Article


© D.R
+ Déjà dans mes favoris
+ Ajouter aux favoris

PUBLIÉ LE 21/09/2018

A RETROUVER DANS

Inexploré n°40

Au-delà : La psychologie et la science bouleversées !
Magazine » Témoignages

Moody : « Il y a une vie après la vie »

Dans un nouveau livre d’entretiens avec le journaliste Paul Perry, le Dr Raymond Moody se confie sur l’ensemble de son parcours professionnel, intellectuel et personnel. Il raconte comment sa position a évolué depuis un scepticisme philosophique rigoureux, jusqu’à l’acceptation de l’hypothèse de l’après-vie.

Lors de son entretien avec Paul Perry, le Dr Raymond Moody confie que l’aspect le plus dérangeant à ses yeux, parmi le nombre d’expériences partagées qu’il a rencontrées, est le fait que certaines personnes assistent à une sorte de « revue de vie », de la personne qui décède. « Personnellement je n’aimerais pas que quiconque voit mon bilan de vie, explique-t-il. Cette idée d’avoir un tel spectateur me met mal à l’aise. Déjà, faire mon bilan de vie moi-même, c’est quelque chose ! Alors avoir quelqu’un qui le regarde en même temps… » Cependant de tels témoignages peuvent aussi démontrer qu’il n’y a rien de gênant en soi, et qu’une telle situation peut être vécue comme parfaitement naturelle. Pour illustrer cela, Raymond Moody raconte :

« Une dame âgée que j’ai rencontrée lorsque j’enseignais la psychologie en Géorgie, m’a raconté une histoire merveilleuse et très surprenante. Son mari, avec qui elle était mariée depuis plusieurs décennies, était en train de mourir. Soudain elle a vu au bord de son lit, un panorama holographique de tout ce qu’il avait fait et vécu. Et puisqu’ils étaient amis d’enfance et avaient grandit à deux maisons d’écart, elle m’a expliqué qu’elle connaissait la plus grande partie de ce qu’elle voyait. Mais il y avait aussi des éléments qu’elle ne connaissait pas. Et elle m’a dit, pour ajouter encore à l’extraordinaire, que certaines scènes de la vie de son mari, étaient comme "bloquées" par ce qu’elle a appelé des "écrans" cachant certaines scènes. Tout ceci s’est produit en présence également d’un être de totale compassion. Elle avait donc été surprise et en même temps un peu fâchée que certaines parties de la vie de son mari lui aient été cachées. Puis elle a ensuite compris qu’il n’y avait rien de mal à cela, que le moment n’était peut-être pas venu pour elle de voir ces scènes, et qu’elle les verrait peut-être un jour. »

Autre fait étonnant, Raymond Moody a recueilli les témoignages de personnes ayant vécu une expérience de mort partagée, mais à distance. « En 1982, j’ai parlé à un jeune homme qui avait une vingtaine d’années, raconte-t-il. Il avait un frère jumeau et à l’âge de 18 ans, au beau milieu de la journée, il a vécu lui-même une expérience de mort imminente. Il ne savait pas pourquoi, jusqu’à ce que, quelques heures plus tard, il apprenne que son jumeau qui se trouvait dans un autre État du pays était décédé à ce moment précis. »


Deux cas extraordinaires Enfin, deux cas rapportés au Dr Moody, ont particulièrement contribué à remporter sa conviction quant à la réalité de l’après-vie. À la fin des années 2000, il a rencontré aux États-Unis, un artiste et homme d’affaires à succès, Jeff Olsen, qui lui a raconté son EMI survenue au cours d’un accident de voiture arrivé plusieurs années plus tôt. Dans cet accident, il avait perdu son épouse, son plus jeune fils, et lui-même avait dû être amputé d’une jambe. À l’époque, Raymond Moody lui avait conseillé d’écrire son histoire, qui est devenue un livre (I knew their hearts). Dans celui-ci, Jeff Olsen mentionne le nom du chirurgien traumatologique qui lui a sauvé la vie, et qui se trouve être une sommité de la discipline. Un jour, le rescapé invite son médecin à déjeuner et lui a raconté son EMI, ce qu’il n’avait pas fait à l’époque. Au cours du repas, le médecin a alors pris un ton très solennel pour lui dire : « Écoutez, je ne l’ai jamais dit à personne, mais la nuit où vous êtes arrivé à l’hôpital, je savais que vous n’alliez pas mourir parce que la salle d’opération s’est ouverte sur une sorte de nouvelle dimension et j’ai parlé avec votre femme qui avait pourtant été tuée dans l’accident… » On pourrait invoquer « un phénomène d’hystérie » qui serait survenu chez ce médecin, afin de préserver un tant soit peu le modèle matérialiste face à un tel témoignage, propose aussi Raymond Moody.

Mais une seconde histoire du même type lui a été confiée par un chirurgien qui est venu l’interpeller à l’issue d’une de ses conférences donnée en Italie. Raymond Moody a rapporté cet épisode lors d’un congrès à Saint-Malo en 2016. Le chirurgien lui a donc raconté l’histoire suivante : « Il y a quelques mois j’ai opéré un patient jeune et en bonne santé pour une opération de routine. Mais son cœur s’est arrêté brutalement et je ne parvenais pas à le réanimer avec le reste de l’équipe. J’ai alors abandonné mes efforts au bout d’un moment et je me demandais comment j’allais pouvoir annoncer cela à sa famille. Soudain, les portes du bloc opératoire se sont ouvertes et une femme très agitée est entrée en trombe. Elle avait l’air en plein délire et j’ai d’abord cru que c’était une psychotique. Puis j’ai compris ce qu’elle essayait de me dire : "Mon mari n’est pas mort !" répétait-elle. "J’étais dans la salle d’attente et mon mari est venu me dire que vous croyez qu’il est mort, mais il n’est pas mort !" Complètement abasourdi, j’ai alors repris mécaniquement les gestes de réanimation et nous avons réussi à faire repartir le cœur du patient. » Lorsque le chirurgien se retrouve quelque temps plus tard au chevet de son patient en salle de réveil, celui-ci lui confie immédiatement : « J’étais hors de mon corps et je voyais tout ce qui se passait. J’ai vu que vous pensiez que j’étais mort et j’essayais de vous dire "Non, je ne suis pas mort !", mais vous ne m’entendiez pas. Alors je suis allé dans la salle d’attente et j’ai essayé de dire à ma femme de venir vous le dire… » Ainsi, le témoignage du patient et celui de son épouse se corroborent mutuellement, ce qui rend extrêmement improbable l’hypothèse d’une forme d’hallucination pour l’un comme pour l’autre.


À lire :
« La Lumière au-delà de la vie »
Raymond Moody (entretiens avec Paul Perry)
Guy Trédaniel éditeur, 2018

Le texte ci-dessus est extrait de la postface de Jocelin Morisson : "Y a-t-il une vie après « la vie après la vie » ? – L’héritage intellectuel du père de l’étude des expériences de mort imminente


NOS SUGGESTIONSArticles