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PUBLIÉ LE 21/01/2019
  • Aurélie Aimé
    Auteur

A RETROUVER DANS

Inexploré n°41

Rituels : quand l'âme agit...
Magazine » Enquêtes

L’incroyable technologie venue du ciel

Les rencontres du troisième type sont-elles l’apanage des réalisateurs de films de science-fiction ? Décembre 2017, au sommet de l’État américain, un mystérieux programme de recherche apporterait enfin la preuve de l’existence des ovnis. Plus incroyable encore, on saurait déjà reproduire la technologie à l’œuvre. Enquête sur des révélations qui pourraient changer l’avenir de l’humanité.

Depuis la nuit des temps, les hommes ont dit apercevoir des objets célestes non identifiés. De nombreuses traditions y font d’ailleurs allusion : des textes chrétiens aux Mayas, aux mythologies indiennes ou africaines... Au XXe siècle, plusieurs sagas médiatiques ont nourri l’espoir de percer ce mystère, avant d’être systématiquement discréditées.

Entre 1940 et 1970, l’US Air Force a entamé une série d’études visant à analyser plus de 12 000 récits, dont beaucoup venaient de témoins crédibles (astronomes, pilotes de chasse, policiers, officiers militaires, etc.) et dont la commission au nom de code Blue Book a fait partie. La plupart des témoignages se sont avérés être explicables par la présence d’étoiles, de nuages, d’avions classiques ou espions. Mais 701 d’entre eux n’ont pu être expliqués. L’astronome, professeur et ufologue américain Allen Hynek est embauché pour « débunker » les observations. Le chercheur indépendant et spécialiste français reconnu du sujet ovni Nicolas Augusto explique qu’Hynek « va finalement retourner sa veste. Il se rend compte que certains témoignages posent de vrais problèmes scientifiques et vont au-delà du simple canular ou du ballon-sonde ».
L’affaire Roswell est un autre cas très médiatisé. En 1947, un ovni se serait écrasé dans le désert du Nouveau-Mexique (USA). Pour les principales associations d’ufologues, cet événement est la preuve la plus probante de la visite d’une civilisation extraterrestre avancée. Mais le gouvernement américain expliquera l’incident par le crash d’un ballon-sonde ultra secret destiné à espionner les expériences nucléaires militaires soviétiques. Le gouvernement américain a donc toujours nié toute implication dans ces dossiers, jusqu’à fin 2017 où une affaire d’ovnis sans précédent éclate aux États-Unis. Ainsi, conquête de l’espace, politique, secrets d’État, économie, et même écologie convergent, portés par les propos de grands scientifiques, d’hommes politiques et de célébrités. Si le sujet est très médiatisé outre-Atlantique, Inexploré est le seul média français à vous proposer un suivi sur les événements majeurs qui se jouent depuis un an…

Révélation de programmes secrets

L’entreprise Bigelow Aerospace aurait stocké dans ses entrepôts de Las Vegas des échantillons d’ovnis accidentés

Le 16 décembre 2017,le New York Times publie une enquête fracassante qui dévoile l’existence d’un « mystérieux programme ovni au Pentagone ». On y apprend que sur 600 milliards de dollars dédiés au département de la Défense, 22 millions sont consacrés à l’AATIP, anagramme bien mystérieuse de Advanced Aerospace Threat Identification Program (programme avancé d’identification des menaces aériennes). Ce programme secret fut créé sous l’impulsion des sénateurs démocrates Harry Reid et Daniel Inouye, et du sénateur républicain Ted Stevens. Il sera financé par des fonds publics, et par les fonds personnels d’un milliardaire américain, passionné de phénomènes ovnis et ami d’Harry Reid : Robert Bigelow. Ce dernier avait par le passé fondé le NIDS (National Institute for Discovery Science, voir Inexploré n°40), dont l’astronaute Edgar Mitchell faisait partie. Bigelow Aerospace figure parmi les leaders en matière de conquête de l’espace. Avec la NASA, la société a déjà développé des modules gonflables pouvant servir d’habitats dans l’espace. Il n’est pas rare que le gouvernement américain délègue à des organismes privés certaines recherches sensibles.
À partir de 2007, quarante personnes installées au cinquième étage du Pentagone, avaient donc secrètement étudié les témoignages d’apparitions d’ovnis des dernières décennies, sous la direction d’un certain Luis Elizondo. Celui-ci démissionnera en 2017, invoquant le manque de moyens, l’opacité du système et les méandres de la bureaucratie, estimant aussi que des informations sensibles devaient être révélées en urgence au grand public. Si, officiellement, l’AATIP s’est arrêté en 2012, Elizondo a toutefois affirmé que le programme est toujours en cours, sous un autre nom.

Apparition de sociétés privées

Elizondo ainsi que d’ex-membres de l’AATIP – Jim Semivan (un ancien de la CIA), Hal Puthoff (docteur en physique et fondateur de départements de recherche de la CIA dans les années 1950), Steve Justice (ancien de Lockheed Martin, première entreprise américaine de défense et de sécurité) et Christopher Mellon (ancien du département de la Défense) ont ensuite rejoint un organisme privé : To the Stars Academy of Arts and Science.
To the Stars œuvre pour étudier et faire connaître ces phénomènes aérospatiaux. L’association a été créée en 2015 par Tom Delonge, fondateur du groupe pop-rock Blink-182, « un homme en lien étroit avec différentes agences d’artistes et des hommes politiques parmi les plus influents de la planète, qui dit vouloir investir sa propre fortune pour voir si le phénomène est réel. Cela est venu aux oreilles des personnes de l’AATIP et s’est organisé secrètement pendant plusieurs années », d’après Nicolas Augusto.
Un autre événement majeur interviendra dès novembre 2017. Grâce au processus du Freedom of Information Act (Loi d’accès à l’information), To the Stars dévoile trois vidéos déclassées par le département de la Défense, tournées par des militaires. On y voit des engins volants au comportement surprenant. Suite à cela, les langues se délient et de nombreux officiels prennent la parole pour témoigner de la réalité du phénomène : l’ex-sénateur Harry Reid, des pilotes haut placés de l’Air Force, des membres du département de la Défense…
Cependant, quelques détails de l’affaire posent question. Par exemple, la journaliste à l’origine de l’article du Times est une ancienne conseillère de la Maison-Blanche. D’autre part, Elizondo a dit lui-même avoir gardé, malgré sa démission, un accès au Pentagone. Pour Nicolas Augusto, « cela signifie qu’il y a une certaine synergie entre To the Stars et le gouvernement ». Les connivences entre le gouvernement américain et des sociétés privées existent donc lorsque leurs intérêts convergent. Mais pour quel motif faire ces révélations aujourd’hui ?

Les vidéos déclassifiées du Pentagone
Trois vidéos militaires ont été déclassifiées par le Pentagone, à quelques mois d’intervalle :

GIMBAL : c’est la première et certainement la plus spectaculaire. Elle a été filmée à bord d’un US Navy FA-18 Super Hornet. On y voit une forme ovale entourée d’un « champ » lumineux effectuer des rotations et se déplacer à grande vitesse, à contrevent.

NIMITZ : la deuxième a été filmée par les occupants du navire de guerre USS Nimitz en 2004, au large des côtes de San Diego. On y voit un objet oblong d’apparence immobile, de 12 mètres de long environ, qui effectue une accélération à très vive allure vers la gauche.

GO FAST : la troisième vidéo déclassifiée a été filmée depuis un US Navy FA-18 Super Hornet, avec une technologie à infrarouges. On y voit une forme ovale, sans ailes, voler à toute vitesse au-dessus de la mer.



Une nouvelle technologie

L’entreprise Bigelow Aerospace aurait stocké dans ses entrepôts de Las Vegas des échantillons d’ovnis accidentés

Que ce soit dans le cadre de l’AATIP, ou de To the Stars, les recherches ont très largement dépassé de simples vidéos. Elles pourraient totalement remettre en question l’avenir de l’homme dans l’espace et elles interrogent le cadre éthique qui l’encadrerait. D’après une interview de Luis Elizondo (Sunday Times), l’entreprise Bigelow Aerospace aurait stocké dans ses entrepôts de Las Vegas des échantillons d’ovnis accidentés. Ceux-ci seraient composés de métamatériaux, aux propriétés que l’on ne trouve pas dans la nature. Plus incroyable encore : d’après Nicolas Augusto, nous serions déjà en mesure de reproduire ces technologies, ce qui indiquerait que les recherches ont commencé il y a au moins soixante-dix ans. Les trois vidéos déclassifiées nous permettent d’entrevoir les technologies à l’œuvre. Les « vaisseaux » se déplacent à très grande vitesse, n’ont pas de système de propulsion, et un étrange « champ » les entourent. Elizondo a déclaré : « Nous pensons que ce qui a été observé – une accélération soudaine et extrême de l’ordre de l’hypersonique, leur faible détectabilité, leur capacité à se déplacer en un éclair de gauche à droite, et enfin, leur système antigravitationnel – est la manifestation d’une seule et même technologie. Ce ne sont donc pas cinq technologies que nous tentons de comprendre, mais une seule. Et nous pensons l’avoir comprise. » Lors d’une conférence en juin 2018, le Dr Hal Puthoff a apporté des précisions, concernant notamment l’un des échantillons récoltés « lors du crash d’un véhicule à la technologie avancée ». Les métamatériaux qui constituaient sa carlingue seraient faits « de plusieurs couches de bismuth et de magnésium, les couches de bismuth étant plus fines qu’un cheveu humain, le magnésium faisant environ 10 fois cette taille ». Le docteur interroge : « Est-ce que les nombreuses anomalies observées peuvent trouver une réponse dans le cadre de nos connaissances de la physique ? Nous avons en effet entendu des témoignages expliquant que les vaisseaux effectuaient des virages à angle droit à des vitesses élevées, d’autres planaient puis accéléraient soudainement, comme si l’engin n’avait pas de masse inertielle » [ La masse d’inertie est l’effort fourni pour donner à un corps une accélération précise NDLR.] Vous avez dit science-fiction ? C’est pourtant un physicien, ingénieur et parapsychologue américain reconnu – que nous avions déjà rencontré pour Enquêtes Extraordinaires –, qui en témoigne. Ce métamatériau testé avec divers processus (ultrasons, ultraviolets, radars à haute fréquence, tests thermonucléaires…) enverrait une onde permettant de « changer les propriétés de l’espace-temps telles que la relativité générale les décrit et nous pourrions ainsi voyager plus vite que la lumière »… Hal Puthoff et d’autres en sont donc arrivés à la conclusion que les appareils créent leur propre « bulle d’espace-temps », grâce à une légère distorsion spatio-temporelle. Ce qui leur permet de telles prouesses. Si nous parvenions à la reproduire, cette technologie nous permettrait de rejoindre en quelques secondes seulement des planètes éloignées de plusieurs milliers de kilomètres.

Des ovnis à la conquête spatiale

Pourrait-on imaginer, grâce à ces matériaux, que des sociétés privées développent des appareils aux propriétés révolutionnaires ? Très récemment, To the Stars a levé deux ou trois millions de dollars via une campagne de financement. De son côté, Robert Bigelow aurait, c’est officieux, engagé 450 millions de dollars pour tenter de dupliquer un vaisseau. « Cette technologie, d’après ce que je sais, aurait été reproduite plusieurs fois dans des laboratoires gérés par Hal Puthoff. L’objectif de To the Stars, avec un calendrier qui s’étend sur 24 mois, est de faire une démonstration publique de ce vaisseau », annonce Nicolas Augusto.
Les perspectives d’utilisation des métamatériaux pour nous déplacer au-delà de l’atmosphère terrestre posent question. À qui appartiennent l’espace et les ressources qui s’y trouvent ? L’ONU encadre ce sujet et garantit une utilisation de l’espace à des fins pacifiques, la non-appropriation par les États de corps célestes et l’absence de juridiction territoriale sur ces espaces.
Pourtant, en juin 2018, Donald Trump a annoncé vouloir créer la sixième branche des forces armées : l’armée de l’espace, qui serait totalement indépendante de l’armée de l’air… « Trump est un excellent businessman, il se dit que s’il arrive à déclasser le sujet ovni et montrer au peuple américain que cela fait 70 ans que les 25 gouvernements précédents leur mentent et qu’il est l’homme de la situation, il le fera », commente notre spécialiste.
Face à la crise écologique, les ressources extra-atmosphériques seront-elles alors vues comme un nouvel Eldorado ? Le Sénat américain a approuvé unilatéralement, en 2005, un projet de loi susceptible de violer le traité international de l’espace de 1967, autorisant les entreprises privées à forer des corps célestes pour en extraire les matières premières, et les commercialiser.
Une question semble toutefois absente du débat : qui sont les êtres à l’origine de telles technologies ? Si le terme d’extraterrestre est très peu emprunté par les divers acteurs de cette saga, Nicolas Augusto nous donne quelques pistes : « Tout indique que, début juillet 1947, un objet qui provenait d’ailleurs s’est vraiment écrasé au Nouveau-Mexique. Si nous avons récupéré cette technologie, il aura fallu beaucoup de moyens pour la comprendre. Cela nous indique que l’écart entre leur technologie et les nôtres ne serait que d’une petite centaine d’années, ou que ces “visiteurs” auraient aidé. » Robert Bigelow s’est montré le moins pudique sur ce sujet, en annonçant lors d’une interview télévisée qu’« il y a eu et il y a encore aujourd’hui sur terre une présence extraterrestre ». Mais aucune preuve de contact n’a été apportée à ce jour. Bientôt, d’autres vidéos de la NASA devraient être déclassifiées par le biais de To the Stars. L’association prévoit également de faire des annonces d’importance dans le premier semestre 2019. Affaire à suivre.

Les chercheurs indépendants font avancer le débat

Nicolas Augusto est un auteur, producteur et conférencier, spécialiste du sujet ovnis. Lui-même témoin il y a 20 ans d’un tel phénomène, il décide d’entamer à son compte des recherches sur tout ce qui touche à l’inexpliqué. En 2007, il lance un programme télévisé baptisé R.I.P (Recherches Investigations Paranormal, sur Planet +), afin de rendre publiques ses enquêtes. Il a également officié aux États-Unis en tant que consultant spécialiste du paranormal. Il a suivi de très près l’affaire AATIP, pour laquelle il s’est pris de passion.


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