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© MAXINE DECKER
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PUBLIÉ LE 10/07/2018

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Inexploré n°39

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Une guérisseuse à l’écoute des chevaux

Animal sauvage pourtant domestiqué, le cheval doit faire face à de nombreux traumatismes au cours de sa vie. Sophie Delhome utilise ses dons de guérisseuse ainsi que des outils comme l’hypnose ou l’acupression, afin d’accompagner le soin et de relier l’homme et l’animal.

Le cheval accompagne la vie de l’homme dans de nombreuses civilisations et cultures différentes, depuis des millénaires. En Occident, cependant, il occupe une place un peu particulière puisqu’il n’est pas au cœur de la survie humaine, tout en étant domestiqué. Fragile et sauvage, il doit souvent affronter de nombreux maux qui peuvent aller de la simple maladie au traumatisme profond. La médecine vétérinaire ne sait pas toujours comment faire face à ces traumas, qu’il s’agisse de symptômes de type comportemental, très nombreux chez le cheval, ou encore de chronicités handicapantes. Or, une fois devenu « inutile », cet animal coûte souvent cher à l’homme. Pourtant, choisir un animal de « compagnie » n’est pas anodin et raconte aussi quelque chose de l’humain qui vit avec lui. L’attrait de l’homme pour le cheval a peut-être aussi une part d’inexpliqué, qui est au cœur de l’être-cheval. C’est cette relation que Sophie Delhome restaure, en soignant l'animal.


Le parcours d'une guérisseuse



Depuis toute petite, Sophie sait qu’elle a quelque chose dans les mains. Les animaux viennent à elle, ses caresses apaisent. Pourtant, ses études la mènent vers le droit des affaires internationales. Même si le cheval est une passion, elle fera du dressage de manière intensive, mais sans en faire son métier. Il faudra un accident pour que tout bascule. Immobilisée pendant trois mois avec de fortes souffrances dues à un problème neurologique, elle va se tourner vers des pratiques alternatives, là où la médecine traditionnelle ne peut rien pour elle. Hypnose, EMDR, elle cherchera les clés elle-même pour se sortir du traumatisme de l’accident et de la mémoire que son corps en garde. Elle rencontre également le chemin spirituel de Paramahamsa Sri Swami Vishwananda, swami hindou et apprend auprès de lui les « chants qui soignent », les mantras, les Om chanting. Auprès de vétérinaires qui les pratiquent, elle se forme à la médecine chinoise et la naturopathie appliquées aux chevaux, avec le Dr Eric Ancelet notamment.

J’ai commencé à m’autoriser à sortir du mental pour laisser place à quelque chose que je ne comprends pas forcément, mais qui est très efficace.



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Elle se passionne ensuite pour l’éthologie, étudie l’acupression, l’hypnose, les mouvements oculaires, ainsi que l’induction hormonale par la posture. Avec toute cette « boîte à outils », comme elle l’appelle, elle commence à accompagner les chevaux qui ont besoin de soins. Elle prend confiance en elle et raconte : «J’avais fait un travail sur mon traumatisme en expérimentant mes différents outils et ce n’était pas ce qui m’avait “sortie de là”. C’était juste la moitié du travail, l’hypnose, l’EMDR… Ce qui a fait le reste du travail, c’est la spiritualité. J’ai pris conscience, au travers de la méditation et de la prière, que l’énergie que je captais pouvait me guérir. J’ai également rencontré d’autres personnes aux mains qui “soignent”. Du coup, j’ai voulu intégrer dans ma pratique cette dimension spirituelle et mes dons. J’ai commencé à m’autoriser à sortir du mental pour laisser place à quelque chose que je ne comprends pas forcément, mais qui est très efficace. »




La domestication du cheval au cœur du questionnement



Le stress et le trauma du cheval commencent dès les contraintes que l’homme lui impose pour vivre à ses côtés. Seul animal sauvage à vivre une telle domestication, parqué dans un box alors qu’il est un animal de plaine et de nomadisme, désocialisé au lieu d’évoluer en troupeau – là où il se construit son identité – obligé de manger une nourriture absolument inadaptée (granulés industriels de céréales, très peu de foin, aucune plante de steppes) dont la mastication est exempte, enfin contraint, le plus souvent, à la performance physique, l’animal n’est pas respecté dans ses besoins fondamentaux physiologiques. Même sa reproduction est contrôlée, dénaturée.

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Ensuite, viennent rapidement la maltraitance « quotidienne » des chevaux de spectacle, de course, d’obstacles, les fers, le mors dans la bouche, les cravaches, etc. « En Occident, et historiquement en France, le milieu de l’équitation est issu de la culture du cheval de guerre. C’est une culture qui ne tient pas compte de la connaissance profonde de l’espèce. Aux USA, les Amérindiens ou les cow-boys connaissent les chevaux, parce que leur vie en dépend. Ils ne peuvent pas se permettre que le cheval meure à l’âge de sept ans. Dans l’équitation militaire, le cheval devait remplir son rôle jusqu’à la fin et c’est seulement quand il mourait que c’était fini, il faisait partie des “ressources” », explique notre experte.

Cette méconnaissance est à l’origine de bien des dégâts puisque l’on se substitue à tous les instincts des chevaux, sans y pallier de manière satisfaisante pour eux. Le cheval tombe malade, il développe des pathologies de base, comme celles touchant le système ostéo-articulaire, parce qu’on l’« utilise » trop. Souvent, tout l’animal est impacté et sa souffrance relève du traumatisme psychologique et émotionnel. Comme les humains, il peut déclencher des ulcères, des maladies de stress, sans compter que c’est un animal silencieux qui n’exprime pas sa douleur. « Un cheval peut tuer un humain en une fraction de seconde et il ne le fait pas. Donc ça pose des questions quand même très profondes : dans quelle mesure est-on dans une démarche d’accompagnement, de sacrifice ? », dit Sophie. Ce qui nous ramène au cœur du soin : le niveau de conscience dans la relation à l’autre. (...)

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