Ahmed, à l’approche atypique, transpersonnelle et intégrative. L’alchimie entre ces deux-là, astrologue et consultant, est unique et imprévisible. Mais cela aura du sens pour les deux protagonistes. N’est-ce pas là le plus important ?


De l’art de lire entre les lignes

Parmi les astrologues réputés d’hier et d’aujourd’hui, Cosimo (dit Côme) Ruggieri a marqué son temps. Astrologue florentin, favori de Catherine de Médicis, il lui aurait prédit qu’elle deviendrait reine de France, alors qu’elle était mariée à Henri II, cadet du roi régnant à l’époque, et qu’elle aurait des enfants, alors qu’elle se croyait stérile (elle fut bien reine et mère !). On raconte que c’est à cause de lui qu’elle abandonne, en 1564, la construction du palais des Tuileries, non loin de l’église de Saint-Germain, Ruggieri lui ayant annoncé qu’elle mourrait près de Saint-Germain. Or, elle s’éteindra à Blois… après avoir reçu les derniers sacrements d’un prêtre nommé Julien de Saint-Germain ! Ce spécialiste des astres s’est aussi illustré par sa pratique des arts divinatoires et de la magie. Ainsi lisait-il dans les entrailles des animaux et dans des miroirs magiques, et pratiquait-il l’envoûtement. Son apparition dans des romans de Dumas et de Balzac l’a consacré comme figure légendaire de devin de la cour. Il illustre à merveille l’importance de lire entre les lignes, avec un certain recul, les prévisions astrales.


L’astrologie élargit son champ d’investigation

Astrologie plurielle

L’histoire de l’astrologie s’enracine dans l’aube de l’humanité et présente une succession d’avancées, mais aussi des phases de désaffection. Dans l’histoire récente, l’astrologie fait un retour en force au XIXe siècle, dans la foulée de l’intérêt pour l’occultisme et les pratiques spirituelles. Au tournant du XXe siècle, si les sciences exactes la rejettent, la psychologie naissante la considère avec intérêt, en particulier Carl Gustav Jung. Ce dernier inspire Dane Rudhyar : musicien et psychologue, son astrologie humaniste pose les bases d’un outil de croissance et d’évolution personnelle. Aujourd’hui, suivant le courant des approches intégratives, l’astrologie élargit son champ d’investigation et interagit avec d’autres techniques. Ainsi, entre autres approches, l’astrogénéalogie fait le lien avec les techniques transgéné¬rationnelles. Plus spécifique, le duo astrologie/constellations familiales est particulièrement percutant. « Ce sont deux méthodes autonomes qui gagnent à être complémentaires. L’astrologie est un outil d’analyse qui permet de mieux nous comprendre à travers notre ciel de naissance. Elle éclaire les étapes charnières de notre évolution. Aussi sensible soit-elle, cette étude astrologique nous amène seulement au seuil de l’inconscient. Les constellations familiales franchissent ce seuil en laissant émerger, à travers un travail émotionnel de guérison, la façon dont nous sommes intriqués sans le savoir dans l’inconscient familial. Elles favorisent notre libération intérieure. Par ailleurs, l’astrologie permet de vérifier si ce qui émerge dans une constellation est réel et sert donc de garde-fou aux dérives interprétatives », explique Viviane Cangeloni qui propose des séances individuelles ou des ateliers de groupe sur ce thème (1) et aussi de l’astro-numérologie.


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