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PUBLIÉ LE 31/07/2017

LE LIVRE À LIRE

Isis La Joconde Révélée

Thiery Gallier
Editions Maxiness
Magazine » Enquêtes

La Joconde,
un portrait d'Isis ?

Ils sont 20 000 par jour à venir l’admirer. Qu’a donc la Joconde de si attractif ? Son regard, son sourire, sa douceur maternelle…
Et s’il y avait autre chose ?

Début du XVIe siècle : Léonard de Vinci peint la Joconde. Dix mille heures de travail… Le portrait n’est pas grand, mais il captive. Pour quelle raison ? Directeur artistique dans la presse, Thierry Gallier s’est penché sur la question.

Professionnel de l’image, il y découvre des incohérences, remarquant que les paysages de part et d’autre de Mona Lisa ne se « raccordent » pas. Puis que les parties droite et gauche de son visage dégagent des expressions différentes : un côté rond, juvénile, souriant, l’autre plus anguleux, plus mûr, plus grave. Bizarre, quand on sait à quel point l’Italien était capable de perfection ! Ces « erreurs » ont forcément un sens…

En tournant le portrait d’un quart de tour vers la gauche, il perçoit dans un rocher la silhouette de la Joconde, de profil, assise sur un trône. « On dirait Isis », se dit-il. Isis… Une grande déesse, archétype égyptien de la compagne et de la mère. Elle s’attira les foudres du dieu Seth en s’unissant à son frère Osiris. Le jaloux se débarrassa de son rival en l’attirant dans un coffre, qu’il scella et jeta dans le Nil. Celui-ci dériva jusqu’à Byblos, où Isis le récupéra et le cacha. Seth s’en aperçut et découpa le corps d’Osiris en morceaux qu’Isis retrouva, à l’exception du phallus. Elle en façonna un en argile, puis insuffla un souffle de vie à Osiris, le temps d’un accouplement, dont naquit un fils, Horus, qui, devenu grand, affrontera Seth à son tour…

Et si les deux aspects du visage de Mona Lisa représentaient les traits de la déesse, avant et après la perte de son aimé ? Et si, à la façon des peintres anthropomorphes, l’artiste avait aussi dissimulé dans son tableau des traces de cette histoire ? Inventeur du char, du parachute et du principe de l’hélicoptère, de Vinci ne cessa de mettre son esprit surdoué au défi. Intégrer « aussi clairement que discrètement » des éléments du mythe d’Isis dans sa toile fut peut-être « un casse-tête ludique qu’il s’est fabriqué pour lui-même », estime Thierry Gallier. D’autant qu’Isis, c’est la mère suprême, génératrice de vie… « Dans ses écrits, Léonard de Vinci encouragea à observer les formes anthropomorphiques dues au hasard, que la nature s’ingénie à montrer, indique-t-il. Il comprit que c’est ce miracle qu’il devait reproduire s’il voulait que sa peinture soit réellement divine. » Thierry Gallier se mit en quête et trouva des signes. La croix Ânkh, attribut des dieux égyptiens, au milieu du visage de la Joconde, dessinée par son nez et ses sourcils. Un faucon, symbole d’Horus, sur son épaule droite, quand on tourne l’image d’un quart de tour vers la gauche. Un phallus, dans le sentier… entre autres symboles, disposés tout autour du portrait.

Opinion ? Vue de l’esprit ? Aussi invérifiable historiquement qu’elle soit, l’hypothèse nous amène à suivre le conseil de de Vinci : face au spectacle qu’il nous est donné de contempler, prendre le temps de laisser le regard s’absorber, l’imaginaire émerger, des formes surgir… Et capter ainsi, peut-être, les dessous du réel et leur insondable poésie.


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