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PUBLIÉ LE 13/11/2017
  • Catherine Maillard
    Auteur

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Inexploré n°36

Astrologie, quand les étoiles guident notre chemin de vie

LE LIVRE À LIRE

Rituels de femmes pour s'épanouir au rythme des saisons

Marianne Grasselli Meier
Le Courrier du Livre
Magazine » Pratique

Se rééquilibrer grâce au rythme des saisons

Renouer avec la nature en observant des rituels inspirés par les saisons et se reconnecter à notre environnement, une voie pour réguler nos désordres intérieurs.
Les conseils de l’écothérapeute Marianne Grasselli Meier.

Bio Express



Musicothérapeute, écothérapeute en artthérapie chamanique, la Suissesse Marianne Grasselli Meier privilégie l’expérience créative reliée à l’écospiritualité amérindienne comme la Roue de médecine et la pratique de rituels, en connexion avec notre environnement. Fin 1990, elle fonde et anime le Cercle de grâce, des rencontres sacrées où résonnent voix et tambours pour honorer les rythmes saisonniers. La musique est l’outil principal de ses accompagnements, qu’ils soient sous forme de développement personnel ou de thérapie.



« Une de nos grandes blessures est de nous sentir séparés de la nature. Nous avons perdu la mémoire de qui nous sommes vraiment ; nous sommes la graine, la feuille, le fruit et l’arbre », pose d’emblée Marianne Grasselli Meier, écothérapeute, qui puise son inspiration dans une approche d’art-thérapie liée aux pratiques chamaniques amérindiennes. Sa proposition ? Nous « accorder » au rythme des saisons, pour renouer avec notre environnement et notre propre nature, grâce à des écorituels. « Les saisons nous offrent un enseignement pragmatique au quotidien pour répondre à notre quête d’équilibre », poursuit notre experte.

Comment s’y prendre ? En observant les différents changements qui s’offrent à nous à chaque saison. En nous accordant au rythme de la nature, nous touchons au coeur du vivant, en quelque sorte : il devient possible de faire confiance à nos propres capacités de croissance et de transformation.


L’automne pour lâcher prise



« Marqué par les moissons, qui ont débuté en été et peuvent se prolonger jusqu’en octobre, et les derniers rayons intenses du soleil, l’automne est une phase de profond lâcher- prise », explique Marianne Grasselli Meier.

Dans la tradition celtique, la terre est dans le contentement d’avoir donné ce qui sera amené à éclore, et prête à laisser aller ce qui doit partir. Si le printemps est associé au renouveau et l’été à la plénitude, l’automne, pour sa part, correspond à une descente et l’hiver au point le plus bas de cette descente. « C’est un puissant moment de transformation : feuilles, fruits à coque choient et vont être recyclés en humus, nous invitant nous aussi à relâcher ce qui nous alourdit ou qui a passé son point de culmination », traduit l’écothérapeute. La vie citadine nous éloigne de cette connexion avec la nature, pourtant celle-ci est partout autour de nous. Un arbre en bord d’avenue, un oiseau qui chante, laissant des plumes sur le bitume, des jardins partagés… Pour inviter la nature dans notre quotidien et dialoguer avec elle, nous pouvons lui faire une place : « Lui dédier un autel est une pratique simple à mettre en place », propose Marianne Grasselli Meier.

En pratique

Prévoyez une promenade « en conscience », que ce soit dans une forêt, un parc, un square. Il s’agit de se laisser surprendre par tous vos sens. En respirant les odeurs environnantes, la terre, l’herbe… Observez avec une vision dite « flottante » les feuillages qui changent de ton, écoutez la mélodie du vent. Laissez-vous attirer par différents éléments au sol : feuilles, branches, pierres… En quoi sont-ils l’expression de cette nouvelle saison ?

Collectez différents éléments naturels. Une fois de retour chez vous, choisissez un emplacement et sur un tissu, déposez votre récolte. Prenez quelques instants pour ressentir. Avec des mots simples, vous pouvez prononcer votre intention, comme : « Que cet autel soit mon lieu de rencontre avec l’âme saisonnière de l’automne. » À chaque nouvelle promenade, vous pourrez ajouter d’autres éléments à votre autel, en gardant à l’esprit le mouvement de transformation proposé par l’automne.




S’enraciner tel un arbre



En automne, le vent peut souffler avec vigueur, tout semble s’envoler. La saison, nous invite à « lâcher » le superflu, tout en restant bien ancrés. « Prenons exemple sur l’arbre, qui se défait de sa parure, ses racines plongeant profondément dans la terre, pour traverser sans encombre la saison froide », propose Marianne Grasselli Meier. Pour préserver notre stabilité, l’ancrage est nécessaire en cette saison automnale : devenons tel un arbre, bien enraciné entre terre et ciel.

En pratique

Profitez d’un jour où le vent souffle, pour faire une balade. Repérez un arbre qui vous inspire de la force. Face à lui, ressentez l’agitation autour de vous, les feuilles qui virevoltent. Prenez de grandes respirations, puis laissez ce mouvement ralentir à l’intérieur de vous. Vous êtes de plus en plus calme. Prenez conscience des racines sous vos pieds, qui plongent dans la terre. Sentez le vent qui vous bouscule, laissez-vous faire. Tout le haut de votre corps bouge, vos pieds restent stables. Ressentez ! Dans une grande inspiration et dans un geste ample d’ouverture des bras, placez vos mains au niveau de votre front. Apaisez votre mental, restez un instant immobile, relâchez les bras et laissez-vous à nouveau balancer au gré du vent. Puis, dans une grande inspiration et dans un geste ample d’ouverture des bras, placez vos mains au niveau de votre coeur : apaisez vos émotions. L’esprit de l’automne continue de souffler, et vos balancements se font plus amples. Puis accroupissez-vous et touchez le sol. Captez sa force, son immobilité rassurante.

Relevez-vous en ramenant vos mains au niveau de votre bassin, pour amplifiez votre ancrage, votre stabilité. Quand vous vous sentez déstabilisé face à des changements ou un imprévu vous pouvez refaire cet exercice et ressentir une force tranquille.




Contacter son être profond



Nous sommes de plus en plus sollicités dans notre quotidien et la rentrée nécessite d’adopter un rythme soutenu, alors que la saison de l’automne préconise le retour à soi. C’est le moment pour renforcer notre intériorité, avant d’entamer le voyage en soi que préconise l’hiver. Les fruits à coque sont un symbole automnal de ce repli salutaire. « Nous aussi, nous avons besoin de protection, pour protéger notre être profond », expose Marianne Grasselli Meier.

En pratique

Bien assis au sol confortablement, en contact avec votre bassin et le poids de votre corps, un fruit à coque près de vous (châtaigne, noisette, noix...), respirez profondément, les yeux fermés. Appelez l’esprit de l’automne pour vous relier à votre intériorité, votre être profond. Ouvrez les yeux, prenez le fruit à coque et observez-le. Que vous inspire-t- il sur vous, sur votre protection ? Vous pouvez prononcer à haute voix : « Comme cette coque de noix, je sais me protéger, je respecte mon intimité. » Ouvrez la coque et découvrez l’intérieur, le symbole de votre être profond, votre force, vos rêves secrets, vos qualités, celles que personne ne peut vous enlever. Ressentez, il s’agit de votre intégrité. Laissez émerger ce qui vous qualifie… Plus tard, si vous vous sentez vulnérable, refaites cet exercice pour cultiver votre force intérieure.




Éclairer son chemin grâce au solstice d’hiver



En hiver, le temps est au calme et au silence, pour régénérer ce qui a été productif pendant neuf mois. « De la même manière qu’un buisson ne peut fleurir pendant toute l’année, nous avons aussi besoin de nous recentrer sur nous-même et nous relancer au printemps avec une nouvelle force de vie », rappelle Marianne Grasselli Meier. C’est aussi un moment privilégié pour se rappeler son chemin et célébrer ses ancêtres, sa lignée, sa force de vie et son moteur de développement. Le solstice d’hiver était célébré par les Anciens comme symbole de la renaissance du soleil. « En effet, le 21 décembre marque le jour le plus court et la nuit la plus longue de l’année, soit le passage du moment le plus sombre avant le retour du soleil », nous explique Marianne Grasselli Meier. Sur le plan symbolique, c’est un moment parfait pour « éclairer » notre chemin. Happés par la frénésie du quotidien, nous pouvons oublier que la route que nous avons tracée contient de véritables cadeaux, alors l’hiver est synonyme de froid, de repli, et peut être vécu négativement. Le solstice est une occasion de s’offrir un temps d’introspection nécessaire pour renaître à nouveau, avec plus de confiance. Le brouillard finit toujours par se lever !

En pratique

Le jour du solstice, faites une promenade dans la nature à la fin de la journée. Mettez-vous en contact avec les moments forts de votre vie qui se sont déroulés depuis l’hiver dernier et ramassez un caillou pour chacun d’eux (entre 4 et 10). Laissez-vous envelopper par la nuit qui tombe. De retour chez vous, préparez un nombre de bougies identique à celui des pierres. Posez votre intention en des mots simples comme « je retrouve le fil de ma vie ». Prenez quelques respirations profondes, ralentissez le rythme de vos pensées, accueillez-vous dans l’instant. Puis délimitez une allée sur le sol, que vous balisez en déposant en ligne vos bougies éteintes. Parcourez-la en posant consciemment une pierre : que représente- t-elle comme événement significatif ? Y a-t-il des similitudes entre la forme, le poids, la rugosité de la pierre et vos souvenirs ? Poursuivez en plaçant une à une vos pierres. Une fois au bout, ressentez la nuit qui vous enveloppe. Puis allumez une à une les bougies et en refaisant le chemin inverse, laissez les liens entre les évènements émerger, les cadeaux apparaître, la lumière revenir. Votre chemin de vie s’illumine



Laissez-vous le temps de vivre les émotions qui affleurent.
Remerciez-vous.
Éteignez les bougies.


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