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© SANTHA FAIIA
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PUBLIÉ LE 28/06/2019
  • Aurélie Aimé
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  • illustration de Sébastien Lilli Sébastien Lilli
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Graham Hancock – À la recherche des civilisations disparues

Journaliste et auteur à succès, Graham Hancock a toujours défendu des théories anticonformistes. Depuis 25 ans, l’aventurier parcourt les temples du monde, scanne les fonds sous-marins, décrypte mythes et archives… Et si une civilisation antédiluvienne, spirituellement élevée et capable de prouesses techniques, avait été engloutie lors d’une catastrophe planétaire ? Nous avons rencontré l’auteur, qui nous livre le fruit de ses recherches bouleversantes.

Si la mythologie fourmille de descriptions d’un déluge destructeur, que dit la science à ce sujet ? Une civilisation mère, porteuse d’un message universel, aurait-elle pu disparaître sans laisser de traces ? Dans les années 1980, Graham Hancock dévoile la face cachée de l’aide humanitaire, puis entend dire que la mythique « arche d’Alliance », évoquée dans le film Indiana Jones, serait bien réelle et se trouverait en Éthiopie... Après une longue enquête qui débouchera sur l’écriture d’un livre, il s’interroge : existerait-il d’autres mystères qui pourraient réécrire l’histoire, passés inaperçus au sein de la communauté scientifique ?


Vous avez publié de très nombreux ouvrages. Quelles sont les informations essentielles que vous retenez ?


Dans L’Empreinte des dieux, publié en 1995, j’ai, pour la première fois, présenté l’idée qu’une civilisation perdue de l’âge de glace fut détruite lors d’un immense cataclysme, il y a 12 500 à 13 000 ans. À l’époque, les réactions au sein du milieu archéologique et journalistique ont été très hostiles. J’ai été attaqué pour avoir voulu remettre en question l’archéologie conventionnelle et accusé d’avoir fabriqué de fausses preuves. Mais j’ai maintenu ma position et continué à enquêter… Au cours des dix dernières années, j’ai constaté que les découvertes vont dans le sens de mon raisonnement. Soixante scientifiques de renom, venant de disciplines majeures telles l’astronomie, la géologie ou la géophysique, sont désormais convaincus que le monde a bien subi un cataclysme gigantesque à cette époque, et que ce dernier a été causé par une comète brisée en de multiples fragments qui ont percuté la Terre, avec un épicentre au nord de l’Amérique et au Groenland. Ce phénomène, d’une telle ampleur qu’il a été capable de détruire une civilisation entière, est appelé « hypothèse de l’impact cosmique du Dryas récent ». Les preuves émanent désormais de scientifiques universitaires.


De quelle ampleur était cet événement ?


Tout a démarré il y a 12 800 ans, lorsqu’au moins quatre fragments d’une comète ont heurté la calotte glaciaire nord-américaine et le Groenland. L’eau fondue des glaciers s’est déversée dans les océans du monde, stoppant net le courant marin chaud du Gulf Stream. Les conséquences furent une hausse très importante du niveau de la mer et un refroidissement soudain des températures. S’en sont suivies 1 200 années d’événements cataclysmiques causant une extinction massive de la mégafaune : les mammouths, rhinocéros laineux, tigres à dents de sabre, paresseux géants… Puis il y a 11 600 ans, une autre série d’impacts de fragments issus de la même comète a eu lieu, occasionnant des raz-de-marée gigantesques et la création d’un gros nuage de vapeur causant un effet de serre, ce qui explique le réchauffement soudain de l’atmosphère. Nous sommes aujourd’hui encore en interaction avec les débris de cette comète que l’on appelle « l’essaim des Météores des Taurides », car la Terre le traverse deux fois par an. Le niveau de la mer a augmenté de 120 mètres, ce qui signifie que 27 millions de kilomètres carrés de terres, soit l’Europe et la Chine réunies, ont été submergés. C’est pour cela que j’ai passé plus de sept ans à plonger sous les plateaux continentaux, à la recherche de ces structures submergées.


Vous soutenez qu’une civilisation très évoluée aurait alors été anéantie. Se peut-il que certains aient survécu ?


Nous devrions nous asseoir aux pieds des anciens, et apprendre d’eux afin de retrouver la voie.

Tout à fait. Et nous pouvons trouver leurs traces en de multiples endroits, notamment dans les textes gravés sur le temple d’Edfou, en Égypte. L’inscription parle d’un temps appelé Zep Tepi, « le premier temps ». Elle évoque une île géante, « la patrie des premiers peuples », et le fait qu’un cataclysme avec des objets venant du ciel en forme de serpents les a frappés, détruisant tout dans une gigantesque inondation. Des copies plus anciennes de ces textes étaient conservées dans un temple autrefois situé au même emplacement. Quand il a été reconstruit, les prêtres ont décidé de préserver les informations inscrites sur des peaux d’animaux en les gravant durablement sur les murs de l’enceinte. Ces textes nous informent que la majorité des habitants de la « patrie des premiers peuples » sont morts dans l’inondation, mais que les survivants, décidant de parcourir le monde, se sont alors installés au sein de communautés de chasseurs-cueilleurs pour tenter de transmettre l’essence de leur savoir. On retrouve d’ailleurs dans de nombreux endroits du monde des allusions à ces « dieux civilisateurs », comme au sein des Tukanos de la forêt amazonienne. Il est raconté qu’un groupe d’êtres surnaturels arrivés dans un bateau en forme de serpent a emprunté les canaux de l’Amazone et s’est installé sur ces terres, apportant la civilisation.


Avons-nous des indices sur les caractéristiques de ce peuple avancé ? De quel ordre était leur savoir ?


Selon moi, il s’agissait d’un peuple hautement spirituel, qui s’intéressait aux états modifiés de conscience et croyait que nous pouvions apprendre de nos rêves et visions. Ils ont mis en application cette méthode d’apprentissage pour créer une civilisation différente de la nôtre, qui ne considérait pas les machines ou les biens matériels, mais plutôt le mystère et la magie de l’existence, et s’interrogeait sur la façon de bénéficier de notre incarnation. Si cette civilisation s’enracine dans le chamanisme, elle n’a toutefois pas stagné à l’état de chasseurs-cueilleurs. Elle cultivait les pouvoirs de l’esprit. On retrouve ces notions partout dans le monde, notamment chez les Indiens d’Amérique, ce qui suggère une origine lointaine commune. Cette idée qu’après la mort, notre âme entame un grand voyage... avec des références aux mêmes constellations dans le ciel. J’appelle cela notre « ADN culturel ». Cet héritage commun est une autre preuve de l’existence d’une civilisation oubliée. D’un point de vue technique, ce peuple était aussi capable de prouesses architecturales, comme en témoignent de nombreuses structures mégalithiques, et, maîtrisait les mathématiques, l’astronomie, l’agriculture. Ainsi, qu’il s’agisse des pyramides d’Égypte, des cités mayas, des sculptures olmèques au Mexique, des vestiges incas au Pérou, des dessins géants de Nazca dans les Andes, des vestiges sous-marins en Inde ou au Japon, la qualité d’exécution est extraordinaire et laisse perplexe l’archéologie conventionnelle.


Le fait qu’il y ait des survivants pourrait-il élucider le mystère des constructions des pyramides d’Égypte ? Seraient-elles le fruit d’un transfert de connaissances ?


Les Égyptiens antiques percevaient leur civilisation comme un héritage des dieux... L’astronomie permet de déterminer que ce premier temps, qu’ils appellent Zep Tepi, coïncide exactement avec la période du Dryas récent. Je pense que le plan de base du site de Gizeh a été établi à cette époque, il y a plus ou moins 12 800 ans. Le grand sphinx de Gizeh peut en attester : s’il a aujourd’hui une tête humaine coiffée du némès, emblématique des pharaons, il avait dans sa forme originelle la tête d’un lion. En effet, le corps du sphinx et la plateforme portent les traces incontestables d’une exposition à une très longue période de pluies intenses. Or, il faut remonter au Dryas récent pour retrouver ce type de climat dans le Sahara. Cela prouve qu’il est bien plus ancien que ce qu’annoncent les égyptologues. La tête ayant été fortement endommagée par l’érosion, les Égyptiens l’ont rénovée au cours de la quatrième dynastie. Ensuite, les soi-disant temples funéraires du plateau de Gizeh sont constitués de gigantesques mégalithes pesant parfois 200 tonnes. Ils font aussi partie, selon moi, du site préhistorique, de même que la chambre souterraine découpée dans la fondation à 30 ou 40 mètres à la verticale sous la grande pyramide. Par ailleurs, en nous référant à un phénomène astronomique appelé précession des équinoxes et en observant les monuments de Gizeh, on se rend compte que le diagramme constitué du sphinx et des pyramides est le miroir de constellations, non pas telles qu’elles étaient en -2 500, mais en -10 500 [en pleine ère astrologique... du lion, NDLR].

Les Égyptiens connaissaient-ils cette date et ont-ils voulu la marquer dans la pierre, ou ce site date-t-il de cette époque ? Je n’entends pas priver totalement les Égyptiens de la paternité du site. Ils ont eu un rôle fondamental à jouer dans sa construction, terminant un projet démarré par leurs ancêtres à partir de connaissances transmises et préservées avec soin durant des millénaires.

(...)

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