Article


© D.R
+ Déjà dans mes favoris
+ Ajouter aux favoris

PUBLIÉ LE 06/02/2018

A RETROUVER DANS

Inexploré n°37

Être soi face au vertige de la nouvelle conscience
Magazine » Enquêtes

Le premier fantôme « témoin » dans un procès

Que faire lorsqu’il n’y a aucun témoin d’un meurtre et que la seule preuve de la culpabilité de l’assassin est le témoignage d’un fantôme ? Récit d’une exception juridique…

Zona Heaster Shue est retrouvée morte dans sa maison, le 23 janvier 1897 à Greenbrier, un petit village de Virginie-Occidentale aux États-Unis. Son mari Edward est tellement inconsolable qu’il ne laisse personne approcher son cadavre qu’il sert douloureusement contre lui. Même le médecin local n’a pas l’autorisation de l’examiner trop avant. Il conclut un peu rapidement à un décès pour cause de grossesse. Le mari éploré réussit à maintenir tout le monde à distance jusqu’à l’enterrement. Il habille sa femme d’une robe à col montant et l’enroule dans un châle en prétextant que ce sont ses habits favoris. Le comportement du mari, bien qu’excessif et étrange, n’alerte pas trop les proches qui mettent cela sur le compte du chagrin.

Cependant Mary Jane, la mère de Zona, qui avait toujours détesté son gendre, un homme sans-abri venu s’installer quelques mois plus tôt dans la contrée, assiste à une scène peu commune. En effet, elle souhaite laver le drap qui enveloppa le corps de sa fille, et lorsqu’elle le trempe dans l’eau, celle-ci se teinte en rouge. La mère voit là le signe que sa fille a été assassinée et implore son esprit de venir lui confirmer cette information. Pendant un mois, elle prie tous les soirs jusqu’à une nuit sans lune où la défunte se manifeste enfin à elle. Zona lui confirme qu’elle a bien été assassinée par son mari, qu’il l’a étranglée et que c’est pour cela qu’il cachait son cou dans ses habits. Mary Jane se rend alors chez le procureur et tente par tous les moyens de lui faire rouvrir le dossier sur la mort de sa fille. Hésitant, il demande le témoignage du médecin légiste et comprenant que celui-ci avait conclu au décès sans vraiment examiner le corps, il accepte une exhumation.

Le corps dévoile alors sans plus aucun doute possible une brisure au niveau du cou. Le procureur ouvre donc un procès dont le mari se voit être le suspect numéro un. Cependant, avec aucun témoin, le procès commence par tourner en faveur du mari qui nie les faits bien évidemment. Son avocat, pris de zèle, tente même de discréditer totalement la famille accusatrice, en expliquant que la mère de Zona a eu la révélation du meurtre par le fantôme de cette dernière. Mais au lieu de provoquer l’effet escompté, l’assemblée semble convaincue par ce revirement. Associé au passé trouble du mari, déjà marié, dont une fois à une femme décédée dans des circonstances étranges, cet étonnant témoignage envoie l’assassin en prison. Celui-ci évitant de peu la peine capitale, est uniquement condamné à la prison à vie. Il décède trois ans plus tard d’une épidémie de fièvre.

Aujourd’hui encore, on peut lire à l’entrée du cimetière où est enterrée Zona : « Zona Heaster Shue est enterrée dans un cimetière à proximité. Sa mort en 1897 a été présumée naturelle jusqu’à ce que son esprit apparaisse à sa mère pour décrire la façon dont elle a été tuée par son mari Edward. L’autopsie sur le corps exhumé confirma le compte de l’apparition. Edward reconnu coupable d’assassinat fut condamné à la prison d’État. Ce cas est le seul connu où le témoignage d’un fantôme a aidé à faire inculper un meurtrier. » Les meurtriers n’ont qu’à bien se tenir si les victimes reviennent témoigner… !


NOS SUGGESTIONSArticles