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PUBLIÉ LE 30/10/2017

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L'école s'éveille

Depuis quelques années, on constate l’émergence de nombreuses pédagogies alternatives. Comment s’adapter aux « nouveaux enfants » apparemment dotés d’une sagesse innée et d’un niveau de conscience inédit ? Comment élaborer une éducation à la mesure de cette nouvelle humanité davantage attirée par la réalisation de soi ?

Les pédagogies alternatives ont le vent en poupe. En 2016, en France, près d’une centaine d’écoles se sont créées autour d’elles. Si la plupart se revendiquent des courants les plus connus comme Montessori, Steiner ou Freinet, d’autres types d’établissements se développent, comme les « écoles démocratiques ». Et au sein même de l’Éducation nationale, un nombre croissant de professeurs se tournent vers des pratiques visant à favoriser le bien-être et l’épanouissement des élèves. Quelques milliers d’instituteurs du primaire sont aujourd’hui affiliés au mouvement Freinet. Côté maternelle, la dynamique lancée par Céline Alvarez prônant le respect des lois naturelles de l’enfant fait boule de neige, et ses congrès font salle comble. Parallèlement, l’instruction en famille et les associations parentales sont de plus en plus répandues avec une hausse de 30 % depuis 2010… Que se cache-t-il derrière ce foisonnement d’initiatives ? Simple phénomène de mode ou véritable révolution de nos modèles éducatifs ? De manière sous-jacente, un éveil des consciences serait-il à l’œuvre, imposant aux enseignants comme aux parents l’obligation de s’adapter aux enfants d’aujourd’hui ?


L’épanouissement de l’enfant au centre du projet éducatif


« Nous avons retiré notre fils de l’Éducation nationale car il vivait des choses difficiles à l’école et était très malheureux. Son état était devenu plus qu’inquiétant, nous l’avons pris au sérieux », témoignent Ève et Alain qui pratiquent aujourd’hui l’instruction en famille dans un petit village des Cévennes. Comme eux, de plus en plus de parents sont interpellés par le mal-être vécu par leurs enfants à l’école, souvent associé à des troubles du comportement (angoisse, agressivité, hyperactivité, etc.) ou à des difficultés d’apprentissage. D’après différentes études, un élève sur dix se sent en souffrance ou en danger à l’école et la même proportion est étiquetée « dys », c’est à dire considérée comme atteinte d’un trouble cognitif spécifique.

Antonella Verdiani, responsable des questions d’éducation à l’Unesco pendant près de vingt ans, soutient que les générations d’aujourd’hui naissent avec une sagesse innée, une ouverture psychique et une conscience globale inédites. « Inutile d’imposer quoi que ce soit à des êtres pareils !  » s’exclame-t-elle. Une relation éducative basée sur l’adulte dominant et détenteur du savoir et l’enfant inférieur et ignorant ne tient plus la route. La conscience de “l’homme du futur” est en train de s’incarner. Les enfants d’aujourd’hui ont besoin d’une éducation à la mesure de cette nouvelle humanité, une éducation dont le but ultime est la réalisation de soi. » Les initiatives éducatives novatrices qui se développent partout dans le monde, et plus récemment en France, vont dans ce sens. Bien que multiples et variées, elles replacent toutes l’enfant et son épanouissement au centre du projet éducatif. Elles remettent en cause le système conventionnel, son esprit de compétition et de performance, ainsi que la peur et le stress qu’il engendre. Elles mettent en œuvre des pédagogies actives et bienveillantes, dans lesquelles la curiosité et le plaisir deviennent les moteurs de l’apprentissage, et le bien-être le principal indicateur de réussite. L’enfant est considéré dans toutes ses dimensions. Alors que la « vieille école » refusait les rires comme les pleurs, les émotions sont ici accueillies, nommées et respectées. « Chacun de nous recèle un don, un talent inné qui, s’il est respecté et honoré, nous transformera en un être humain heureux. L’éducation a le devoir de reconnaître ce trésor et de le révéler. L’enjeu n’est rien d’autre que l’accomplissement d’un monde de paix », écrit Antonella Verdian dans son livre Ces écoles qui rendent nos enfants heureux. Dans l’association La Chrysalide qu’ils ont créée pour s’entraider avec d’autres parents faisant l’instruction en famille, Ève et Alain ont choisi eux aussi de mettre l’accent sur l’éveil de l’être. « Non seulement l’accès à l’être n’est pas garanti par l’école publique, mais il semble même qu’il soit empêché par la pression des programmes et des notations. Il est fondamental pour nous que nos enfants développent leur libre arbitre et apprennent comment rester proches de leur être. »....


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