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PUBLIÉ LE 11/12/2017
  • Aurélie Aimé
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EMDR : Reprogrammer son cerveau

Dans les années 1980, Francine Shapiro découvrait l’EMDR, une approche psychothérapeutique brève qui aide les personnes ayant vécu un traumatisme. Aujourd’hui largement développée et reconnue dans le monde, la méthode permettrait aussi de contacter les défunts pour libérer des souffrances du deuil...

L’EMDR est née d’une intuition. À la fin des années 1980, la psychothérapeute américaine Francine Shapiro se promène dans un parc et rumine des idées noires. Alors qu’elle balaye nerveusement le paysage d’un regard alternant de droite à gauche, elle prend conscience que l’intensité de sa détresse diminue… Le sigle EMDR, en anglais Eye Movement Desensitization and Reprocessing, peut se traduire par : intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires. Un nom énigmatique qui désigne une technique assez simple permettant de « digérer » les émotions ancrées, parfois en peu de séances.

Développée par la suite par Francine Shapiro et pratiquée aujourd’hui dans le monde entier, l’EMDR a démontré son efficacité sur les états de stress post-traumatique liés à un événement précis (accident, viol, violence…), et sur d’autres éléments jalonnant notre existence, perçus comme plus anodins, mais sources d’émotions ou de comportements problématiques. Elle a pour avantage de s’adresser à tous types de patients, enfants comme adultes. Cette thérapie brève s’appuie sur les capacités du cerveau à transformer les informations à l’origine du traumatisme. Elle amène le patient à se libérer de la charge émotionnelle et des blocages induits par son traumatisme. Avec les TCC (thérapies comportementales et cognitives), l’EMDR est la seule approche thérapeutique recommandée pour le traitement des états de stress post-traumatique par la Haute autorité de santé et l’Organisation mondiale de la santé.


Une stimulation sensorielle libératrice



Mais qu’est-ce qui la distingue d’autres thérapies brèves du même type, telles l’hypnose ou l’EFT ? Frédéric Rosenfeld, médecin psychiatre en région lyonnaise, est également diplômé en TCC

L’EMDR a démontré son efficacité sur les états de stress post-traumatiques et s’adresse à tous types de patients, enfants comme adultes.

et en EMDR. Il explique que « ce qui caractérise l’EMDR est sa relative rapidité par rapport aux thérapies comportementales. Et si c’était l’outil que Freud aurait souhaité avoir ? En effet, durant certaines séances, on peut observer à ciel ouvert les foisonnantes associations d’idées et d’émotions que les êtres symboliques et sensibles que nous sommes accomplissons, et qui nous amènent à construire inconsciemment notre propre détresse. Mais ce n’est pas l’essentiel : ce qui prévaut, c’est d’aboutir, par l’EMDR, à ce que le patient se libère de sa détresse traumatique ».

Concrètement, comment se déroule une séance ? L’EMDR se veut une thérapie de courte durée, pratiquée sur quelques séances seulement, qui durent de 60 à 90 minutes. On demande au patient de fixer son attention sur un événement pénible du passé, en accueillant les éléments sensoriels, émotionnels et mentaux qui y sont liés. Puis le thérapeute induit une stimulation sensorielle alternant la gauche et la droite chez le patient. Soit il invite la personne à suivre du regard le mouvement horizontal alterné d’un point ; soit, alors que le patient a préalablement posé ses mains sur ses genoux, le thérapeute tapote doucement et alternativement le dos de ses deux mains. Au fil des séances, différents éléments de la mémoire émergent de manière plus ou moins consciente et se défont de leur charge émotionnelle douloureuse. Cette stimulation interviendrait de façon complexe sur le cerveau limbique (ou cerveau émotionnel). Les scientifiques expliquent que par l’EMDR, les images, les perceptions et les souvenirs codés négativement dans le cerveau émotionnel sont littéralement « recodés » et perdent leur intensité désagréable. Graduellement, les éléments néfastes sont « délestés » de leur charge toxique.


La technique IADC



Certains praticiens sont allés plus loin. Allan Botkin, un psychologue américain, a constaté qu’après quelques modifications techniques, l’EMDR permettait de surmonter les deuils, en amenant les endeuillés à échanger avec leurs défunts ! Dès les années 1990, Allan Botkin pratiqua l’EMDR « classique » pour accompagner les vétérans de la guerre du Vietnam traumatisés par le conflit. En 1995, au décours d’une séance, un patient lui confia avoir perçu dans son esprit l’image d’un défunt qu’il avait connu et ressenti très nettement sa présence. D’abord sceptique, Allan Botkin prit le sujet plus au sérieux lorsque d’autres patients qu’il traitait en EMDR lui relatèrent avoir vécu le même type d’expérience : « J’ai constaté que 15 % de mes patients environ rapportaient avoir vécu lors d’une séance ce qu’ils pensaient être un contact avec un proche décédé », se souvient-il. (...)

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