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PUBLIÉ LE 23/04/2020

A RETROUVER DANS

Inexploré n°46

Entre Terre et Ciel, connectez vos énergies

LES LIVRES À LIRE

Voyage entre deux vies

David Perroud
Symbiose Éditions

Les amants du ciel

Editions Jouvence
Magazine » Entretiens

« Une part de nous est multidimensionnelle »

Grand voyageur, David Perroud a plus d’une corde à son arc car en plus de cogérer m1nd-set, un institut suisse de recherche sur le comportement des voyageurs aériens à l’échelle mondiale, il publie depuis peu des romans. Passionné par tous les domaines qui touchent aux sciences et à la conscience : EMI (expériences de mort imminente), SHC (sorties hors du corps) et EMC (états de conscience modifiée), il consacre, depuis plus de 20 ans, la plupart de son temps à l’étude de ces phénomènes. Tous ces savoirs accumulés ont fait de lui un expert mais surtout un écrivain captivant.

D’où vous vient cette passion pour l’au-delà et quel a été l’élément déclencheur de vos recherches ?


Étant enfant, j’ai toujours été intrigué, lorsque je levais la tête et regardais le ciel et les étoiles. Je voulais à tout prix savoir ce qu’était l’univers ! Vers l’âge de 24 ans, j’ai commencé à m’y intéresser sérieusement en lisant beaucoup de livres d’astrophysique afin de tenter de comprendre sa structure. Mes recherches ont démarré par le biais de la physique, que ce soit l’astrophysique ou la physique quantique. Ma porte d’entrée s’est faite par les sciences puis j’ai commencé à réaliser que celles-ci laissaient un grand nombre de questions, de grandes « inconnues » sans réponses. Par hasard, on m’a offert un livre de Raymond Moody La vie après la vie.
J’ai ainsi compris que d’autres dimensions existaient et que cela pouvait être dans ces espaces que se produisaient les EMI. Plus tard, j’ai étendu mes investigations aux SHC, aux synchronicités, aux EMC et récemment aux travaux de Sylvie Déthiollaz et aux expériences de Nicolas Fraisse effectuées avec des protocoles. Tout ceci a eu pour résultat de profondément me convaincre. Ces découvertes démontrent qu’une part de nous n’est ni matérielle, ni mortelle mais probablement multidimensionnelle. C’est sur cette base que j’écris mes romans, en partant du postulat que des choses extraordinaires nous attendent lorsque notre conscience se libère de la matière.


Avez-vous vécu vous-même des expériences « hors norme » ?


Un jour je me suis dit que les compréhensions intellectuelles devaient être nourries par des validations personnelles car sinon c’était un peu comme expliquer à quelqu’un qui n’a jamais fait de vélo quelle est la sensation de rouler, les cheveux aux vents, sans avoir fait de vélo soi-même… J’ai donc eu envie d’essayer de les appréhender, de les ressentir et cela m’a amené à entreprendre un travail. J’ai commencé la pratique de la méditation puis de la sophrologie et enfin de la respiration holotropique. J’ai même tenté un cours de SHC organisé par l’IAC (International Academy of Consciousness) à Londres et ça n’a pas marché mais j’ai appris un tas de choses ! Ma plus grande EMC se produit chaque fois que j’écris ! Je me mets devant mon ordinateur, je commence à tapoter sur les touches de mon clavier et des mondes s’ouvrent à moi. Je n’ai qu’à laisser couler, il n’y a aucun scénario, cela vient tout seul, c’est fluide : je commence à voir une planète et je la décris, c’est très déroutant, un flot d’images se succèdent. Il en est de même pour ce qui arrivent à mes personnages. Je n’ai d’ailleurs fait aucun plan pour mes deux romans.


Vous avez énormément étudié et vos fictions ne s’apparentent pas à une « compilation » d’informations. Pourquoi avoir choisi de transmettre vos connaissances à travers un roman ?


Au départ, il m’est arrivé d’échanger avec des scientifiques assez « calés » et spécialistes de ces questions. Leurs retours étaient très encourageants : plusieurs d’entre eux m’ont dit que j’avais une énorme connaissance transversale et que c’était rare. Certains étaient des spécialistes de la physique quantique et m’avouaient n’avoir que peu de connaissances dans le domaine de l’évolution des espèces, par exemple. Plusieurs m’ont ainsi conseillé d’écrire un ouvrage illustrant tous les parallèles existants entre ces différentes disciplines. J’ai donc démarré l’écriture d’un essai… et au bout de trois chapitres, je me suis relu et cela m’ennuyait, de la même manière que je m’étais ennuyé à les écrire.
J’ai immédiatement arrêté et j’ai mis cela de côté pendant trois ans.
Puis j’ai décidé de m’inscrire à une retraite de cinq jours avec Eckhart Tolle.
J’ai ressenti une énergie très particulière dans ce lieu magnifique avec un lac couvert de nénuphars sur lequel nous pouvions naviguer entre les méditations. Après l’une d’entre elles, j’ai clairement perçu que je devais écrire un roman, c’est venu brusquement comme une évidence, cela s’est dit très fort en moi : « tu dois reprendre l’écriture sous forme de roman ». C’était une énorme intuition, une « grosse voix intérieure » dont l’idée, soufflée, ne m’a pas quittée pendant trois jours.
J’ai allumé mon ordinateur, j’ai commencé le premier chapitre et comme ça coulait si facilement, j’ai enchainé avec les suivants.
Le roman me permet d’aller plus loin. Je peux m’appuyer sur mes connaissances scientifiques, sur de nombreux récits et témoignages de gens ayant vécu des EMC comme un socle, des fondations, sur lesquelles construire mes histoires. J’aime cette forme littéraire car je n’ai aucune démonstration à réaliser, mes connaissances nourrissent subtilement l’intuition qui me guide.


Comment expliquez-vous que les mondes fantastiques qui vous viennent à l’esprit puissent être si semblables à ceux que relatent le Dr Eben Alexander à propos de ses EMI ?


C’est une chose étrange que l’inspiration.
Dans mes romans je parle beaucoup du champ quantique ou des mémoires Akashiques, une « base de données » universelle et multidimensionnelle qui contiendrait toute l’information de l’univers qu’Ervin Laszlo décrit très bien. La science le mentionne d’ailleurs de plus en plus. Connecté à cette base de données, je soupçonne que l’inspiration ne soit pas un don particulier, mais simplement une possibilité de se relier, consciemment ou pas, à cette source. Nous commençons à découvrir que nos corps, notamment par le biais de nos cerveaux ou de notre ADN, sont parfaitement outillés pour interagir avec ce champ quantique. S’il contient de l’information sur d’autres mondes et d’autres dimensions, il ne serait donc pas surprenant que mes descriptions soient semblables à celles d’autres personnes qui y on eut accès, comme le Dr Eben Alexander lors de son EMI ou comme de nombreux artistes tel que James Cameron avec son film Avatar. Je pense que nous avons tous accès à ces informations en lien avec la nature, certains les expriment comme je le fais dans mes romans, d’autres ont des idées qui émergent d’un même champ morphique. La magie opère lorsque ces visions trouvent écho chez l’autre. Il se produit un échange d’âme à âme.
Des lecteurs me disent régulièrement que les autres mondes, ou les dimensions décrites dans mes livres, leur sont familiers ou ressemblent même à des témoignages qu’ils ont lus auparavant. Je pense que nous avons simplement eu accès aux mêmes données émanant d’une conscience collective.
Nous sommes tous des vecteurs et la réussite d’une œuvre implique qu’il y ait à la fois cette capacité à se rendre « réceptif » et cette singularité individuelle à l’incarner. Tout le travail qu’il y a autour d’une création qu’elle soit picturale, cinématographique, littéraire, musicale est le résultat d’une subtile alchimie qui consiste à la fois à recevoir, à aller chercher en soi et ailleurs toute cette matière brute puis à l’ordonner afin de la rendre intelligible et recevable par tous.


Dans vos deux romans il est question de nouveaux modèles de sociétés. Notamment d’éducation alternative, est-ce quelque chose que vous avez expérimenté vous-même ?


J’ai suivi ma scolarité dans une école Rudolph Steiner mais mes enfants, eux, ne le souhaitent pas. Cependant je leur ai toujours dit que le jour où ils ne seraient plus confortables et heureux avec la manière dont ils reçoivent l’enseignement, un changement serait possible, à tout moment. J’aimerais beaucoup que le modèle éducatif ressemble à celui appliqué en Finlande, que les écoles classiques soient repensées et que la norme actuelle soit modifiée. Subtilement ces nouveaux modèles arrivent puisque, petit à petit, la méditation s’invite dans les écoles. Concernant le questions écologiques, je ne suis pas dans un schéma de militantisme mais j’agis en conscience et participe, à mon échelle, à ces changements collectifs positifs. Dans mon deuxième roman Les amants du ciel, l’un de mes deux personnages principaux, Arold, est multimillionnaire et selon les critères matérialistes de notre époque actuelle, il a parfaitement réussi néanmoins il est triste, dépressif et dégouté par ce qu’il a lui-même engendré. Grâce à Ariel, sa « flamme jumelle », une femme engagée qui vit dans la sincérité et l’amour, il réalise enfin que pour être heureux, sa vie doit servir les idéaux les plus profonds de son âme avec respect, confiance et empathie.
Je pense que pour évoluer notre monde actuel devra passer par ce même constat, c’est d’ailleurs ce qui est en train de se produire et qui explique la quête de sens de bon nombre d’êtres humains actuellement.


Après sa mort, votre héros se retrouve perdu sur une planète où il expérimente l’ombre. Pensez-vous que nous devons tous traverser notre part d’ombre pour retrouver notre lumière ?


Toute l’histoire de cette planète qui est dans le marasme, l’ombre absolue, est une parabole de ce qui se pourrait se passer sur Terre si nous n’élevions pas nos consciences.
On comprend bien, dans ce passage de mon livre, que même si le pire devait arriver, ce ne serait pas grave, ce serait juste un chemin… plus tortueux qu’un autre. Il n’y pas de jugement, pas d’échec. Nous apprenons ce dont nous avons besoin pour prendre une voie plus lumineuse au prochain essai. Finalement je pense que le bien et le mal sont des concepts du mental qui n’existent que dans nos intellects.
Ainsi, plus j’avance dans mon parcours spirituel et plus je réalise que cette vision manichéenne du monde, n’a plus lieu d’être.
Mes « vérités passées » se sont effondrées pour laisser place à une vision personnelle qui m’enseigne que ma part d’ombre me permet d’aller vers ma part de lumière. Si j’observe ma propre expérience ou celles d’amis proches, je comprends qu’il faut souvent une ou plusieurs épreuves pour évoluer. Se laisser submerger par les méandres de son mental insatisfait offre la chance de ressentir ce qui nous manque.
J’ai par exemple longtemps cru que la science matérialiste tenait la vérité absolue. À cette période, comme par hasard, tout ce que je lisais, tout ce que l’on m’apprenait à l’université venait renforcer ces croyances. Mon mental me poussait à travailler plus dur, à accumuler plus d’argent et de biens jusqu’à ce que je n’y trouve plus mon compte. Je me souviens avoir construit notre maison puis m’être dit immédiatement après qu’il m’en faudrait rapidement une plus grande. Tout ceci était éreintant, mon niveau d’exigences évoluait plus vite que ma capacité à les combler.
Ai-je à ce moment-là visité ma part d’ombre ? Je me suis enfermé dans un mental tellement étroit pour réaliser que je n’y trouverais jamais la paix ni le bonheur. J’ai donc vécu cette fameuse prise de conscience et je me suis plongé dans une recherche introspective.


Enfin, pensez-vous que nous ayons tous une ou des âmes sœurs dans notre vie actuelle ? Une flamme-jumelle à retrouver ?


Oui, je le pense.
Les témoignages de personnes qui font des SHC dans d’autres dimensions parlent souvent de famille d’âmes. Des âmes avec qui nous avons tendance à parcourir un chemin qui pourrait être bien plus long et plus complet que celui de notre vie actuelle. Je pense que parmi ces familles d’âmes, il y a des âmes sœurs et des flammes-jumelles. Dans Les Amants du ciel, Ariel et Arold sont justement deux êtres appelés à se retrouver dans cette vie, pour pouvoir pleinement réaliser leur potentiel grâce à l’amour.
Les concepts d’âmes sœurs, de flammes jumelles et de familles d’âmes nous enseignent que nous revenons peut-être, de vies en vies, simplement pour apprendre ensemble ce qu’est l’amour inconditionnel. Un amour qui débute avant notre incarnation et qui perdure au-delà de celle-ci.
Un sentiment si fort qui se passe totalement de l’intellect et se vit dans le corps et le ressenti. Ce concept explique à lui seul bien des sensations, attirances et attractions irrésistibles dans nos vies terrestres. En ce qui concerne les familles d’âmes, cela se manifeste aussi par l’intuition, par un sentiment de reconnaissance et de ressemblances avec d’autre personnes qui nous sont immédiatement familières.


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