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PUBLIÉ LE 11/12/2018

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Inexploré Hors-Série n°7

Histoires et lieux extraordinaires de France
Magazine » Enquêtes

Jeanne d'Arc
L'extralucide

Si l’on vous dit « Jeanne d’Arc », vous répondez « voix, Anglais, bûcher ». Morte il y a 600 ans à l’âge de 19 ans, la jeune femme fit preuve d’étonnantes facultés. Quand la clairaudience changea le destin de la France…

Rouen, mars 1431, Jeanne d’Arc est jugée en hérésie. Ses inquisiteurs l’interrogent : a-t-elle fréquenté « l’arbre aux fées », à l’orée de son village natal ? Jeanne connaît cet orme.
Deux ans plus tôt, elle n’était qu’une enfant de Domrémy, en Lorraine. Fille de paysans aisés, elle est née le 6 janvier 1412, jour de l’Épiphanie. « Si l’on en croit la légende, ce jour-là, une lumière étrange baignait le ciel et le coq chanta pendant une heure » , rapporte l’historien Alain-Gilles Minella. Depuis l’enfance, Jeanne aime prier devant la statue de la Vierge, assister aux offices et se confesser le plus souvent possible. « Quand nous, les filles, on chantait et on dansait, elle, elle allait à l’église » , se souvient une amie d’enfance. Elle aime s’occuper des malades et faire l’aumône. « Dans le village, on murmurait qu’il valait mieux qu’elle n’ait pas d’argent, sinon elle donnerait tout au curé ! » , poursuit AlainGilles Minella.
Son destin est a priori tracé : épouser un fils de paysan, tenir une maison, élever ses enfants. Mais elle a un secret : « Quand j’eus l’âge de 13 ans, j’ai eu une voix de Dieu pour m’aider à me gouverner, raconte-t-elle. Et la première fois j’eus grand-peur. Et vint cette voix environ à l’heure de midi, au temps de l’été, dans le jardin de mon père. J’ai entendu la voix du côté droit, vers l’église, et rarement je l’entends sans lumière. »

Des messages insistants

Au Moyen Âge, Dieu n’est pas une hypothèse. La société féodale est profondément croyante. Si entendre des voix n’a rien de banal, ce n’est pas non plus considéré comme anormal. Selon Jeanne, le premier à lui avoir parlé fut l’archange saint Michel. Rapidement, il lui annonça que sainte Catherine et sainte Marguerite, deux vierges martyres du IVe siècle, interviendraient également, et qu’elle devrait agir « par leurs conseils » .
Consciente que sa clairaudience peut lui attirer l’incrédulité, Jeanne ne dit d’abord mot de ces voix. D’autant que deux ou trois fois par semaine, celles-ci lui répètent qu’elle doit lever « le siège mis devant la cité d’Orléans » , faire sacrer le roi, être « bonne chrétienne » et « leur faire confiance » , car tout ce qu’elles lui disent est « ordre de Dieu » . Jeanne répond qu’elle n’est qu’une « pauvre fille » qui ne sait pas « chevaucher ni conduire la guerre » , mais le message est insistant !

Elle expliquera à son procès que ses voix l’avaient prévenue de sa capture.

Depuis toute petite, Jeanne entend parler d’une prophétie séculaire, annonçant que la France serait « restaurée par une vierge de Lorraine » . S’est-elle identifiée à la jeune fille ? Avant elle, des prophétesses comme Hildegarde de Bingen ou Brigitte de Suède ont joué un rôle politique. Depuis Philippe le Bel, il est même de tradition que le roi de France reçoive toute personne disant avoir des révélations divines à lui transmettre – sans être obligé d’en tenir compte. (...)

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